Mijn Oriënt / Mon Orient: Vlaamse Opera, saison 2010-2011

Vendredi 30 avril 2010

Shirin Neshat, Iam Its Secret (1993) photo by Plauto

Shirin Neshat, Iam Its Secret (1993) photo by Plauto

Le nouveau directeur de l’Opéra des Flandres, Avie Cahn, aime les saisons thématiques. Après une saison sur l’utopie et une deuxième sur les marges de la société, il appelle sa troisième saison: «Mijn Oriënt» (Mon Orient).

Pour Avie Cahn, (lire ci-dessous l’interview) chacun a en soi «son» Orient, qui, pour lui, commence à Anvers, Gand ou Bruxelles. L’Orient peut être très proche ou très lointain. En opéra, on a tendance à croire que a représentation de l’Orient commence au XIXè siècle avec des œuvres hyper médiatisées, comme Aïda de Verdi ou Sémiramide de Rossini. Un Orient «exotique» qui est né avec les conquêtes coloniales. Mais la tradition orientale est très précoce en Occident et pas seulement à l’opéra. Que l’on songe aux Lettres Persanes de Montesquieu, au Zadig de Voltaire, aux turqueries de Molière et Mozart. La peur des Turcs même rétrospective (la bataille décisive de Vienne date de 1683) est encore présente lorsque Mozart  compose  Entführung aus dem Serail, un siècle plus tard. Le metteur en scène Eike Grams réfléchit au présent où la crainte du monde musulman est toujours sensible, sous la forme d’El Quaida. Mais Grams songera aussi à la mondialisation en introduisant, dans les récitatifs  les langages multiples de notre tour de Babel

Andrej Babenko

Andrej Babenko

La saison 2010-2011 commencera par une œuvre contemporaine, «L’Amour de loin» du Finlandais Kaija Saariaho, sur un livret français d’Amin Maalouf, auteur des «identités meurtrières».Mais l’histoire se passera au Moyen Age, à la Cour de la célèbre Eléonore d’Acquitaine.

Inspiration française aussi avec une œuvre peu jouée, Hérodiade de Massenet, où la recherche et l’affrontement religieux sont centraux. On y retrouvera le jeune chef Dimitri Jurowski, nouveau directeur musical du Vlaamse Opera, remarqué les deux dernières saisons dans le répertoire russe (Mazeppa et Onéguine de Tchaïkovski).  On retrouve Jurowski dans une Aïda qui n’aura rien à voir avec le doux Zeffirelli. A la mise en scène le Russe Peter Konwitchny, qui s’est illustré par un Don Carlo peu conventionnel.

Aviel Cahn (c) Kristof Vrancken

Aviel Cahn (c) Kristof Vrancken

Avec Sémiramide de Rossini on joue les valeurs sûres avec le spécialiste italien Alberto Zedda  et le metteur en scène anglais Nigel Lowery, auteur, l’an dernier d’un Candide, de Bernstein, festif à souhait. Avec un détour par l’Orient Renaissance de Monteverdi et son Ritorno d’Ulysse in Patria, mis en scène par Michael Hampe, un habitué de Festival de Salzbourg.

Avie Cahn avoue ne pas chercher à tout prix des productions «révolutionnaires» sur scène mais il ne conçoit pas un opéra qui ne nous parle pas aussi de notre époque

Interview Aviel Cahn Saison 2010-2011

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Renseignements sur la saison : www.vlaamseopera.be

Christian Jade

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