« Nous allons devoir construire la Belgique de demain »

Lundi 14 juin 2010

C’est le lendemain de la veille pour les présidents de parti francophones. Invités dans Matin Première, ils partagent le même état d’esprit : ils attendent des signaux clairs de la part du nord du pays. Et s’ils croient encore en la Belgique, « les défis sont énormes », résume Jean-Michel Javaux.

Le mot de la fin accordé au co-président d’Ecolo, Jean-Michel Javaux, synthétise bien la pensée des invités du jour. Comme les autres, le représentant des Verts plaide pour une stratégie francophone « avec des balises communes sur ce qui est essentiel » et reconnaît que « les prochaines heures et prochains jours seront difficiles« .  « La Belgique a déjà changé hier soir« , dit-il,  »nous allons devoir construite la Belgique de demain, les défis sont énormes mais nous y croyons« . 

Le ministre-président, Charles Picqué (PS), venu en lieu et place d’Elio Di Rupo, était le premier à prendre la parole, les présidents de parti étant tous en retard (Didier Reynders n’est d’ailleurs jamais arrivé). S’il s’est dit « satisfait » des résultats du PS, il s’est également dit « inquiet » par les résultats en Flandre. Difficile de savoir vers où on va, dit-il, puisque tout dépend des positions qu’adoptera le nord du pays:  » Qui va parler avec qui ? Avec quelles exigences ? Comment les autres partis flamands vont se situer par rapport à la N-VA ? Vont-ils durcir le ton ou non ?« , voilà autant de questions que l’on se pose, explique Charles Picqué.

Même son de cloche chez Francis Delpérée (cdH), venu pallier temporairement l’absence de sa présidente. Le succès de Bart De Wever est « incontestable » et sa présence politique « indiscutable« , reconnaît-il. Il faut voir, à présent, comment ce nationaliste affiché va se positionner pour les futures négociations. Si comme ce dimanche, il se dit prêt à jeter des ponts, il y aura moyen de discuter, dit-il. Ce qui ne sera pas le cas s’il persiste à clamer qu’il veut une Flandre indépendante.  

Les francophones vont-ils devoir revoir leurs exigences à la baisse ?

« Il y a un certain nombre de lignes rouges qu’il ne faut pas dépasser« , explique Francis Delpérée. Mais la question est, avant tout, de savoir « si l’on continue à travailler dans un état fédéral« , dit-il. Le fait que Bart De Wever ait fait son premier discours devant le drapeau européen, « montre bien ses ambitions« , ajoute-t-il. « Il voudrait être la prochaine étoile sur le drapeau« .

De son côté, Jean-Michel Javaux temporise. Pour le co-président d’Ecolo, les 764 904 voix de Bart De Wever rappelle furieusement les 800 000 voix d’Yves Leterme. On a vu ce que cela a donné, dit-il. Le président de la N-VA « connaît la position francophone. Il doit savoir qu’il n’aura pas de Belgique confédérale car il nie Bruxelles. Mais il faut aussi éviter qu’on aille voter tous les 6 mois« , ajoute-t-il.

Arrivée dans le studio de Matin Première, Joëlle Milquet embraye : «  Bart De Wever doit maintenant comprendre qu’il doit devenir un acteur et plus un commentateur. Cela veut dire qu’il doit venir autour d’une table pour discuter et y rester. Je suppose que c’est ce qu’il fera. Il a donné hier quelques signaux, maintenant on verra« .

Une politique socio-économique ancrée à droite

Tous précisent également que la politique socio-économique de la N-VA est très ancrée à droite. Ce qui n’est pas vraiment en phase avec la politique des socialistes, victorieux au sud du pays. Une autre pierre d’achoppement en perspective…

C. Biourge

4 commentaires sur “« Nous allons devoir construire la Belgique de demain »”

  1. Tom_w777 dit :

    Il est hallucinant de voir que De Wever n’est que le produit du système, mis en place par l’oligarchie contemporaine (oligarchie :du grec oligos (peu nombreux) et arkhê (commandement) – est une forme de gouvernement par une classe dominante peu nombreuse qui s’est cooptée elle-même selon des critères mal définis. Sa légitimité n’est pas fondée sur celle des autres types de régime: ni d’être les meilleurs (aristocratie), ni les plus riches (ploutocratie), ni les plus populaires (démocratie), ni les plus compétents (technocratie), ni non plus le tirage au sort, la force ou l’hérédité, mais d’exercer un pouvoir de fait, en s’appuyant parfois sur un ou plusieurs des critères de légitimité qui caractérisent les autres régimes.)…

    Il tient avec des responsables de la KBC notamment (membres de son parti) et a bien réussi le coup de détourner l’attention de la campagne sur le communautaire pour cacher ce qu’il souhaite en réalité : l’avénement d’une europe où il n’y a plus que les régions.

