Les politiciens bénéficient d’un temps de parole moyen de douze secondes à la télévision

Vendredi 14 mai 2010

(Publié dans De Standaard 14/05) BRUXELLES – L’an dernier, dans les émissions politiques télévisées, les hommes politiques bénéficiaient en moyenne de 12 secondes pour répondre à une question ou pour développer un argument. En 2004, la durée moyenne des interventions était encore de 16 secondes.

La petite phrase domine de plus en plus les émissions électorales. C’est ce qui ressort d’une analyse des campagnes électorales flamande et européenne de mai et juin 2009, réalisée sur la VRT et la VTM. La chercheuse Magda Michielsens a analysé qui est intervenu combien de fois. « Nous avons axé nos recherches uniquement sur les entretiens avec des hommes politiques. Les reportages, les spots ou les émissions de divertissement ont été ignorés » précise-t-elle.

Le premier constat est que la plupart des hommes politiques n’ont jamais eu accès à l’écran. Sur les 124 députés flamands, 17 néerlandophones du Parlement de Bruxelles et 13 députés flamands de l’UE qui ont été élus le 7 Juin 2009, seuls 38 ont pu participer à une émission électorale. À eux tous, ils ont eu la parole 138 fois dans 39 émissions.  

Ceux qui parvenaient à accéder à l’écran ne devaient se faire aucune illusion sur le temps dont il ou elle bénéficierait pour développer son argumentation. La durée moyenne de l’intervention des hommes politiques l’année dernière était de 12 secondes. Ceux qui avaient la parole plus longtemps avaient une bonne chance que quelqu’un d’autre – généralement le journaliste – intervienne. « Ce n’est pas que les politiciens aiment s’exprimer par des petites phrases, ni que c’est ce qu’ils font de mieux, c’est qu’en général la durée de leur intervention ne permet pas d’en dire plus », dit Michielsens. « Sur la VRT, plus de 95 pour cent de toutes les interventions durent moins de 35 secondes »

D’après l’étude menée en 2004 par Michielsens et l’équipe Meer (Media Emancipatie Effect Rapportage) de l’Université d’Anvers, les hommes politiques avaient en moyenne 16 secondes pour répondre.

Ce qui a également encore diminué par rapport à 2004 est la présence des femmes. Alors que jamais il n’y eut autant de femmes élues que lors des élections de l’an dernier, elles n’ont représenté que 30 pour cent des personnalités politiques présentes à l’écran. Green! fut le seul parti avec davantage d’apparitions féminines que masculines à la télévision. Chez Open VLD et LDD, les hommes représentaient respectivement 83 et 85 pour cent des interventions. 

Le CD&V a bénéficié de 19 pour cent du temps de parole total des émissions électorales. Les politiciens chrétiens-démocrates sont donc ceux qui ont parlé le plus longtemps. l’Open VLD et le SP.A s’en sont tirés chacun à 18 pour cent, le Vlaams Belang à 13 pour cent. Vinrent ensuite le LDD (10%), le N-VA (9%), Groen! (8%) et le SLP (5%), éclaté depuis.

Le trio de tête des hommes politiques à avoir bénéficié du temps de parole le plus long dans toutes les émissions électorales est surprenant. La première est Mieke Vogels. La tête de liste des Verts a eu droit à tout juste un peu moins de 45 minutes. Vinrent ensuite la figure de proue du LDD, Jean-Marie Dedecker (44:07) et le président du CD&V, Kris Peeters (42:37). Notons aussi la forte présence de Marie-Rose Morel pour le Vlaams Belang. Avec un temps de parole de 31:41, elle a fait mieux que le président du Vlaams Belang Filip Dewinter (28:11). C’est le seul parti pour lequel un candidat autre que le président a eu un temps de parole supérieur à celui-ci.  

En 2004 ont dominé les hommes politiques venant de la circonscription de la Flandre orientale. L’année dernière, c’était Anvers. Avec soixante passages, les Anversois ont fait deux fois mieux que la Flandre occidentale. Vinrent ensuite les candidats des circonscriptions de la Flandre orientale et du Brabant flamand. 

Auteur: Steven Samyn

Version originale : http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=ST2Q6TN5

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