L’informateur Bart De Wever a consulté les Régions

Mardi 22 juin 2010

L’informateur Bart De Wever a reçu les ministres-présidents des Régions ce mardi. Pour Kris Peeters, il n’est pas question de transférer des compétences sans moyens supplémentaires. « Le nouvel équilibre de la Belgique doit venir des Régions », a expliqué Rudy Demotte. Charles Picqué a apprécié le « climat d’ouverture » de la rencontre.  De son côté, le germanophone Karl-Heinz Lambertz a rappelé que sa communauté voulait devenir une entité fédérée à part entière.

Kris Peeters a été mardi matin le premier ministre-président à être reçu par l’informateur. « Je n’ai mis aucun point de rupture sur la table mais j’ai insisté clairement sur les lignes de force qui comptaient pour le gouvernement flamand« , a-t-il expliqué, évoquant tant les dossiers institutionnels que la réforme de l’Etat.

Sur ce dernier point, la note « Octopus« , approuvée en 2008, constitue la référence incontournable du gouvernement flamand. Le document reprend les 5 résolutions adoptées par le parlement flamand en 1999 et qui demandent une défédéralisation large : politique de l’emploi, certains volets de la politique des soins de santé, autonomie fiscale, etc.

Les pensions et les allocations n’y figurent pas, a précisé Kris Peeters. « Nous ne voulons pas de scission de la Belgique et nous voulons conserver la solidarité avec la Wallonie« , a-t-il ajouté.

Rudy Demotte: « Le nouvel équilibre de la Belgique doit venir des Régions »

Le ministre-président wallon, Rudy Demotte, a ensuite rencontré Bart De Wever. Il a abordé deux points : le modèle institutionnel basé sur les Régions, et les balises des mesures d’économies à envisager. « L’état d’esprit était de poser des questions et d’affirmer certaines choses« , a expliqué le Premier wallon à sa sortie, précisant qu’il s’était exprimé en français et en néerlandais. « Je lui ai présenté ma vision du fédéralisme moderne. Le nouvel équilibre de la Belgique doit venir des Régions« , a expliqué le Flobecquois, précisant toutefois que des balises devraient être placées pour éviter la concurrence entre Régions. Il n’a cependant pas souhaité s’expliquer sur celles-ci, ni sur les compétences qui pourraient être régionalisées. « Cela fera partie des négociations« , a-t-il fait observer.

Rudy Demotte a également évoqué la situation budgétaire difficile du pays. « Nous savons qu’il y a des défis à relever mais ceux-ci ne peuvent pas handicaper la capacité du pays à se développer économiquement« , a-t-il souligné. Le ministre-président wallon a senti la volonté dans le chef de Bart De Wever « d’aboutir assez rapidement« . A sa sortie, Rudy Demotte a une nouvelle fois répété qu’il était « totalement solidaire de la région bruxelloise« . Dans les couloirs, il a croisé Charles Picqué, qui était le deuxième francophone a être reçu mardi matin par l’informateur.

Charles Picqué: « Un climat d’ouverture« 

La rencontre entre Bart De Wever et le ministre-président bruxellois Charles Picqué a été « franche« , et « constructive« . Elle s’est déroulée dans un « climat d’ouverture » propice à « renforcer les chances d’aboutir à un compromis« . C’est ce qu’a affirmé celui qui préside la Région-capitale dont Bart De Wever avait souhaité la suppression durant la campagne.

Loin de la « déclaration de guerre » que Charles Picqué avait dit avoir décelé dans cette déclaration, l’échange de mardi a permis, selon lui, d’avancer un certain nombre de données objectives sur la situation de Bruxelles à propos de laquelle Bart De Wever a posé plusieurs questions, dans son rôle d’informateur. Le ministre-président bruxellois a notamment tenté de convaincre son interlocuteur de la pertinence de la demande de refinancement de Bruxelles à hauteur de 500 millions d’euros. « Nous devons échanger un maximum d’informations pour pouvoir explorer les pistes de négociations. Cet exercice devra être approfondi. Si nous voulons une réforme de l’Etat qui nous accorde de la tranquillité durant un certain temps, il faut aller au fond des choses« , a-t-il commenté à l’issue de l’entretien dans les locaux de la présidence de la Chambre. Interrogé par la presse néerlandophone au sujet du modèle de gestion de la Région bruxelloise, Charles Picqué a ajouté qu’au-delà des préjugés véhiculés au nord du pays, de nombreux flamands ignoraient les efforts que la Région avait déjà produits pour l’améliorer. Il a ajouté que le modèle bruxellois était la résultante de compromis institutionnels antérieurs.

Karl-Heinz Lambertz : « Les Germanophones ne veulent pas être oubliés »

Le ministre-président de la Communauté germanophone, Karl-Heinz Lambertz, a aussi été reçu par Bart de Wever. Il en a profité pour lui rappeler les volontés des Germanophones, notamment au niveau communautaire.

