Elio Di Rupo a vu le Roi et suit sa mission « titanesque »

Samedi 31 juillet 2010

Le préformateur a quitté le château de Laeken au terme d’un entretien de près de deux heures avec le souverain. Un entretien au cours duquel il lui a fait rapport sur sa mission de préformation. Le terrain ne semble pas suffisamment déblayé pour lui permettre d’entrer dans une phase de formation.

« Le Roi a reçu en audience cet après-midi au Château de Laeken Monsieur Elio Di Rupo, Pré-formateur, qui lui a fait un second rapport intermédiaire sur l’évolution de sa mission. Le Roi lui a demandé d’approfondir les aspects institutionnels et de poursuivre sa mission« , dit le communiqué du Palais, transmis à l’issue de l’entretien.

Après plusieurs journées de négociations qui ont rassemblé des représentants de sept partis, dans le plus grand secret, il n’a pas été possible de dégager un accord suffisant pour permettre à Elio Di Rupo d’endosser les habits de formateur qui lui semblent promis.

C’est donc un deuxième rapport intermédiaire que le préformateur a présenté au souverain. Et il lui a suggéré de lui demander de continuer son travail sans doute pour deux nouvelles semaines: pour avancer sur l’institutionnel et la réforme de l’Etat, d’une part; mais aussi pour permettre à qui le souhaite de prendre quelques jours de vacances. Avec l’espoir que les esprits reposés seront davantage en mesure de faire preuve de créativité.

« Mieux se connaître« 

Après avoir fait rapport au Roi, Elio Di Rupo s’est adressé à la presse, en lisant tout d’abord, non sans effort, son texte en néerlandais. Il a expliqué sa méthode de travail en deux phases, socio-économique et institutionnelle. Il a aussi oeuvré pour que les sept partis se parlent pour « élargir les éléments de convergence » et « mieux se connaître« .

Cette phase de « choc des idées » a duré 20 jours, dit-il. Il reconnaît qu’il reste des problèmes non résolus : « Nous sommes devant une des situations les plus difficiles de l’histoire du pays« .

Optimisme

Le préformateur résume ainsi sa tâche « titanesque«  : « concilier l’inconciliable’, rapprocher deux réalités différentes entre francophones et Flamands. Il relève que des propositions concrètes ont été formulées par les deux parties, concernant l’emploi, BHV, la région de Bruxelles, l’emploi, la fiscalité, la mobilité, l’énergie, les télécoms, la recherche scientifique ou encore le Sénat.

Il précise qu’il existe des « éléments d’un accord » mais revient avec l’antienne « Tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien« .

Une grande réforme

Il estime que vu les résultats électoraux en Flandre, le centre de gravité en Belgique se déplace vers les entités fédérées. Elio Di Rupo a annoncé que les partis francophones autour de la table acceptent « une grande réforme« . Il souhaite que cela doit se faire en stabilisant le pays. Il ajoute que la Belgique doit rester une valeur ajoutée pour tous, francophones, Flamands, Bruxellois et germanophones.

Il a terminé en annonçant qu’après avoir beaucoup travaillé pendant six ou sept semaines, les négociateurs s’accordaient une semaine de vacances (« une semaine familiale« , pendant laquelle les négociations se poursuivront grâce à l’informatique. Les séances de travail reprendront le 8 août.

Elio Di Rupo a encore précisé qu’il ne se mettait pas de « deadline« , car il n’aime pas ça.

Réaction de Didier Reynders

« Je n’ai pas appris grand chose et j’ai été frappé que dans sa communication le préformateur n’a quasiment rien dit sur le volet socio-économique. De plus, nous ne comprenons toujours pas pourquoi, alors qu’on parle d’une importante réforme de l’Etat et de l’avenir de Bruxelles, trois partis francophones ont décidé d’exclure la première formation à Bruxelles et la deuxième à l’échelle de la Communauté française« , a dit le président du MR Didier Reynders en réaction à la communication d’Elio Di Rupo, rapporte Belga.

 

JFH et T.N.

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