La parole aux petits partis: le Front des gauches

Jeudi 3 juin 2010

La RTBF donne la parole à quatre petits partis non encore représentés au Parlement mais qui ont des candidats dans toutes les circonscriptions wallonnes, dans l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et au Sénat. Philippe Santini pour le Front des gauches.

Philippe Santini, candidat d’ouverture du Front des gauches pour l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde est étudiant et il explique à Bertrand Henne qu’il est « essentiellement actif dans des mouvements sociaux et associatifs. Bien sûr, cela ne suffit pas forcément ». Pour lutter contre la division  de la gauche, le Front des gauches « regroupe 6 organisations de gauche ainsi que de nombreux militants syndicaux et politiques » et se présente aux élections.

Concernant le programme du Front des gauches que l’on peut consulter son site internet, Philippe Santini explique que « les discussions avaient déjà commencé avant qu’on sache qu’il y aurait des élections anticipées. Malgré tout, en un temps record, les 6 organisations sont parvenues à se mettre ensemble  et ont rédigé déjà une plateforme commune qui est déjà conséquente. Le programme plus complet va paraître dans les prochains jours ».

Philippe Santini déclare : « De nombreux licenciements sont faits par des entreprises qui font des bénéfices. Beaucoup de multinationales licencient pour accroître leurs bénéfices ». Donc le « stop aux licenciements » du Front est « un peu un mot d’ordre général », poursuit Philippe Santini, « maintenant on a aussi un certain nombre d’idées pour la réduction du chômage, par exemple la réduction du temps de travail ou la création d’emplois publics. On pourrait probablement penser à l’interdiction de licenciement pour les entreprises qui font des bénéfices, mais on n’a pas encore fini la discussion sur ce point ».  

Philippe Santini concède : « On ne va pas nier que nous sommes tous un petit peu des capitalistes mais l’essentiel des actions, des fonds de pension, des sicav est quand même détenu par des gens qui sont vraiment très riches et qui d’ailleurs souvent ne travaillent pas. C’est évidemment ces gens-là qu’on vise ». Pour redistribuer cette richesse, «tout d’abord  il faut lever le secret bancaire évidemment pour savoir qui possède quoi ; ensuite, l’impôt sur la fortune, la taxation des revenus des capitaux. Par exemple, les gens qui ont des actions en bourse, les dividendes sont taxés à 25 %, ce qui est nettement moins que les revenus du travail. Quand ils font des plus-values et qu’ils revendent leurs actions plus chères, là ils sont taxés à 0%. Donc il y a vraiment une injustice flagrante », explique-t-il.

Philippe Santini précise que, par rapport au PTB+, « on a des programmes assez similaires, mais on a des stratégies différentes. Nous avons clairement la stratégie de l’unité. Face à la crise sociale et écologique sans précédent,  les différentes associations se sont dit qu’il fallait vraiment faire quelque chose ensemble. Le PTB+ a fait le choix de rester tout seul. Par ailleurs, d’un point de vue écologique par exemple, nous avons des objecteurs de croissance, des éco-socialistes, etc. » Par rapport au PTB+, « il y a là clairement une différence de programme », conclut Philippe Santini.

A.L. avec B. Henne

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