« L’ombre » portée de la tyrannie d’Evgueni Schwarz.

Mardi 27 avril 2010

(c) Ph. Grimont

L'ombre de E. Schwarz (c) Ph. Grimont

Du Russe dissident Evgueni Schwarz, on connaît Le Dragon, dans une mise en scène transcendante, de la compagnie Arsenic; meilleur spectacle aux Prix de la Critique 2002. Ou encore Le Roi nu, présenté au Théâtre National dans une mise en scène spectaculaire de Laurent Pelly (2004). Laurent Pelly qui s’attaque en ce moment au Don Quichotte de Massenet à La Monnaie, pour les adieux de José Van Dam.

Critique:***
Deux grandes pointures donc dans notre mémoire mais la jeune actrice et metteuse en scène Jasmina Doueib suit une belle et exigente logique.Elle nous à proposé, au petit théâtre ZUT un très beau Maeterlinck, puis, au Varia,Littoral de Wajdi Mouawad et l’an dernier Le cercle de craie causasien, à l’Atelier 210: l’usage des
marionnetees de Natacha Bellova donnait du mystère et du dynamisme à la fable de Brecht.
Manifestement la matière épique et le conte poético-politique sont sa matière de prédilection.

B. Verhaert et V. Lecuyer (c) Ph. Grimont

B. Verhaert et V. Lecuyer (c) Ph. Grimont

« Rebelote » donc avec L’ombre d’E. Schwarz, qui part, comme Le Roi Nu d’un conte d’Andersen pour décrire le régime stalinien. On y découvre un sympathique savant qui tombe amoureux d’une princesse et se fait rouler dans la farine par son «ombre», un ami d’enfance ou la partie sombre de lui-même.Il perd donc et l’amour et le pouvoir, deux des moteurs de l’action humaine. Sous la romance, la satire du pouvoir, la caricature, parfois un peu nforcée de ministres sinistres et corrompus.

J. Douieb (c) Ph. Grimont

Une belle scénographie de Xavier Rijs multiplie les « ombres » des personnages par des miroirs qui nous font vivre à l’infini ce cauchemar du dédoublement de la personnalité et de la comédie grinçante dunpouvoir. Yasmina Douieb réussit une mise en scène intelligente et efficace où le dynamisme de ses acteurs trouve sa
place dans un espace bien pensé.
Il faudrait citer tous les acteurs avec, en tête les fougueux ôles principaux, Benoît Verhaert, l’ombre maléfique, et Vincent Lécuyer, le savant naïf. Du grand théâtre populaire de qualité.

L’ombre, d’E. Schwarz, au Théâtre de Namur jusqu’au 30 avril, puis
au Théâtre le Public du 5 mai au 26 juin.

Info:
www.theatredenamur.be
www.lepublic.be

Interview de Jasmina Douieb, metteuse en scène et actice

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Christian Jade

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