Une ONG de lutte contre la corruption interroge les candidats

Vendredi 28 mai 2010

La section belge de Transparency International, une ONG qui lutte contre le manque de transparence et la corruption et qui promeut la bonne gouvernance, lance aujourd’hui une enquête auprès des candidats belges aux élections, et leur demande de s’engager pour l’intégrité et la transparence.

Une première opération du même type avait déjà été menée lors des élections régionales et européennes de 2009. Cette fois encore, la section belge de l’organisation interroge les candidats sur une série de sujets de l’actualité récente, qui ont toutes un rapport avec le respect de l’électeur.

« Par exemple, le candidat s’il est élu, voudra-t-il mettre fin à la pratique qui consiste à se présenter sur une liste électorale rien que pour la pousser ou la tirer, sans intention de siéger ? Soutiendrait-il une proposition de loi amenant les parlementaires à déclarer leurs revenus tirés de mandats publics ? Mais peut-être n’irait-il pas jusqu’à défendre la divulgation des revenus qu’ils tirent de leur  profession, des mandats d’administrateur de société… ? Est-il prêt, s’il est élu, à proposer de réglementer plus strictement et plus largement les cumuls de mandat, ou à fixer des conditions au passage d’un mandat ou emploi public vers un emploi dans le secteur privé ? ».

Le questionnaire ne s’intéresse pas qu’aux aspects légaux mais il interroge aussi  l’attitude éthique du candidat : »est-il d’avis qu’un élu inculpé de corruption, et donc présumé innocent, devrait prendre l’initiative de suspendre son mandat ? En d’autres termes, le maintien de la confiance des citoyens dans leurs institutions prend-il le pas sur les autres considérations?« .

Le mode de financement et le contrôle des dépenses électorales des partis fait également l’objet de questions aux candidats. Transparency International rappelle d’ailleurs que le Conseil de l’Europe s’était ému du manque d’indépendance des contrôleurs, en réalité des parlementaires, juges et parties.

Des sujets qui ne laissent manifestement pas les Belges indifférents. Dans une étude Eurobaromètre de novembre 2009 citée par l’ONG, on relève que 78% des Belges estiment que la corruption est un problème majeur dans leur pays (contre 71% en 2007),  tandis que 82% d’entre eux considèrent que la corruption existe au sein des institutions fédérales (contre 77% en 2007). Par ailleurs, 63% seraient d’avis (contre 45% en 2007) que les pots-de-vin et les abus de positions de pouvoir constituent des pratiques largement répandues parmi les politiciens fédéraux.

L’ensemble des résultats recueillis sera publié sur le site de l’association avant le 13 juin.

T.N.

2 commentaires sur “Une ONG de lutte contre la corruption interroge les candidats”

  1. Edita Smajic dit :

    Les réponses des candidats ayant répondu sont visibles sur le site de TI Belgium http://www.transparencybelgium.be.

  2. Jean Wester dit :

    Je serais très intéressé par les réponses de nos candidats, s’ils s’en trouvent des courageux pour oser répondre.
    Je serais très curieux de voir leurs actions après les élections pour voir si elles correspondent à leurs réponses.