Je dialogue avec toi, moi non plus

Dimanche 6 juin 2010

Représentants des partis politiques du nord et du sud avaient rendez-vous sur le plateau de la RTBF pour une ultime Mise au point avant les élections de dimanche 13 juin. La question qu’ils devaient aborder était toute simple : peut-on encore dialoguer entre Flamands et francophones en Belgique? Les réponses sont moins simples. Tout le monde veut bien se parler mais pas de la même chose…

La question est posée par un téléspectateur de Flobecq, une commune wallone à facilités pour les néerlandophones : « D’un côté les francophones veulent un élargissement de Bruxelles, voire un corridor vers la Wallonie, et par ailleurs, côté flamand, les plus modérés affirment qu’on ne touchera pas à la frontière linguistique établie en 1963, alors comment réconcilier les deux parties? »

Joëlle Milquet du cdH relève que les partis francophones parlent d’une voix pour demander l’élargissement de Bruxelles en rapatriant les communes à facilité dans la région de Bruxelles bilingue. « Il n’y a pas de honte pour les francophones à émettre des demandes » : elle souhaite pouvoir parler de l’élargissement de Bruxelles dans un cadre nuancé et estime que ce n’est pas excessif. Et surtout s’étonne que lorsque quand c’est elle qui le dit, on la « diabolise » alors qu’elle est une « fédératrice« …

Au FDF aussi, on estime que les  tensions ne viennent pas du côté francophone mais bien des déclarations de la N-VA. Olivier Maingain déclare que « la N-VA existe en Flandre parce que le CD&V l’a réanimée et parce que monsieur Leterme l’a amenée au score qu’elle a« .

Face à ces accusations, le représentant du CD&V doit se défendre. Un peu comme dans une émission judiciaire, estime Hugo Vandenberghe : « Je trouve qu’on doit trouver . Faire la différence entre l’essentiel et l’accessoire« . L’essentiel, c’est la réforme de l’Etat, dit-il, par le dialogue. « Il faut une autre mentalité politique, une autre atmosphère politique. »

Laurette Onkelinx, PS, vice-première ministre fédérale sortante veut dénoncer le double langage tenu par certains partis qui se nourrissent des querelles communautaires, une attaque contre les libéraux.

Côté libéral flamand, Guy Van Hengel juge aussi qu’Olivier Maingain et N-VA font du communautaire leur fonds de commerce, et pour lui, si dans les deux communautés, les autres politiques ne prennent pas leurs distances, « on n’en sortira jamais« .

Même son de cloche chez Ecolo, aux yeux de Georges Gilkinet, cette « musculation » est « pitoyable »et il rappelle par exemple que  »le président de Groen! a réaffirmé son opposition à la scission de la sécu ». Bref, entre Ecolo et Groen!, il y a un dialogue et un respect, même s’il y a des choses à améliorer.

Scinder BHV ou la sécu?

La scission dela sécurité sociale, voilà sans doute la pomme dediscorde ultime, y compris à l’intérieur desfamilles politiques. D’entrée de jeu, Johan Vande Lanotte (sp.a) met en garde : « Si on touche au principe de territorialité, si  on continue à bloquer la scission de BHV, on arrivera vite à la scission de la sécurité sociale. » 

Laurette Onkelinx pense que les réformes de structures peuvent bénéficier au citoyen : il faut donner plus de moyens pour renforcer les politiquessocio-économiques wallones maissans toucher à la sécu.

D’accord pour Johan Vande Lanotte, il faut garder la solidarité, elle est essentielle, mais là où les situations sont différentes dans le secteur de l’emploi, il faut régionaliser, cela augmentera la solidarité, affirme-t-il même. C’est dans la nuance, mais on sent que ces deux-là pourraient aussi ne pas avoir tout à fait la même vision des choses une fois les élections passées…

Pas de scuds communautaires

Joëlle Milquet rappelle que le cdH a dit oui à la discussion sur une réforme de l’état, une réforme sans toucher aux balises, comme la sécu, c’est la N-VA qui a dit non. Les francophones avaient dit oui sur un grand nombre de points.

