"De plus belle", premier rôle dramatique pour Florence Foresti

Florence Foresti dans "De plus belle"
2 images
Florence Foresti dans "De plus belle" - © Copyright StudioCanal

De plus belle

Lucie (Florence Foresti) vient de guérir d’un cancer du sein, elle a encore les séquelles de la chimiothérapie qu’elle a subie, elle se sent moche et fatiguée. Clovis (Mathieu Kassovitz), un célibataire séducteur, s’intéresse à elle… Lucie est tentée mais elle n’a pas confiance en elle. Un jour elle pousse la porte d’un cours de danse, tenu par Dalila (Nicole Garcia), femme volontaire et originale qui veut monter avec ses élèves un spectacle de strip-tease "new burlesque", pour leur apprendre à avoir confiance en elles…

La réalisatrice Anne-Gaëlle Daval empoigne un thème grave avec un regard intéressant, sans pathos, avec un humour aigre-doux bienvenu. Ses personnages sont bien dessinés et bien défendus : Florence Foresti évite soigneusement d’en faire des tonnes et Mathieu Kassovitz apporte un charme décontracté très opportun. Un des aspects les plus réussis du film, c’est la relation difficile entre Lucie et sa mère (excellente Josée Drevon), qui ne comprend rien à ses angoisses… Les fans de Florence Foresti seront conquis, ceux qui ne l’étaient pas (dont votre serviteur) reconnaîtront volontiers que "De plus belle" est une heureuse surprise.

Les fleurs bleues

Le grand cinéaste polonais Andrzej Wajda nous a quitté à l’automne dernier. Aujourd’hui nous arrive "Les fleurs bleues", son dernier film. C’est le portrait de Wladimir Strzeminski, figure essentielle de l’avant-garde polonaise. Le film montre comment cet artiste-peintre respecté de tous, professeur charismatique, a vu sa carrière brisée par la montée en puissance du régime communiste qui s’installe au pouvoir en Pologne en 1948.

Le message du film est clair : à travers ce personnage authentique, Wajda veut défendre la liberté de l’artiste contre les diktats de l’"art officiel". Le cinéaste affirme son message à travers un film de facture classique, certes, mais d’une très grande dignité, et qui a le mérite de reconstituer une page d’histoire cruciale dans l’histoire du XXème Siècle. "Les fleurs bleues" est un beau testament pour le cinéaste engagé que fut Wajda.

Paris pieds nus

Depuis des années, d’abord sur scène et ensuite à l’écran, le Belge Dominique Abel et la Canadienne Fiona Gordon ont créé des spectacles d’humour visuel, à la fois poétiques et burlesques. Les intrigues de leurs films sont des prétextes à une succession de gags et de digressions plus ou moins inspirées…

Dans "Paris pieds nus", Fiona, habitant au Canada, reçoit avec beaucoup de retard une lettre de sa tante Martha (Emmanuelle Riva, lauréate du César grâce à "Amour" de Haneke, ici dans son dernier rôle), qui l’appelle au secours : on la pousse à déménager en maison de retraite, or elle ne veut pas quitter son appartement. Fiona débarque à Paris, mais trop tard : Martha a disparu… De son côté, Dom, qui vit sous les ponts de la Ville Lumière, tombe amoureux de Fiona. Chaque personnage en poursuit un autre : Dom cherche Fiona, Fiona cherche Martha… Abel et Gordon orchestrent alors un vagabondage dans Paris, émaillé de scènes tantôt drôles, tantôt insolites.

La critique française aime évoquer Buster Keaton et Jacques Tati pour décrire l’univers du duo. Ces références sont pertinentes, et pourtant elles ne peuvent résumer le style "Abel et Gordon", car plus que l’efficacité du gag à tout prix, Dom et Fiona préfère conserver une fragilité, un côté "bricolé" dans leur cinéma. Il est tout à fait permis de rester totalement insensible à cet univers et ce genre d’humour ; par contre, la cohérence de la démarche artistique d’Abel et Gordon force le respect.

Grave

A la fin de l’adolescence, Justine entre en première année d’étude dans une école vétérinaire. Très timide, elle rejoint sur le campus sa sœur aînée, beaucoup plus extravertie qu’elle. Justine vit très difficilement le "bizutage" imposé aux "bleus" : végétarienne, on l’oblige à manger de la viande crue, ce qui réveille en elle de curieux instincts, proches du cannibalisme.

"Grave" ressemble à un film qu’auraient cosigné Fabrice du Welz et les frères Dardenne : c’est un curieux mélange de genres entre du cinéma social et un film gore. Mais si la réalisatrice française Julia Ducournau est très à l’aise dans la première partie de son film pour décrire avec réalisme la difficile arrivée de Justine dans ce monde estudiantin un peu brut, elle trouve moins ses marques pour effectuer le glissement vers l’horreur, et la deuxième partie de "Grave" ne convainc guère. Néanmoins, la singularité du film impose Ducournau comme un talent à suivre…

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir