Les entreprises boudent la Belgique

Vendredi 28 mai 2010

 BRUXELLES– Les entreprises étrangères n’ont annoncé que 182 nouveaux projets d’investissement en Belgique l’année dernière, le plus bas niveau jamais atteint.La Wallonie rattrape la Flandre dans la course aux investissements. 

(Cet article a été publié dans De Standaard du jeudi 27 mai 2010)

De notre rédacteur en chef
Christof Vanschoubroek

La Belgique est vraiment devenue le vilain petit canard pour les investisseurs. C’est ce qu’on peut croire quand on regarde le nombre de projets d’investissement annoncés dans notre pays l’année dernière. Ils n’ont été qu’au nombre de 182, ou encore dix de moins que l’année précédente, et un nombre historiquement bas. Dans les années 2006 et 2007 on parlait encore de plus de 240 projets d’investissement. C’est ce qui ressort d’une analyse d’IBM Global Business Services.

‘Ce qui m’inquiète surtout, c’est que le nombre de projets d’investissement dans les pays voisins et d’autre pays très développés reste élevé’, dit Roel Spee, global leader de Plant Location International, la filiale d’IBM qui conseille les entreprises pour leurs décisions d’investissement. ‘En ces temps de crise, les entreprises optent justement pour de plus petits investissements dans des pays sans risque‘.

Moins d’investissements, c’est  aussi moins de nouveaux emplois. Les investissements de l’année dernière ont apporté 5 317 nouveaux emplois à notre pays. En 2008 les investissements étrangers créaient encore 6 766 nouveaux postes.Les années précédentes on atteignait facilement le cap des 10 000 nouveau emplois. Le nombre d’emplois par projet d’investissement diminue d’ailleurs aussi chaque année. Un nouveau projet apporte  maintenant 30 emplois en moyenne, contre 71 il y a six ans.

La Belgique België est toujours confrontée à un gigantesque problème de coûts, tandis que d’autres pays comme l’Allemagne ont pris ce problème à bras le corps‘ dit Spee. ‘Les coûts salariaux sont toujours très élevés et le taux d’imposition sur les sociétés n’est pas non plus de nature à attirer les investisseurs’

Et nos fameux système d’intérêts notionnels alors ? ‘Je ne connais pas une seule entreprise qui ait choisi notre pays pour cette raison. À cause des premiers obstacles, la Belgique n’est même pas sur la liste des souhaits, et ce n’est que plus tard dans le processus qu’on parle de ce genre de petits avantages fiscaux. L’instabilité politique commence aussi à poser problème‘.

Une constatation frappante est que la Flandre perd rapidement du terrain par rapport à la Wallonie. La Flandre a toujours attiré largement deux fois plus d’investissements que la Wallonie. Mais ce fossé s’est largement réduit l’année dernière. La Wallonie a signé l’année dernière pour 67 projets, amenant 2048 nouveaux emplois. Les 78 projets de la Flandre ont apporté 2 833 nouveaux emplois. ‘Les projets plus importants trouvent en Wallonie des subventions qu’ils ne trouvent pas en Flandre. En Wallonie il reste encore beaucoup d’espace et les terrains sont donc bien moins chers. C’est intéressant par exemple pour les centres de distribution’. C’est ainsi que la chaîne de vêtements suédoise H&M a finalement décidé d’installer son centre de distribution européen à Ghlin-Baudour en Wallonie, et non dans une zone d’activités le long de l’A12. C’était tout de suite le plus gros investissement de 2009, avec 450 emplois’. ‘J’ai de plus l’impression que la Wallonie soigne davantage son marketing et sait clairement ce qu’elle veut’.

Les Etats-Unis, avec plus d’un quart du total, restent toujours le plus gros investisseur dans notre pays, bien que leur participation ait fortement baissé. Sinon, ce sont surtout des pays voisins qui démarrent des projets dans notre pays. ‘Les grands absents sont toujours l’Inde et la Chine, dit Spee. Ces deux économies émergentes sont d’ailleurs déjà beaucoup plus actives dans les pays qui nous entourent‘.

Ce rapport donne la situation des investissements étrangers dans notre pays. Mais il ne faut pas oublier les désinvestissements en Belgique.

Pensez au constructeur automobile Opel, qui ferme sa succursale anversoise. On ne suit pas ces chiffres-là. ‘Mais je suis certain que le nombre de désinvestissements dépasse largement le nombre d’investissements‘, dit Spee.

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