«De Wever la joue fine »

Mercredi 26 mai 2010

Les attaques contre la N-VA sont contre-productives, selon un expert en communication. 

Bart De Wever s’est révélé être la cible préférée de la rue de la Loi. Et ça va faire le bonheur de son parti, la N-VA, le 13 juin, pense Katja Van Putten de l’agence de communication Fé. « Je comprends que la tentation soit grande chez ses adversaires d’attaquer De Wever parce qu’il est le vainqueur désigné, mais en faisant cela ils le mettent en position de victime. Et celle-ci pourra toujours compter sur la sympathie des Flamands. Bart De Wever la joue très fine ».

(article paru dans Het Laatste Nieuws du 26 mai 2010)

Pour la N-VA, c’est un cadeau du ciel : la consigne de vote du leader syndical Luc Cortebeeck de l’ACV/CSC (« Votez CD&V, sp.a, Groen! ou éventuellement même OpenVld, mais surtout pas N-VA »), suivie d’un appel équivalent de Rudy De Leeuw de l’ABVV/FGTB, des violents sarcasmes de Joëlle Milquet (cdH), les accrochages avec Alexander De Croo (Open Vld) et Frank Vandenbroucke (sp.a) sur une prochaine réforme de l’Etat et, pour couronner le tout, le violent coup de griffe de Marianne Thyssen lors du congrès du CD&V : « Mais enfin que veulent-ils ? Le séparatisme ou pas ? D’après Siegfried Bracke, la N-VA n’est pas séparatiste, tout en étant pour une Flandre indépendante. Vous arrivez à suivre ? »

Grâce à toutes ces salves contre la N-VA, Bart de Wever est aux anges, selon Katia Van Putten. Elle dirige l’agence d’études et de communication Fé, qui a aidé Yves Leterme à obtenir 800 000 voix en 2007 en tant que tête de liste du cartel CD&V/N-VA. 

Victime

Thyssen a mis le doigt sur le point faible de la N-VA, d’après Van Putten. « La question de la ligne communautariste de la N-VA est sans aucun doute la plus sensible. Le parti se lance lui-même dans des tas de circonvolutions pour nuancer qu’il n’est pas séparatiste, bien qu’il lutte pour l’autonomie. La question est de savoir comment Bart De Wever s’en sort. Il la joue en tous cas très fine. Il insiste partout que les autres partis cherchent à le marginaliser, que les autres partis cherchent à effrayer les gens. Car n’est-il pas un partisan du confédéralisme et de la même révolution copernicienne que Kris Peeters ? Avec cela, De Wever a fait adopter à son parti la position de la victime, même si tous les sondages le donnent grand vainqueur. Cela éveille toujours la compassion chez le Flamand dans l’isoloir ».

Vraiment digne de confiance

Pourtant cela ne suffit pas. « Dire simplement : ‘tout le monde est contre nous’ comme le fait le Vlaams Belang, ça ne marche pas. Il faut proposer une alternative crédible et il faut surtout une bonne réputation » dit l’experte en communication. Et sur ce terrain, Bart De Wever est plutôt gâté pour l’instant. « Dans notre étude sur l’image des hommes politiques, De Wever est sorti grand gagnant l’année dernière. Les gens le trouvaient franc, très intelligent, tenace et un bon défenseur des intérêts des Flamands. Pour les gens dans la rue, il passe pour quelqu’un qui pourrait faire la différence. Ils ont le sentiment que De Wever est vraiment digne de confiance, et qu’il dit tout haut ce que les gens normaux pensent tout bas, comme c’était le cas pour Jean-Marie Dedecker dans ses ‘bonnes années’. La différence est que Bart De Wever ne se fait pas prendre en flagrant délit d’agressivité ».

Les adversaires de la N-VA feraient donc mieux de changer leur fusil d’épaule, affirme Van Putten, car en ce moment ils rendent un fier service à la N-VA par leurs attaques. « Jouez plutôt vos propres atouts, comme le fait par exemple l’Open Vld avec leur ‘coming man’, Alexander De Croo ».

Peter Gorle

2 commentaires sur “«De Wever la joue fine »”

  1. Nom dit :

    Les taliban étaient aussi « très populaire ». Ca n’a pas empêché qu’elle soit fichée sur la liste officielle des organisations terroristes de la Russie, de l’Union européenne et des États-Unis.

    • kilimango dit :

      Vous atteindez un bon niveau je vois. Félicitations! Des personnes intéligentes comme vous nous manquent!