Le combat des chefs : à fermeté, fermeté et demi

Lundi 7 juin 2010

Les partis flamands essaient de rattraper leur retard sur De Wever

Dans le grand débat entre les présidents de parti sur la VRT, les partis flamands ont essayé de rattraper un peu de leur retard sur Bart De Wever (N-VA). Entre Marianne Thyssen (CD&V) et le président de la N-VA notamment, c’était à qui serait le plus ferme.

(Article publié dans De Standaard du 7 juin 2010)

Marianne Thyssen (CD&V), Alexander De Croo (Open VLD), Filip Dewinter (Vlaams Belang), Caroline Gennez (SP.A), Bart Dewever (N-VA), Jean-Marie Dedecker (Lijst Dedecker) et Wouter Van Besien (Groen!)

Une semaine avant que les électeurs ne se dirigent vers les urnes, les présidents des partis flamands ont engagé la discussion. Le débat s’est surtout déroulé en binômes.

 Quand le débat a commencé, tous les yeux se sont immédiatement tournés vers Bart De Wever. A qui on a tout de suite posé la question à laquelle il a du répondre le plus souvent ces derniers jours.

 S’il se réjouit déjà d’installer son bureau au 16, le logement de fonction du premier ministre. De Wever répond systématiquement que ce n’est pas la fonction qui importe, mais la mise en œuvre de son programme.

Le président de la N-VA ne se laisse pas piéger. Comme Alexander De Croo, d’ailleurs, qui a encore sorti son histoire de renouveau politique, ce qui lui a indubitablement fait marquer un point.

Thyssen nerveuse

Ce qui a frappé  aussi dans le débat est l’impression de nervosité que la présidente du CD&V, Marianne Thyssen a (encore) laissé, comme si elle n’était pas encore certaine de vraiment vouloir la présidence de son propre parti.

 Quand elle a dit que la Justice fonctionnait bien, ça sonnait un peu faux. Comme sa remarque que son parti n’était pas divisé. Les deux remarques furent accueillies par des rires dans la salle, surtout de la part des membres de la N-VA.

Il faut d’ailleurs y ajouter un détail croustillant : l’audiovisuel public avait réservé en double un certain nombre de places pour les militants du parti, d’où une absence d’équilibre entre les supporters.

Le CD&V s’est plaint que le public était constitué de manière déséquilibrée, avec une présence trop importante de partisans de la N-VA dans la salle. Lors des informations du soir, la VRT a admis son erreur et présenté ses excuses.

Des ex- assis l’un en face de l’autre

Revenons donc au débat. L’une des meilleures affiches des débats directs fut quand même celle sur la réforme de l’Etat entre Bart De Wever et Marianne Thyssen, les anciens partenaires du cartel.

Thyssen elle-même mit immédiatement l’accent sur la différence en soulignant que pour le CD&V, la Sécurité sociale ne serait pas partitionnée. Elle a donc mis De Wever devant la plus grosse contradiction de son parti : à savoir si De Wever était un confédératiste ou un séparatiste.

Elle lui reprocha également d’être sorti du gouvernement au moment de la crise bancaire en 2008. De Wever n’a alors fait qu’une bouchée du bilan du gouvernement sortant.

Conviviale

La discussion entre (le très déterminé) Alexander De Croo (Open VLD) et Caroline Gennez (SP-A) fut, et c’est plutôt surprenant, beaucoup plus conviviale. Ce sont pourtant les présidents des partis qui font du yo-yo dans les sondages, et qui sont en rivalité directe pour une coalition avec les deux plus grands partis, la N-VA et le CD&V.

Gennez et De Croo étaient d’accord sur le fait que les salariés les plus âgés devraient pouvoir bénéficier d’une baisse de charges. En revanche dès qu’il s’est agi de modération des salaires , ils n’étaient plus du tout d’accord. Mais tout cela a-t-il suffi à rivaliser avec Bart De Wever ?

Réponse le 13 juin.

Fabian Lefevere

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