« Une Belgique, deux pays », c’est la vision flamande

Jeudi 20 mai 2010

Matin Première s’était déplacé à Anvers ce jeudi. Objectif : prendre le pouls de cette Flandre parfois si déroutante aux yeux de francophones. Plongée dans l’opinion publique flamande, avec trois « décodeurs » et sans langue de bois.

Il y avait trois « voix de Flandre » au micro de Betrand Henne, en direct depuis la gare d’Anvers. A quelques nuances près, leur vision du conflit communautaire belge ne diverge guère. Et pour eux, cela ne fait aucun doute, les francophones « ne comprennent pas » que la Belgique a changé.

Lire l’article

Un commentaire sur “« Une Belgique, deux pays », c’est la vision flamande”

  1. verbruggen dit :

    Flamands et Wallons

    (Extraits d’un article signé H.V., de Liège, paru le 12 juin 1890!! dans le journal belge La Réforme)

    « Il y a un aspect important de la situation créée par l’élection d’hier que vous n’avez pas fait ressortir. C’est la divergence de plus en plus profonde qui s’accuse entre Flamands et Wallons. /…/
    Ne vaut-il pas mieux se séparer à l’amiable et partager la Belgique en deux Etats administrativement et législativement séparés, mais unis par leurs intérêts communs ? /…/
    Pourquoi, tout en restant Belges de part et d’autre, en ayant un gouvernement commun (partiellement), une armée, des chemins de fer, une Banque Nationale, un seul observatoire, etc., ne laisserions-nous pas, en dehors de la discussion de ces intérêts communs /…/ les représentants wallons et représentants flamands s’en retourner, les uns à Anvers ou à Maline, les autres à Liège ou à Namur, légiférer pour leurs provinces, qui se gouverneraient d’elles-mêmes ? /…/ Et tout le monde y gagnerait. /…/
    Si vous voulez compléter mon utopie, ajoutez que, comme aux Etats-Unis, Bruxelles et ses faubourgs, capitale fédérale, seraient déclarée autonomes et se régiraient eux-mêmes ; /…/et naturellement, comme en Suisse, le gouvernement fédéral aurait à pourvoir à ce que les droits constitutionnels d’aucun citoyen, la liberté de conscience, notamment, ne pussent jamais être lésés par le fanatisme d’un Parlement de ruraux intolérants.
    Vous traiterez peut-être ma proposition de séparatiste et de subversive. Je la crois au contraire très unioniste et peut-être la seule qui puisse nous tirer de l’impasse où nous sommes. Les Flamands seraient contents ; ils se gouverneraient en flamand et en Flamands ; on n’imposerait pas aux jeunes gens wallons une langue qui leur est fort pénible à apprendre /…/. Chacun ferait ses lois suivant son génie national, ses besoins, le degré de culture du pays /…/. Et il arriverait ce qui arrive en Suisse, c’est que chaque région aurait les institutions qui lui conviendraient le mieux et servirait d’exemple à l’autre par les expériences qu’elle ferait ; de la Wallonie partirait la contagion du libéralisme progressif, des Flandres celle de la démocratie rurale, de Bruxelles peut-être celle du socialisme scientifique et progressiste.
    Et si la Hollande pouvait en outre se réunir alors à nous avec le Luxembourg, /…/ nous aurions un pays incomparable, uni par la jouissance commune de la liberté et de l’autonomie, et indissolublement fort à l’intérieur comme vis-à-vis de l’étranger. C’est-à-dire juste le contraire de ce que nous avons aujourd’hui. »

    Comme quoi, c’est le changement dans la continuité…