La N-VA et le CD&V s’opposent lors du débat des présidents

Lundi 7 juin 2010

Le débat télévisé entre les présidents de tous les partis flamands n’a pas apporté grand chose de nouveau, mais a parfois fait des étincelles. Le débat entre la présidente du CD&V Marianne Thyssen et le président de la N-VA Bart De Wever fut à certains moments particulièrement houleux.

Ce ne fut pas une discussion en commun, mais plutôt un ensemble de petits débats. Van Besien (Groen!) et Filip Dewinter (Vlaams Belang) ont discuté d’énergie, et Dewinter et Jean-Marie Dedecker (LDD) ont débattu sur la Justice et la sécurité. 
 
Réforme de l’Etat
Le débat le plus violent fut celui entre Thyssen et De Wever à propos de la réforme de l’Etat. La présidente du CD&V répéta que pour l’électeur, il n’était pas clair si la N-VA était partisane d’une Flandre indépendante ou en faveur d’une confédération. Elle reprocha également à De Wever d’avoir décidé de sortir du gouvernement juste au moment de la crise bancaire de 2008.

Le président de la N-VA répliqua que son parti n’était pas pour la révolution, mais pour l’évolution, et renvoya à Thyssen qu’elle n’avait rien accompli au sein du gouvernement. La soi-disant bonne gestion de la crise n’a abouti qu’à une vente catastrophe de Fortis à la France, dixit De Wever. Il parla des “deux CD&V”, parce que le ministre-président Kris Peeters ne tient pas le même discours que le  CD&V au niveau fédéral.

Energie
Dans le débat sur l’énergie, Filip Dewinter de Vlaams Belang plaida pour plus d’énergie nucléaire, car d’après lui ce serait l’énergie la plus écologique et la moins chère. Il veut même construire une quatrième centrale. Wouter Van Besien (Groen!) rejette cette idée, car la longue radioactivité des déchets nucléaires coûte cher, tandis que les énergies renouvelables peuvent créer des emplois et promouvoir le progrès technologique.
Les prix élevés de l’électricité sont selon Groen la conséquence de la position de quasi-monopole de Suez Electrabel en Belgique. Dewinter veut des tarifs plafonds pour l’électricité et le gaz, comme en France, et défend l’idée d’une entreprise publique achetant et distribuant l’énergie.
 
Justice
Tout le monde était d’accord pour dire qu’il fallait réformer la Justice. Mais pas de consensus quant à la raison pour laquelle cette réforme a échoué. Les raisons du manque de confiance dans la politique furent aussi prétextes à des prises de bec.

Filip Dewinter (Vlaams Belang) veut injecter davantage d’argent dans la Justice, tandis que Jean-Marie Dedecker (Liste Dedecker) veut simplement utiliser l’argent de la justice de manière plus efficace. Les deux partis en revanche, s’agissant des étrangers criminels, plaident pour une sorte de police des immigrés qui encadrerait les gens lors de leur arrivée dans le pays. 

Retraites
Concernant les retraites, le sp.a souhaite d’abord augmenter les retraites les plus faibles et les retraites des gens qui travaillent plus longtemps. L’Open Vld veut mettre un terme aux préretraites et relever l’âge légal de la retraite de 59 à 63 ans, dit Alexander De Croo. Caroline Gennez est d’accord sur le principe : “La préretraite ne doit pas permettre de partir à la retraite, mais de continuer à travailler”.

Les partis ne sont pas d’accord sur la durée de travail nécessaire pour l’ouverture des droits à la retraite. Les socialistes disent 40 ans, les libéraux 45. Le sp.a pense surtout aux personnes qui occupent un emploi pénible, mais l’Open Vld ne voit pas pourquoi quelqu’un qui occupe un emploi pénible à 50 ans ne pourrait pas aller en exécuter un moins pénible.

Elargissement
Il est étonnant de voir que Caroline Gennez fut la seule à réclamer un impôt sur la fortune. Aussi bien le CD&V, l’Open Vld, le VB, la N-VA que la LDD sont contre, parce que cet impôt toucherait avant tout les classes moyennes, et ferait fuir les grandes fortunes.

Gennez trouve que les impôts sur les revenus du travail sont suffisamment lourds, et pense qu’il ne faut pas modifier les points d’indice. Thyssen veut pousser les partenaires sociaux à accepter une modération salariale. Il est plus important de créer des emplois que d’augmenter les salaires, dit-elle. S’attaquer aux réductions d’impôts, c’est possible, mais un impôt sur la fortune n’est pas une solution. 

Vandenbroucke 
En réponse à une question, Gennez fit aussi savoir que Frank Vandenbroucke pouvait participer aux négociations pour un gouvernement. “Chaque parti doit mettre en avant des gens responsables” voilà l’impression que cela donnait.

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