Le plus haut taux d’abstention depuis 35 ans

Lundi 14 juin 2010

C’était l’un des refrains entendus tout au long de cette campagne: pour montrer leur désapprobation, les Belges allaient massivement s’abstenir d’aller voter, ignorant les appels des partis politiques et de la société civile et bravant les sanctions éventuelles.

 Et si on cumule à la fois les personnes qui ne sont pas allées voter et celles qui ont voté blanc et nul, on arrive effectivement à 16% des électeurs inscrits, qui n’ont donc pas émis de vote valable. Pour retrouver un score aussi important, il faut remonter à 1974.

En termes de renoncement à voter, on assiste donc à un phénomène relativement important. Toutes formes d’abstentions cumulées, cela représente un taux historiquement très élevé, au moins depuis les 35 dernières  années. Pour autant, les appels répétés à l’abstention, parfois formalisés dans des pétitions, des appels postés sur les réseaux sociaux voire la création de sites internet, n’ont pas créé la vague d’abstention massive redoutée par d’aucun.

T.N.

27 commentaires sur “Le plus haut taux d’abstention depuis 35 ans”

  1. Dobb dit :

    Il m’est arrivé d’aller voter.

    Cette fois-là, le MR avait mis en bonne place dans son programme électoral l’instauration du référendum. Pour moi qui admirais depuis de longues années le fonctionnement paisible du système politique suisse, et les résultats exceptionnels que ce mode de gouvernement a eu pour le bien-être de la population, cette promesse était un puissant argument électoral. Comme tout le monde, je n’avais aucune confiance dans les promesses des politiciens. Mais dans notre pseudo-démocratie étriquée, où aucune sanction judiciaire n’accompagne le non-respect de promesses pourtant imprimées noir sur blanc sur les tracts électoraux, voter en aveugle pour des particrates, sans avoir la moindre garantie qu’ils vont respecter leur parole donnée, était mon seul et unique droit. J’ai donc voté pour le MR. Quelques jours plus tard, les politiciens du MR, radieux et heureux, annonçaient avoir noué un accord de gouvernement. Le référendum ? A la poubelle, avec les tracts.

    Ce jour-là, j’ai été grugé. Et j’ai décidé que je n’irais plus voter avant que la démocratie existe dans ce pays. J’irai bien sûr voter si j’ai un jour le droit démocratique, comme en Suisse, de me prononcer sur les 35 questions pratiques, budgétaires, sociales, environnementales à l’ordre du jour de la prochaine votation. Je pourrai même voter pour des politiciens le jour où ceux-ci seront soumis au droit commun, càd le jour où ils se verront contraints comme n’importe quel prestataire de services de rédiger un devis, avec un cahier des charges et un prix, ce devis ayant valeur de contrat opposable en justice dès lors que le politicien est élu.

    Mais je ne voterai plus pour un singe reconnu comme juridiquement irresponsable, qui fait le mariolle avant les élections. Pas plus que je ne conclurais un contrat avec un interné sous tutelle psychiatrique.

    20 ans plus tard, le référendum n’existe toujours pas. « Anticonstitutionnel », se justifient les particrates, qui, pourtant, modifient allègrement la constitution tous les 4 ans. La modification de la constitution de 2002 a d’ailleurs conduit à l’anticonstitutionnalité des élections d’hier. Tiens, et là, vous avez remarqué ? Ne pas respecter cette même constitution, et parjurer leur serment, cela ne pose subitement plus aucun problème à ces mêmes politiciens…

    Vivement qu’on en finisse avec ce régime.

    • Horne dit :

      C’est quoi la démocratie ? C’est pas la liberté, c’est pas des élections. C’est le respect des minorités. Le référendum, sauf comme en France, à doses homéopathiques, c’est la dictature de la majorité. Soyons donc très réservés des dérives qui peuvent ce produire.

      • Dobb dit :

        Il faudrait quand même un jour arrêter de faire l’autruche. Vous parlez de respect des minorités : hé bien comparez donc où en est réellement le respect des minorités dans notre système particratique belge avec son enchevêtrement d’institutions inefficaces, et dans le système suisse de démocratie directe et d’autonomie cantonale ! Ethniquement, la Suisse, c’est exactement comme la Belgique : 2 grosses communautés linguistiques (francophone / neerlandophone en Belgique, francophone / germanophone en Suisse) + 1 petite (germanophone en Belgique, italophone en Suisse). S’y posent les mêmes problèmes de connaissances linguistiques qu’en Belgique. Mais la désintégration du pays, les régions sinistrées économiquement, les bas salaires nets, le manque d’entreprises et de compétitivité, le Walen buiten, le surendettement de l’Etat, tout cela cela ne concerne que la Belgique et son régime des partis.

        La différence entre la Suisse et la Belgique, c’est la différence entre la « dictature de la majorité » et la « dictature de la minorité », la minorité étant la caste des politiciens. Maintenant, il vous suffit de comparer les résultats concrets pour savoir quel mode de démocratie est préférable. Le champ de la démocratie se limite aux domaines où une décision unique s’impose. Dans tous les autres domaines, pas besoin de dictature des uns sur les autres : le libre choix de chacun est toujours infiniment préférable à la démocratie. Voter démocratiquement pour savoir quelle sera la marque de la Voiture Unique – seul modèle de voiture autorisée à rouler – l’an prochain est d’une bêtise sans nom.

    • rofal dit :

      Exellent point de vue sur la situation de la sois disante Démocratie dans la plupart des Pays dans le monde !! Seulement voila le RÉFÉRENDUM « a quand cela arrivera t’il??»

  2. Philippe dit :

    On pourrait aussi imaginer que s’il y a 16% d’abstentions, on ne distribue que 84% des sièges ? Raison pour laquelle on dit toujours que ne pas voter sert les intérêts des « gros partis » et gonfle leur nombre de députés.
    Autre problème : la répartition des sièges n’est pas proportionnelle : un parti qui fait 4% n’a pas de représentant et un autre qui fait 12% en a 8, vous avez dit logique ?
    Un lecteur précédent parlait de 20% des voix qui se sont perdues sur les petites listes en parlant de mécontents. Ces gens n’auront aucun représentant. Pourtant ils représentent la 3e force en Wallonie !

  3. MDH dit :

    Si ces 16% avaient voté, les résultats des élections auraient été quelque peu différents ! Cela aurait pu changer certains résultats mais dans l’ensemble on sent bien que cela n’aurait pas totalement changé la donne, les gens ont voté massivement pour le PS et pour Bart de Wever !