De Croo rappelle Vanhengel à l’ordre sur Twitter

Vendredi 28 mai 2010

Le président apaise le conflit concernant la N-VA par un message sur un site web.

(Article paru dans Het Laatste Nieuws du vendredi 28 mai 2010)

Guy Vanhengel ne veut pas gouverner avec un « parti qui veut casser le pays ». Le vice-premier Open Vld en a ras le bol du grand écart de la N-VA et refuse toute négociation. Vanhengel s’est fait tancer vertement sur le réseau Twitter par son président Alexander De Croo, qui n’a « aucun problème » pour discuter avec la N-VA. Bart De Wever s’enferme dans le rôle de victime : « Je constate que l’Open Vld souhaite un cordon sanitaire autour de la N-VA ».

Le grand écart de la N-VA agace les autres partis au plus haut point. Bart De Wever lutte pour une indépendance flamande. Mais quand même pas tout de suite, souligne en même temps Siegfried Bracke, sa nouvelle acquisition. Et le parti promet par la voix du député Ben Weyts 500 000 nouveaux emplois d’ici 2015 – plus du double des fameux 200 000 emplois de Guy Verhofstadt (Open Vld) – mais en même temps, quand même pas si littéralement… Et la N-VA s’en tire toujours avec ça. Pire encore : deux semaines avant que le peloton ne franchisse la ligne d’arrivée, De Wever porte virtuellement le maillot jaune. Et avec plusieurs minutes d’avance.

Balivernes

Et cela porte sur les nerfs des autres partis. Cela explique le violent coup d’éclat de Marianne Van Thyssen  le week-end dernier. Hier, Guy Vanhengel en a encore rajouté une louche. « Balivernes » a-t-il appelé la promesse des 500 000 emplois hier. Et il a donné un violent coup de griffe à la N-VA, « qui ne veut que casser  le pays ». Dans ces circonstances, on ne peut pas négocier une réforme de l’Etat, argumentait le bienveillant Bruxellois. « Je ne pose pas de veto, je suis un homme de dialogue. Mais il ne sert à rien de discuter quand on n’a pas un objectif commun. Si le parti persiste à dire que son objectif est la partition de l’état, il peut difficilement s’asseoir autour d’une table pour discuter d’une réforme de l’Etat pour un meilleur fonctionnement du pays. Sinon on ne parviendra jamais à un accord ». Vanhengel insistait hier sur le fait que la N-VA devait clarifier son discours. Le parti de De Wever est-il l’héritier de la VU d’Hugo Schiltz ? Ou partage-t-il la lutte pour l’indépendance du Vlaams Belang ?
« Après le CD&V, voilà que l’Open Vld commet aussi l’erreur de placer l’adversaire au centre » trouve Noël Slangen, ancien conseiller Open Vld. Les politologues aussi qualifient le coup de griffe de Vanhengel de « stupide » : « C’est encore 10 000 voix supplémentaires pour la N-VA ».

Elégant

Le président  De Croo a d’ailleurs tenté de calmer le jeu hier. Par un court message sur Twitter, il a élégamment rappelé Vanhengel à l’ordre : « Pour éclaircissement. Aucun problème pour discuter avec la N-VA. Mais nous ne participerons pas à un gouvernement dont le programme est de diviser le pays ».  Traduction : la N-VA peut tout à fait participer au gouvernement avec l’Open Vld. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le pragmatique Bruxellois Vanhengel est en conflit avec son jeune président. Sur la chute du gouvernement aussi, c’était à celui des deux qui serait le plus dur.
Entre temps, De Wever compte les points. « Je vois que l’Open Vld, par l’intermédiaire de Vanhengel, cherche à créer un cordon sanitaire autour de la N-VA » remarquait-il hier en passant. Tout le monde sait ce que cela a  rapporté au Vlaams Belang par le passé.

Peter Gorle

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