Deux petites leçons néerlandaises pour le MR et le PS

Deux petites leçons néérlandaise pour le MR et le PS
Deux petites leçons néérlandaise pour le MR et le PS - © Tous droits réservés

On tire les leçons du scrutin néerlandais, pour l’Europe et pour la politique belge...

Commençons par une première leçon du duel Mark Rutte-Geert Wilders, le duel libéralisme-populisme, remporté par Rutte. Ce qu’il faut noter ici, c’est que la campagne a joué contre Wilders. Alors qu’il y a quelques mois les sondages le donnaient assez largement première formation, il se voyait premier ministre. Alors il ne gagne pas, il ne gouvernera pas, mais il a imposé ses thèmes dans la campagne et obligé Mark Rutte à durcir son discours sur l’identité néerlandaise et promettre une Europe dans le seul intérêt des Pays-Bas. Tous les leaders européens se félicitent de la victoire de Rutte... Jean-Claude Juncker, par je cite "un vote pour l’Europe. C’est allez en peu vite en besogne. Ce qui a payé pour Mark Rutte, c’est une posture de rempart contre le chaos, un homme d’expérience contre, je cite Mark Rutte, : “Le mauvais populisme”. Car donc, soit dit en passant, il existe un bon populisme. Mais bref, en tous cas c’est plutôt une leçon pour les libéraux et les conservateurs.  Pour le MR et Charles Michel il n’y a pas de fatalité...

L’autre leçon c’est pour la gauche. C’est le parti travailliste qui est sanctionné…

Le vrai mouvement important il est là... Imaginez les socio-démocrates passer de 38 à 9 sièges. Vous imaginez ! 29 sièges en moins pour une formation qui était encore la deuxième force du pays. Elle est quasiment rayée de la carte politique. L'enseignement est limpide : voilà un parti de centre gauche qui a participé et soutenu une politique de centre droit, de coupe assez sévère dans les soins de santé notamment. L’électeur de gauche ne comprend pas et il reporte massivement son vote sur les verts et sur D66, les libéraux de gauche et des petits partis comme le partis des animaux... Et oui ça existe. Le seul vrai perdant de ce scrutin c’est donc la gauche de gouvernement. Et ça c’est un avertissement sans frais pour le PS en France, pour le SPD en Allemagne, et revenons à nos moutons au PS en Belgique...

Les socialistes belges doivent craindre le scrutin néerlandais…

Souvenez vous, en pleine affaire Publifin, Paul Magnette avait pris la parole en bureau pour dire plus ou moins ceci : “soit vous acceptez de revoir vos rémunérations, soit vous n’en aurez plus car vous ne serez plus réélu”… Oui la peur de la grosse claque existe au PS, et oui ce qui ce passe aux Pays-Bas va alimenter cette peur. Or cette peur, elle renforce ceux qui jugent au PS qu’il faut éviter à tout prix une coalition avec le MR et privilégier les alliances à gauche, avec le CDH, ECOLO et même le PTB si il le faut. Et d’ailleurs la première réaction hier des socialistes belges c’était, je vous le donne en mille, Paul Magnette qui disait ceci sur Twitter : l’élection néerlandaise démontre une fois de plus que les socialistes tentés par la voie libérale se condamnent eux-mêmes à la défaite. La cote des coalitions PS-MR est en train de fondre comme neige au soleil du printemps. Si les libéraux appliquent la leçon de Rutte et que le PS apprend des erreurs de son parti frère, PS-MR auront de plus en plus de difficultés à convoler à nouveau un jour ensemble. 

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