Hugo Vandenberghe précise : le CD&V ne demande pas la scission dela sécurité sociale, la solidarité entre les personnes est dans notre programme mais une certaine régionalisation pour des points précis, par exemple dans la politique de l’emploi. Mais surtout, il ne veut pas de « scuds communautaires ». Il met en garde contre certains francophones qui semblent jouer les agents de Bart De Wever.

Oui, dit Joëlle Milquet, mais « si ces négociations avaient été mieux organisées, on aurait évacué le communautaire et on aurait pu s’occuper de l’emploi« . Le cdH ne veut pas qu’on touche à la sécu, mais on peut transférer descompétences (prise en charge des chômeurs, groupes cibles), mais pas lescotisations sociales ni le droit du travail ou la législation sur le chômage, avertit la présidente du cdH. C’est clair et Hugo Vandenberghe le dit : il y a tout de même des différences entre les points de vue du cdH et du CD&V.

Olivier Maingain est plus méfiant : pour le président du FDF, si on touche à la sécu, la voie sera ouverte vers le confédéralisme. 

Laurette Onkelinx prône aussi des solutions novatrices mais met en avant unerevendication essentielle : le refinancement de Bruxelles, ce queHugo Vandberghe est d’accord de négocier si on régle aussi les autres…

 

JFH

18 commentaires sur “Je dialogue avec toi, moi non plus”

  1. Bonney dit :

    Veuillez regarder ceci afin de mieux comprendre le succes de la N-VA
    http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/mediatheek/programmas/phara/2.11049/2.11050/1.798838

  2. Marre de cette intolérance primaire …

    A voir (des deux côtés de la frontière linguistique) avant d’aller voter …

    http://www.youtube.com/watch?v=J2vMj98Xf_Y

    Thierry

  3. Philippe dit :

    Refus du recensement linguistique par les bourgmestres flamands
    Dans les milieux flamingants, on n’accepta pas le recensement linguistique, en raison de ses
    conséquences sur la  » frontière linguistique  » et sur le statut des communes limitrophes à
    celles-ci.
    Ils parvinrent ainsi à faire postposer jusqu’à 1954 la publication des résultats du recensement
    de 1947.
    La loi du 2 juillet 1954 intégra, cependant, à l’agglomération de Bruxelles, les communes
    d’Evere, Ganshoren et Berchem-Ste-Agathe dans lesquelles la population, à concurrence de
    plus de 50% avait déclaré parler le plus fréquemment la langue française.
    Par ailleurs, dans quatre communes, c’est à dire à Wemmel, Linkebeek, Drogenbos et
    Crainhem où le recensement avait révélé l’existence d’une minorité francophone de plus de 30
    %, fut organisé, sur base des lois de 1932, un régime de bilinguisme externe, comprenant des
    facilités pour les francophones.
    Certaines communes comme Wezembeek, Dilbeek et Rhode-St-Genèse, n’obtinrent pas, de
    peu, ce régime.
    Le mécontentement des flamingants fut vif. Ils s’agitèrent pour empêcher que se tienne le
    recensement qui aurait dû avoir lieu en 1960 et parvinrent à le postposer.
    Une minorité de bourgmestres flamands (à peine un quart) se révoltèrent en refusant de
    distribuer les formulaires qui comprenaient des questions linguistiques. Finalement, la loi du
    24 juillet 1961 avalisa leur refus, en prescrivant de faire le recensement sans question relative à
    l’emploi des langues.
    De là, vient que certains osent prétendre aujourd’hui que tout recensement linguistique est
    interdit en Belgique ! Ce n’est pas vrai… La loi précitée n’a fait qu’interdire le recensement
    Histoire des discriminations linguistiques ou pour motifs linguistiques
    linguistique couplé au recensement général décennal organisé par l’I.N.S. mais aucune loi
    n’interdit des recensements d’un autre type ou dans un autre contexte…