La parole aux petits partis : le PTB+

Jeudi 3 juin 2010

La RTBF donne la parole à quatre petits partis non encore représentés au Parlement mais qui ont des candidats dans toutes les circonscriptions wallonnes, dans l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et au Sénat. Raoul Hedebouw pour le PTB+.

Raoul Hedebouw est porte-parole du PTB+ et tête de liste dans l’arrondissement de Liège. Le PTB fait campagne sur le rejet des quatre grands partis traditionnels : «stop au cirque politique ». Interrogé par Bertrand Henne Raoul Hedebouw « pense qu’on joue sur deux tableaux. D’une part, il y a un vote de rejet et je sens de plus en plus des gens qui en ont marre des partis traditionnels et qui ont envie de voter autre chose que les quatre partis traditionnels. Mais d’une manière constructive je pense que le PTB est aussi un parti de proposition. Quand nous proposons une taxe des millionnaires, quand nous proposons le maintien du système de prépension, on  vient avec des propositions concrètes. Et je pense que c’est ça qui fait vraiment cette spécificité du PTB, dans le paysage politique belge, c’est de lier en même temps de contestation de gauche, mais aussi des propositions concrètes ».

Raoul Hedebouw  précise que « le sentiment antipolitique, ce n’est pas le PTB qui l’a créé, ce sont les quatre partis traditionnels. Il faut arrêter de me faire rire. C’est leur spectacle à eux qui font que les gens sont dégoûtés de la chose politique. Et je les comprends. Moi-même, si je n’étais pas tête de liste pour une liste, je serais dégoûté aussi de tout ce qui se passe. Donc effectivement, de plus en plus de gens nous disent : ‘c’est un cirque politique’, on l’avait déjà dit en 2009, on le répète en 2010 ».

Le  PTB+ prévoit un impôt sur la fortune. Raoul Hedebouw pense qu’un « débat aura lieu, dès le 14 juin, au niveau du gouvernement. Il y a un déficit du budget public,  qui va payer la crise ? Là est la question où tout le monde va devoir se prononcer. Et l’ensemble des partis est en train de créer un consensus, pour dire : on va chercher dans les services publics, on va augmenter les taxes, on va faire payer les gens. Et bien un parti comme le PTB dit ‘non’. Nous, comme parti de gauche, on dit : il y a de l’argent en Belgique, il y en a beaucoup, on a d’ailleurs reversé beaucoup de dividendes ces dernières années, allons chercher l’argent sur ces comptes en banque qui existent en Belgique, en imposant une petite taxe des millionnaires, de 1%, sur les fortunes de plus d’un million d’euros. Cette taxe rapporterait huit milliards d’euros, qui pourraient intégralement être réinvestis dans de l’emploi public, dans le service aux gens et pour combler le déficit de l’Etat ».

Raoul Hedebouw  estime que, avec ces huit milliards, on pourrait crée 100 000 emplois publics : « Je vois aujourd’hui que le gouvernement n’a plus qu’un seul mot à la bouche, c’est de donner des cadeaux aux entreprises par les intérêts notionnels, donner des cadeaux par la réduction des cotisations sociales. Jusqu’à preuve du contraire, aucune étude scientifique ne démontre que ces cadeaux ont créé des emplois ».

Raoul Hedebouw  explique encore qu’un « aspect important du PTB, c’est celui d’être présent sur le terrain, lors des piquets de grève, pour soutenir tous ces travailleurs en résistance, contre ces licenciements. Donc je pense qu’effectivement, un parti comme le PTB, est ce parti d’action, ce petit aiguillon, qui permettra un petit peu de chambouler un peu tout, au niveau de la Chambre des députés ».

Raoul Hedebouw défend le projet de créer une grande banque publique, « une sorte de CGER du 21ème siècle. Il faut un peu arrêter quand on dit que le public n’a pas vocation à être une banque. La CGER a bien fonctionné pendant 18 ans. On l’a privatisée et 6 ans plus tard, elle était déjà en faillite. Donc c’est clair qu’un parti comme le PTB prône le retour d’une véritable banque publique, une sorte de CGER du 21ème siècle ».

A propos de la thématique communautaire, Raoul Hedebouw «  trouve génial, dans un parti comme le PTB, qu’on soit encore le dernier parti national. Donc moi, quand je vais parler avec Bart De Wever, j’aurai le pendant flamand du PTB, qui sera aussi actif en Flandre. Parce je suis intimement convaincu que c’est la division des partis, qui a divisé le pays et pas la division du pays, qui a divisé les partis ».

Raoul Hedebouw  ne tient pas à nier « les problèmes qu’il y a entre le nord et le sud du pays. Je crois que ces problèmes sont clairement là. Si vous divisez les arrondissements de Liège et de Charleroi pendant 10 ans et que les partis wallons n’auront plus de compte à rendre qu’à Liège et Charleroi, je vous prédis une division entre Liège et Charleroi, dans les 10 ans à venir. Quand un parti n’a que des comptes à rendre à sa propre communauté, il y a une autodynamique qui se met en place. C’est pour cela que nous proposons le retour à une circonscription électorale unique, qui permettrait effectivement, aux hommes politiques flamands, à rendre des comptes aux électeurs francophones et vice-versa ».

Raoul Hedebouw  conclut : « Le PTB a doublé ses voix l’année passée. On fait 2-3%, au niveau de beaucoup d’arrondissements, donc je pense vraiment que cette année, plus particulièrement, le vote PTB peut être un vote utile. Un député serait une sorte de moustique, dans la chambre des députés, il les maintiendra tous réveillés, pour l’ensemble de la législature ».

A.L. avec B. Henne

Un commentaire sur “La parole aux petits partis : le PTB+”

  1. dominique dit :

    Pourrait-on corriger le 18 ans en 118 ans. Merci.