Un gouvernement de gauche

Jeudi 27 mai 2010

Ces élections ont l’avantage d’afficher clairement ce qui va suivre : un gouvernement de gauche constitué de chrétiens-démocrates, de socialistes et de verts. Une telle coalition de rouge, d’orange et de vert, Elio Di Rupo en rêve depuis des années.

(article paru dans Het Laatste Nieuws du 27 mai 2010)

Ses amis verts ne cachent pas leur préférence pour un tel gouvernement. Même les verts flamands se félicitent. Les portefeuilles de ministre font de l’œil.

Chez les chrétiens-démocrates, une telle coalition passe plus difficilement. C’est la raison pour laquelle l’aile salariée de l’ACW fait ostensiblement le forcing. Cela fait déjà dix ans que cette aile de gauche attend d’avoir enfin son mot à dire, comme sous Dehaene et Van den Brande. Des têtes de liste comme Leterme, Vervotte et Vanackere seront sans doute prêts à aider à pousser le parti dans cette direction. Marianne Thyssen et Kris Peters seront donc l’alibi pour attirer les électeurs de centre-droite.

Plus que jamais ce pays risque donc d’entrer dans un cercle vicieux d’où il pourra difficilement sortir.

En Flandre presque 80% des électeurs votent à droite ou centre-droite. En Wallonie c’est exactement le contraire : là-bas, 80% des électeurs votent à gauche ou centre-gauche. La conséquence ces dernières années était un gouvernement qui penchait systématiquement vers la gauche. Même Verhofstadt et son Open VLD n’échappaient pas à cette tendance, dans la mesure où l’Open VLD s’est éloigné d’une partie de ses électeurs qu’Alexander De Croo tente maintenant de récupérer.

Inutile de vous faire un dessin : si le CD&V entraîne la Flandre vers un gouvernement de gauche qui va à l’encontre de la préférence des électeurs flamands, le parti peut faire une croix sur les élections communales de 2012. Car ce qui nous attendra alors sera exactement le contraire de ce qu’il faudrait : des impôts plus élevés, l’érosion des intérêts notionnels pour les entreprises, l’augmentation des charges sociales, pas d’assainissement de la fonction publique, de nouvelles taxes sur les placements et des meilleurs revenus. Tandis que tous les pays qui nous entourent assainiront leur budget plus rapidement, la Belgique ne le fera pas. La Belgique, l’îlot des dépenses élevées, entourée de nations qui comprennent les unes après les autres que la prospérité, ça se mérite.

Luc Van der Kelen

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