La Belgique survivra-t-elle à Bart De Wever ?

Mercredi 9 juin 2010

Les marchés financiers ne sont pas rassurés après la conférence de presse internationale de Bart De Wever. Hier la différence de taux d’intérêts entre la Belgique et l’Allemagne a atteint 107 points. C’est la différence la plus importante depuis des années, et bien qu’elle ne soit pas dramatique, nous devons quand même faire attention.

Sur une base annuelle, 1 % d’intérêt supplémentaire sur la dette signifie vite trois ou quatre milliards supplémentaires. Si la confiance avait été restaurée grâce à l’initiative de De Wever, le taux d’intérêt belge aurait du baisser en même temps que le taux allemand. L’écart plus important avec l’Allemagne signifie que les marchés ne croient pas Bart De Wever. Ils continuent de craindre une longue instabilité et même une dissolution de la Belgique, si Bart De Wever devient incontournable pour la formation d’un gouvernement.

C’est ainsi que cela a commencé aussi en Grèce, au Portugal et en Espagne, d’abord par un petit pour cent de hausse. L’évolution actuelle signifie que la Belgique est fragile en tant que pays à cause de sa forte dette publique et la conclusion doit être que certains spéculateurs attendent le moment adéquat pour spéculer à fond contre notre pays.

Faisons une comparaison avec les Pays-Bas : là-bas le gouvernement est tombé aussi, il y règne aussi une certaine forme d’instabilité, il y a des élections aujourd’hui, et pourtant le taux d’intérêt néerlandais ne bouge pas d’un iota. Personne n’estime les Pays-Bas en danger. En théorie, la Belgique est parfaitement capable de respecter ses engagements. Techniquement, il n’y a pas de grave problème financier, mais les attaques perpétuelles contre la Belgique en tant que pays ont une influence négative sur la manière dont elle est perçue à l’étranger.

Les marchés financiers sont très versatiles et souvent hypersensibles. Si la méfiance persiste, tout peut arriver. L’affaiblissement de la position de notre pays se voit aussi au fait que l’Allemagne et les Pays-Bas tentent, en coulisses, de nous écarter encore de l’OTAN. Même là-bas, l’instabilité politique est utilisée en coulisses comme argument supplémentaire. La Belgique ne peut continuer à supporter cela. Si la N-VA atteint un score record dimanche, le gouvernement sortant et les partis les plus importants devront immédiatement envoyer des messages rassurants. S’ils ne le font pas, les choses pourraient très mal tourner lundi.

Luc Van der Kelen

Le site de Het Laatste Nieuws

2 commentaires sur “La Belgique survivra-t-elle à Bart De Wever ?”

  1. cricri dit :

    Excellente analyse de Luc Van der Kelen, les marchés ne sont pas duppes comme ses légionnaires et ses centurions (puisque Bart se prend pour Jules César), centurions qui formaient d’ailleurs une haie d’honneur à son mariage.
    Cette analyse doit être une raison de plus pour voter pour ceux qui veulent la stabilité avant tout; ce qui entrainera indirectement le bien-être de notre portefeuille.

    • brandeleer dit :

      bravo pour votre reponse j’ai aussi vu et lui ne veux plus de notre roi mais il veux etre empereur de notre pays