Une nouvelle explication pour mieux comprendre la Belgique fédérale avec Jean Faniel, chercheur au Centre de Recherches et d’Information sociopolitique : aujourd’hui, l’affaire des Fourons, qui remonte aux années 80. À l’époque, le gouvernement Martens était tombé sur ce problème communautaire.
Fourons : communes néerlandophones devenues francophones
Au départ, Fourons est une commune flamande née de la fusion en 1976 de six communes distinctes. Ces communes étaient (et sont toujours…) enclavées en Province de Liège, à la limite des Pays-Bas. Elles n’ont aucun lien territorial avec la Flandre. Mais en 1962 (voir mot-clé Communes à facilités), alors qu’il fallait déterminer la langue des communes, il y avait, selon les résultats des estimations, une majorité de personnes parlant le néerlandais. D’après les linguistes cependant, ce n’était pas si évident que cela, car en réalité les gens parlaient différents dialectes et différents patois, mais il était difficile de savoir si cela se rapprochait du néerlandais ou de l’allemand. Mais manifestement, les francophones étaient en minorité à cette époque, puis sont devenus majoritaires plus tard. C’est ce qui a rendu complexe l’histoire de ces paisibles petites communes rurales.
Le hérisson fouronnais
José Happart est un agriculteur. En 1982, il obtient un score qui lui permet de devenir bourgmestre de Fourons. Mais des recours sont introduits parce qu’il ne connaît pas le néerlandais. Lui affirme que l’obligation pour un bourgmestre de parler la langue de la commune n’est écrite dans aucun texte officiel. Mais pour les Flamands, le bourgmestre doit connaître le néerlandais.
On va alors assister à ce qu’on a appelé « le carrousel fouronnais », avec un Collège de Fourons largement francophone qui décide de nommer José Happart Premier échevin, puis bourgmestre faisant fonction. Cette décision va être cassée. Cette procédure va être recommencée avec une nouvelle élection du Collège communal, une nouvelle désignation de José Happart comme bourgmestre et ainsi de suite. Cela va se reproduire sept fois.
Le carrousel fouronnais fait chuter le gouvernement
En 1987, le Gouvernement de Wilfried Martens est contraint de démissionner. C’est le début d’une nouvelle crise communautaire. Dans son sillage, cette crise va amener une nouvelle réforme de l’Etat, celle de 1988-89 (voir mot-clé Réforme de l’Etat). Cette réforme va régler le sort de Fourons. Car, à force de se répéter, ce problème a fini par obliger les uns et les autres à trouver une solution. Cette solution a alors été globale, avec des points très précis concernant Fourons : c’est notamment depuis lors que les Fouronnais peuvent aller voter en Wallonie s’ils le désirent pour certaines élections. Ils auront d’ailleurs la possibilité de le faire ce 13 juin.
La question de Fourons a donc été le point de cristallisation des tensions communautaires. La réforme de 1988-89 va dès lors aussi permettre la communautarisation de l’enseignement et la création de la Région de Bruxelles-Capitale.
Fourons redevient flamand
En 2000, le droit de vote qui a été attribué aux étrangers européens, pour les élections communales, a probablement permis, grâce aux voix des nombreux Néerlandais qui sont établis dans la Commune de Fourons, de faire basculer la majorité au niveau communal. Mais pas au niveau du Conseil du CPAS qui, autre particularité de Fourons, est élu de manière directe. Là où les Néerlandais avaient le droit de vote au niveau communal, ils ont pu faire basculer la majorité. Là où seuls les Belges avaient le droit de vote, au niveau du CPAS, la majorité restait francophone.
En 2006, les deux majorités, CPAS et Commune, ont basculé du côté flamand. Cela tendrait peut-être à montrer qu’il y a eu une normalisation et une disparition progressive des revendications francophones sur Fourons.
Avec O. Nederlandt et J. Faniel




monsieur happart n en a plus rien a faire des fourons il a bati sa fortune avec cela