La parole aux petits partis : le Parti populaire

Jeudi 3 juin 2010

La RTBF donne la parole à quatre petits partis non encore représentés au Parlement mais qui ont des candidats dans toutes les circonscriptions wallonnes, dans l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et au Sénat. Rudy Aernoudt pour le Parti populaire.

Le coprésident du Parti populaire (PP) Rudy Aernoudt explique au micro de Bertrand Henne que le manifeste que l’on peut consulter sur le site internet du parti « est un programme complet. Si on arrive à faire ce programme, qui n’a que 13 pages, on va vraiment vivre dans une autre Belgique, dans une Belgique unie où les Flamands et les Wallons arrêtent de se quereller, où les gens qui travaillent sont moins imposés. Quand on met tout ça en place, on est dans un autre pays. On a mis l’enseignement » dans ce manifeste « bien que ce soit communautaire, car c’est tellement important. Quand je vois qu’en Wallonie, nous sommes, après la Roumanie, le pays où les enfants savent le moins bien lire et écrire, c’est une façon de former des futurs chômeurs. Il faut aussi s’occuper de la qualité de l’enseignement ».

A propos de son attitude face à un parti tel que la N-VA, Rudy Aernoudt  déclare : « Moi ça fait 10 ans que je lutte pour l’unité de la Belgique, il n’est pas question que j’entre au gouvernement avec des séparatistes. Des gens comme la N-VA ou le Vlaams Belang, s’ils veulent la fin de la Belgique, il n’y a pas de raison qu’ils viennent au niveau fédéral. Je pense même qu’ils ne devraient pas participer aux élections fédérales ».

Concernant l’idée de l’élargissement de Bruxelles, faudrait-il pour le PP, organiser un référendum dans les communes à facilités ? Rudy Aernoudt  répond : « Le grand problème de la Belgique est que nous ne sommes pas une démocratie : ce sont les partis qui décident de tout. Donc il faut de nouveau écouter les gens. Ce que nous disons, c’est que si 50 000 personnes demandent un référendum, on doit consulter l’opinion publique. Concernant les communes à facilités, nous avons une vision tout à fait différente du FDF, de la N-VA ou d’autres.  Si on veut sauver la Belgique, qu’on devienne tous bilingues, qu’on commence avec l’enseignement bilingue. Si à terme tous les Belges sont bilingues, il n’y a plus de problème de facilités, d’élargissement de Bruxelles. On veut que Bruxelles ne s’arrête pas aux frontières dans l’économie ».

A propos des identités flamandes et wallonnes, Rudy Aernoudt  défend son point de vue : « Nous sommes dans une Europe sans frontière : arrêtons de penser en matière de frontières. Un Wallon qui parle néerlandais n’est pas moins wallon. Un Flamand qui parle français n’est pas moins flamand. Si nos jeunes sont plus tard bilingues, trilingues ou quadrilingues, ce sera beaucoup mieux pour l’économie aussi. Arrêtons ce débat stérile entre Wallons et Flamands ».

A l’avenir, la Belgique devra-t-elle mener une politique d’austérité ? Pour Rudy Aernoudt, il faudra « évidemment moins de dépenses publiques, mais aussi moins de recettes. Il faut réduire le corps des fonctionnaires, il faut même les valoriser, il faut même mieux les payer. Deuxièmement, il faut vraiment réduire les impôts. Un rapport de l’OCDE constate que nous sommes le pays où l’on travaille le moins. Selon le Financial Times, nous sommes le pays où le travailleur belge est le plus taxé. Donc il faut moins taxer, cela créera de l’emploi. C’est par le goût du travail et le goût de l’effort qu’on pourra sortir de la crise ».

Le PP veut-il une société « à l’américaine » ? « Pas du tout », réplique Rudy Aernoudt, « nous voulons une société où on met la responsabilité au centre du débat. On veut être solidaire, mais la solidarité et la responsabilité vont de pair. On veut que les gens reprennent le travail. On veut aussi limiter les allocations de chômage dans le temps. En Europe, les deux pays où l’intervention de l’Etat est le plus élevé sont la Grèce et puis la Belgique. Donc il faut effectivement réduire l’impact de l’Etat pour plus d’efficacité. Nous disons ‘mieux d’Etat’ ».

A.L. avec B. Henne

15 commentaires sur “La parole aux petits partis : le Parti populaire”

  1. léo dit :

    Vrai, osez voter pour le pp, moi je le fais, puis on verra, toute façon ça peut pas être pire, et puis ils sont pas élus à vie…. osez si vous voulez que cela change

  2. Sophie dit :

    @Leduc: Par « réduire le corps de fonctionnaires », Rudy Aernoudt ne souhaite pas congédier des fonctionnaires. Il a déjà eu l’occasion d’expliquer lors de débats, qu’il souhaitait simplement ne pas remplacer tous les fonctionnaires qui partent à la retraite. Seul un fonctionnaire sur 3 serait remplacé. Cela permettra de réduire l’effectif au fur et à mesure. D’après lui, « il faut faire un screening car certains services ont trop de fonctionnaires, d’autres pas assez ». Il s’est également prononcé en faveur de la revalorisation des fonctionnaires. Le manifeste du Parti Populaire stipule qu’il faut revaloriser la fonction publique en évitant toute forme de nomination politique.

  3. Leduc dit :

    Si quelqu un pouvait me dire ce qu il entend par « reduire le corps des fonctionnaires » car j approuve beaucoup d idée du parti populaire mais étant fonctionnaire moi même je me vois mal voter pour un parti qui au final me ferait perdre mon statut :-S …

  4. Vincent dit :

    Un gouvernement sans la NVA ne sera pas possible après le 13 juin, donc en refusant de participer a une majorité en cas de participation de la NVA. Autant dire que le PP vise l’oposition, donc ça sert à rien une nouvelle fois. Je vois mal comment on pourrait faire autre chose que PS-CDH-ECOLO. Le MR va se prendre une nouvelle raclée et le PS va encore dire merci aux nombreux chomeurs et ouvriers abandonnés a leur sort.

    • Didier dit :

      Si on veut le changement, il faut du courage et voté autres choses que les partis traditionelle, car si tous le monde le pense mais ne le fait pas, comment voulez-vous que celà change ?