    Au travers de cela, le plan et le concept mis en place est très simple : instaurer un empire (l’europe) ultra libéral. Et quand je dis cela, je pèse mes mots : en effet, Keynes, la référence pour les libéraux néo classiques dont de Wever semble faire parti, était l’auteur préféré de Shacht, le ministre de l’économie de Hitler…
    Dans sa préface, Keynes admettait lui-même que son système convient mieux à un état totalitaire, car cet état n’aura pas a s’embarasser des révoltes du peuple…

    Tout cela pour dire que la Belgique est le laboratoire pour une europe impériale dominée par une oligarchie dans laquelle le citoyen n’a pas sa place :
    - si vous ne vous êtes jamais étonné du fait que les présidents européens n’étaient pas élus par le peuple mais par cooptation, il est temps de le faire
    - peut-être une piste est la réflexion de monsieur Barroso sur le sujet : « je veux un empire européen non impérial… »

    Ca n’est donc pas vraiment la peine de faire de beaux discours sur la révision des demandes belges à la baisse… il y aura imposition par la force, c’est ce qui semble le plus logique…

    En parallèle à tout cela, et on n’en parle bien entendu nullement, panique dans les banques : elles remboursent a grand coup de pelle des dizaines de milliards chaque jour car on arrive à la date d’échéance du remboursement des prêts fait il y a deux ans….et les banques n’ont pas de quoi rembourser bien sûr.

    ce dont je parle bien sûr, c’est une analyse partagée par des analystes qui eux, dès 2007 voir avant pour certains avaient déjà prévenu quant à la crise en place et qui va ne faire qu’empirer…
    Le comble de l’ironie est qu’on fait croire qu’il y a des médecins pour soigner le malade alors que ces médecins sont les mêmes qui ont causé la maladie.

    J’oubliais : le but d’une oligarchie est bien sûr le controle et le pouvoir.
    Il n’y a pas de place la-dedans pour la démocratie, comme nous l’a déjà démontré la construction complètement biaisée de l’Europe, dans laquelle on efface tout identité nationale, car un état-nation souverain et fort, c’est bien ce qui pourrait le plus leur faire peur !

    rien d’étonnant donc que les politiciens pro oligarchie (on le voit bien avec la réaction d’Onkelinx…) soit si mielleux a faire les yeux doux à De Wever

  2. HANSOTTE dit :

    Les Wallons dont je fais partie paye pour l’insolence que nos parents avaient envers les Flamands à l’époque glorieuse. Nous devons faire notre méa-culpa et si la Belgique d’aujourd’hui est finie alors je propose le rattachement de notre Wallonie à la FLANDRE – avec suppression immédiate des frontières linguistiques et trilinguisme généralise sur l’ensemble du Pays. Je préfère le Jambon d’Ardenne sous contrôle Anversois que ceux de Charleville-Mézière. Enfin, je demande à Bart de Wever d’annoncer doucement à Dardenne que la Grimbergen est Flamande et que la Stella vient de Leuven. Petite pensée pour Di Roupo, la Wallonie est victime du chômage et non pas des flamands. C’est des usines qu’il faut chez nous en Wallonie.

    • André GHISLAIN dit :

      Et si les Wallons envisageaient ce séparatisme positivement en arrêtant de se dévaloriser, en prenant confiance de leurs propres forces? Ce serait l’occasion pour la Belgique d’initier la future Europe fédérale des Régions telle qu’elle devrait apparaître dans un moyen avenir! Dans cette optique la notion de pays (et de Belgique) perd de son importance. Et puis, n’oublions pas que ce séparatisme, ce sont les socialistes wallons, avec M. Collard, qui l’ont initié juste après 1945!

    • thierry spiette dit :

      ??? dans quel film je devrais payer pour ce que mes parents ou grands parents ont pu faire? Vous estimez sans doutes que l’allemand de 20 ans doit s’excuser pour la 2eme guerre mondiale? Pourquoi pas l’italien pour les invasions romaines!
      Je ne suis pas Wallon, encore moins flamand, je suis belge et francophone n’en déplaise au nord comme au sud!