Comment ça, des élections chaotiques ?

Vendredi 11 juin 2010

Bruxelles - Les actions contre les ‘élections illégales’ du 13 juin n’ont que peu d’effets.

(Article paru dans De Standaard du vendredi 11 juin 2010)

Wim Winckelmans

 Comment ça ? La préparation des élections « illégales » du 13 juin serait quand même une pagaille ? Toute action administrative serait contestée devant le Conseil d’État, les bureaux de vote ne trouveraient pas de personnel, les maires refuseraient de coopérer.

 Il semble que cette image apocalyptique ne corresponde pas du tout à la réalité. Depuis que le gouverneur du Brabant flamand, Lode De Witte, a pris l’organisation des élections des mains d’un groupe de bourgmestres de la périphérie bruxelloise qui refusaient de jouer leur rôle, la protestation s’est complètement évanouie. Dimanche, dans les urnes, rien ne laissera soupçonner que quelque chose cloche au niveau légal dans ces élections, même dans la circonscription Bruxelles-Hal-Vilvorde.

  »D’après mes estimations, les élections en BHV se dérouleront normalement et correctement » , dit le gouverneur De Witte.  « Toutes les décisions qui doivent être prises pour l’organisation pratique de dimanche, le sont dans le respect de la loi électorale » .

 Le Vlaams Belang a bien tenté de faire casser la décision royale qui régit l’organisation pratique des élections auprès du Conseil d’Etat, mais le parti a échoué. Les plaintes des citoyens individuels aussi ont été déboutées.

 De même l’action d’un certain nombre d’organisations de sensibilité flamande de la Périphérie bruxelloise, qui appellent les présidents de bureau et les assesseurs à refuser de remplir leur devoir citoyen, reste sans beaucoup de suites. 2291 flamands se sont rangés derrière cette action, 272 ont d’ailleurs effectivement refusé d’assurer la présidence d’un bureau de vote, mais cela ne veut pas encore dire qu’il existe un problème.

D’après le ministère de l’Intérieur, la recherche du personnel nécessaire pour les bureaux de vote dimanche est quasi terminée, et avec succès. On a même trouvé – avec certes quelque difficulté – suffisamment de monde pour la circonscription Bruxelles-Hal-Vilvorde. Hier, l’action de quelques assesseurs a quand même causé quelque agitation à Lennik. Ils menacent d’inscrire chaque vote pour un parti francophone sur la liste de la N-VA.

« Je m’attendais à une réaction plus importante » , admet le maire de Gooik Michel Doomst (CD&V),  « mais nous avons envoyé le message que nous devions envoyer. Aller plus loin serait destructeur. Ce n’est pas ce que nous voulons, et ce serait aussi mal perçu par le citoyen » . Cela ne signifie pas encore que la lutte contre les élections ‘illégales’ est finie. À Hal, la mairie appelle à retourner les documents électoraux francophones à l’envoyeur. À Gooik, le mécontentement gronde depuis que les habitants ont reçu hier dans leur boîte aux lettres un dépliant du président des FDF Olivier Maingain.

Après les élections, il sera toujours possible d’entamer une action en justice pour les faire invalider. La question est de savoir quelle différence cela ferait encore si les députés tout juste élus valident le verdict des urnes lors de leur première réunion post-électorale. En Belgique, c’est le parlement lui-même, et non un quelconque organe indépendant, qui décide si les élections se sont déroulées légalement. On peut deviner le résultat.

Un commentaire sur “Comment ça, des élections chaotiques ?”

  1. danielle drossens dit :

    le fait de voter pour des partis séparatistes fait de 43 % des Flamands des séparatistes : il faut arrêter de jouer avec les mots ou de trouver des excuses à ces votes – le fameux « ras-le-bol » Les citoyens savent ce qu’ils font ou alors la démocratie n’a plus aucun sens