« Les Germanophones ne veulent pas être oubliés. Ils veulent devenir un élément constitutif de la structure fédérale belge et que la Communauté reste une entité fédérée à part entière« , a-t-il remarqué.

Selon lui, après 25 ans d’existence, la Communauté germanophone est prête et « capable de prendre en charge toutes les compétences qui ont été et qui seront transférées vers les Communautés et les régions« . Il a rappelé que ce souhait était unanime du côté germanophone.

La rencontre, qui s’est déroulée en néerlandais et en allemand, s’est « très bien déroulée« , selon , Karl-Heinz Lambertz. « M. De Wever est un homme avec qui on peut parler. Il a des idées précises mais il écoute aussi ce que dit l’autre. On doit dire ce qu’on veut si on souhaite que les choses évoluent dans un sens ou dans l’autre et j’ai été écouté avec beaucoup d’attention« , a-t-il conclu.

Les deux hommes n’ont pas évoqué le timing mais Karl-Heinz Lambertz a le sentiment qu’il veut respecter le délai de trois semaines.

Bart De Wever se consacre mercredi à l’Europe 

Bart De Wever poursuit sa mission d’information mercredi. Il rencontrera le commissaire européen belge, Karel de Gucht, à 11 heures, et le président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy, dans l’après-midi.

RTBF avec Belga 

5 commentaires sur “L’informateur Bart De Wever a consulté les Régions”

  1. ouilleouille dit :

    bonjour,pourquoi ne font ils pas une quadripartite,ce serait plus normal pour toucher à la constitution pour réformer l’état ,ne fut ce que provisoire ,et le gouvernement pourrait s’occuper de social;économie oh; mais les deux vont ensemble car les pauvres braves gens doivent consommer les contrebandes des braderies et autres soldes ,comme à Verviers,couvertes par l’hotel de ville ces contrebandes?avec filières de fausses factures…pauvres petites chinoises de France qui piquent les nuits d’été …est ce pour cela que certains veulent rattaché la wallonnie à la France???20 jours de coupure d’électricité à Verviers …les socialistes couvrent ils des bandes à Verviers ???il y a eu des fausses cartes d’identités à l’hotel de ville de Verviers pourquoi n’ont ils pas continué et démantelé les filières à fausses factures?????

  2. Maurice dit :

    Si BDW ne réussit pas il pourra toujours postuler un emploi dans le service de l’espionnage division de l’infiltration

    • JLPH dit :

      Il y a des jours où je suis obligé de me pincer afin de m’assurer que je suis bien éveillé. Quand je lis (je cite Picqué) » Si nous voulons une réforme de l’Etat qui nous accorde de la tranquillité durant un certain temps,… » Voilà qui est clair! J’avais des doutes après les déclarations de Michel et Milquet qui misaient sur un accord valable entre 5 et 15 ans. Cette fois, c’est certain, on négocie avec l’ambition d’avoir la tranquilité … un certain temps. Après, on recommencera avec ce qui restera du pays. Histoire de porter l’ultime estocade à un pays en phase terminale. Pour l’instant, ces gens discutent d’une sorte de modus operandi qui mènera très prochainement à la constitution d’un état confédéral. Dernière étape avant la scission, prélude à un très, très hypothétique rattachement à la France. À terme, la logique de ces « hauts stratèges » vise la création d’une nouvelle « macro-république ». Pourquoi « hypothétique » rattachement? Actuellement, activer un processus de rattachement est négociable ce qui ne sera plus la cas dans 4 ou 5 ans. Entretemps, notre économie se sera effondrée. Nous aurons perdu toute crédibilité sur la scène internationale ainsi que l’UE. Quant à la dette publique que chaque tête d’habitant devra supporter dès le lendemain de la scission, elle sera tellement insupportable que sur le plan social, la région aura toutes les chances de devenir un charnier social. La France aurait-elle intérêt à s’accrocher un tel boulet au pied? En résumé, voilà ce que le PS nous réserve. On peut comprendre pourquoi Di Rupo réchignait à avancer des chiffres pendant la campagne électorale. Mais après tout, n’est-ce pas ce que 37% des wallons souhaitaient? 37% de rêveurs ou opportunistes qui préféraient fuir l’implacable réalité des chiffres. réjouissez-vous, le spectacle va bientôt commencer. Entretemps, dormez braves gens!

  3. noulez dit :

    C’est normal que la régionalisation des pensions ne figurent pas dans les revendications flamandes vu que ce sont les wallons qui les financeront.Il y aura bien plus de pensionnés en Flandre que dans les autres régions.

    • Nicolas dit :

      Bart de Wever s’est exprimé POUR la régionalisation des pensions (pendant la campagne)! Mais, d’autres parties flamandes, p.e. CD&V, et surtout les parties francophones on dit que ça brisera la solidarité.