Pas de « non » francophone contre la N-VA

Mardi 1 juin 2010

Bruxelles – Bart De Wever est content de la bonne volonté qui pousse les francophones à se mettre autour d’une table avec lui. Mais le fossé reste profond.

(Article paru dans De Standaard du 31 mai 2010)

Deux semaines avant les élections, la campagne électorale communautaire a vraiment fait rage ce weekend. Le président MR Didier Reynders déclara dans De Standaard et Le Soir, lors du débat de De Zevende Dag et sur les chaînes francophones que le nouveau gouvernement devait entreprendre une grande réforme de l’État. Les régions doivent obtenir davantage d’autonomie, elles pourraient mieux assumer des compétences telles que l’emploi et la justice. Mais le président libéral pose comme condition que la Belgique fédérale soit rendue plus forte, avec entre autres une circonscription fédérale et un solide socle fédéral pour notre sécurité sociale et nos retraites.

Même face au président de la N-VA Bart De Wever, Didier Reynders a refusé d’émettre un quelconque veto. La tête de liste PS au Sénat Paul Magnette et le président du cdH Melchior Wathelet l’ont suivi dans cette démarche, malgré des réserves. De Wever est un démocrate, et il est légitime d’être nationaliste, a-t-on même entendu.

Les partis francophones ont, davantage que leurs opposants flamands de la N-VA, laissé tomber leur stratégie qui consistait à présenter De Wever comme un dangereux démon. « Je suis ravi de ce changement d’attitude », dit De Wever. « J’ai quand même très clairement perçu le signal que les francophones veulent ouvrir le débat autour de l’Etat ». La méfiance reste néanmoins énorme. «Ce ne sera que si la N-VA fait un score significatif lors des élections, qu’ils ne pourront nous éviter. La rhétorique s’est adaptée, mais j’attends les actes », dit De Wever.

Même si Melchior Wathelet va très loin dans l’apaisement autour de la réforme de l’Etat et la partition de BHV, Wathelet n’est pas Joëlle Milquet. En tant que présidente du cdH, elle a montré les dents au congrès du parti, après avoir déclaré précédemment : « Nous sommes déjà allés trop loin en 1963 en acceptant les frontières linguistiques ». La présidente du CD&V Marianne Thyssen a ostensiblement appelé les autres membres du cdH à ne pas laisser Joëlle Milquet bloquer le pays plus longtemps.

Au niveau du contenu, le fossé est encore très profond. Face à une circonscription fédérale, De Wever propose l’abandon de la parité dans le gouvernement et des doubles majorités qui protègent la minorité francophone. Face à la partition de BHV, on a toujours la question d’un statut dépendant de Bruxelles des communes de la banlieue flamande.

Entre temps, le débat sur le plus grand assainissement de l’histoire, que le prochain gouvernement devra entreprendre, est enterré – à la grande frustration de l’Open VLD.

Isabel Albers

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