Thyssen « à la manière des femmes »

Mardi 1 juin 2010

Bruxelles – Le mot est lancé : la présidente du CD&V Marianne Thyssen se déclare maintenant elle aussi « candidate Premier ministre ».

(Article paru dans De Standaard)

C’est sorti dans un grand soupir. « Oui, c’est là le programme d’une candidate Premier ministre« . Depuis hier, lors de la présentation des propositions budgétaires de son parti, la présidente du CD&V Marianne Thyssen s’est déclarée ouvertement candidate Premier ministre. Les électeurs doivent d’abord distribuer les cartes, « mais si la responsabilité nous est confiée, je l’assumerai certainement« , assurait Thyssen.  
Lors de sa présentation comme nouvelle chef de file du CD&V il y a quelques semaines, Thyssen ne voulait pas encore se déclarer officiellement, même si tout le monde partait déjà du principe qu’elle était candidate de fait.  Elle explique cette réticence par une réserve typiquement féminine : « Je l’ai toujours dit à la manière des femmes. Elles sont toujours plus prudentes dans leur manière d’exprimer leur ambition, même si elles en ont une« . Thyssen se met d’ailleurs plus clairement en avant dans la campagne électorale, où elle n’avait jusqu’à maintenant exigé aucun rôle important. La présidente du CD&V a présenté hier le plan d’austérité des chrétiens démocrates pour les années à venir, après l’Open VLD la semaine dernière.  
Thyssen veut accélérer les économies nécessaires pour maîtriser la dette plus rapidement. L’année prochaine, il faudra économiser 700 millions d’euros de plus que prévu. « Assainir plus vite, c’est assainir raisonnablement« . « Une opération plus rapide offre clarté et assurance à la population, avec une conséquence positive pour la confiance des ménages et l’attitude face à l’épargne« .  Cela voudrait dire une dette sous contrôle en 2011, que la Belgique réduise son déficit budgétaire à 3 pour cent maximum en 2012, et sorte du rouge en 2015.  

Dans les projets du CD&V, 20 milliards sur les 22 milliards d’euros à trouver d’ici 2015 viendraient du gouvernement fédéral. Les efforts supplémentaires des régions ne peuvent exister que dans le cadre d’une réforme de l’Etat.  Celle-ci peut selon Thyssen mener à une « ré-étalonnage » des responsabilités financières, notamment en transférant des compétences sans les moyens correspondants et en revoyant la loi de financement.  
En outre, elle a fait une liste de dépenses à hauteur de 2,239 milliards d’euros qui incombent à des compétences régionales. Le gouvernement fédéral peut cesser ces dépenses « parasites » après des accords clairs avec les régions et les communautés pour savoir qui sera responsable des compétences concernées.  
Le CD&V associe deux conditions à ses économies : elles ne doivent pas nuire au potentiel de croissance de l’économie, et ne doivent pas se faire aux dépens des citoyens les plus fragiles.  Cela veut dire aussi que les allocations ne doivent pas diminuer. « Une austérité raisonnable ne veut pas dire un désert social et économique » dit Thyssen.  

Wim Winckelmans

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Un commentaire sur “Thyssen « à la manière des femmes »”

  1. cricri dit :

    Bonne nouvelle, car plus posée et sûrement plus douée que Leterme sur le plan diplomatique et, espérons le sur le plan musical, elle sera plus équilibrée dans ses propos.
    La difficulté réside dans ce pays, où les politiciens et partis politiques prolifèrent comme des lapins (enfin pas de coqs, eindelijk geen leeuwen), d’arriver à un consensus.
    Où est le temps où un certain VDB prônait un parti unifié et bilingue de droite. Si cela avait réussi, quel pouvoir n’aurait-il pas maintenant dans cet imbroglio belge. Une simplification du paysage politique demande beaucoup de courage de la part des politiciens et beaucoup de bon sens de la part des citoyens. Deux chose rares par les temps qui courent.