Stuart Staples de Tindersticks : C’est difficile d’écrire de bonnes chansons !

Lundi 20 février 2012

Neuvième album, déjà, en 20 ans d’existence, pour les Tindersticks, groupe britannique à géométrie variable, dont le talent ne s’est jamais démenti. Fidèles à leurs bonnes habitudes ils nous offrent avec The something rain un disque envoûtant qui rend au saxophone ses lettres de noblesses et nous emporte loin. Un disque qu’ils présenteront à Bruges le 6 mars prochain.

Tindersticks © Christophe Agou

Tindersticks © Christophe Agou

Les Tindersticks sont très discrets mais paradoxalement, on a toujours l’impression qu’ils ne sont jamais bien loin. Toujours en mouvement et prêts à proposer de nouvelles aventures à leurs fans. Dernière illustration en date cette tournée autour des bandes originales des films de Claire Denis dont nous vous parlions en juin.

Tindersticks © Christophe Agou

Tindersticks © Christophe Agou

Avant de parler du nouvel album, nous sommes revenu sur cette expérience avec Stuart Staple le chanteur dont la voix ensorcèle : « C’était un show un peu contre nature. En général, sur scène, on fait ce qu’on veut, on s’échappe, on improvise. Ici c’était tout l’inverse, tout était extrêmement précis sans possibilité de déborder. Cette tournée était un vrai défi pour nous. Ce n’était pas gagné d’avance, un vrai challenge. On a réussi quelque chose qui nous a rapproché. On a grandi. Cela nous a permis de voir de quoi on était capable. La composition du groupe a souvent changé mais ce projet a renforcé nos liens. Du coup, j’ai l’impression que ce nouveau disque est le résultat d’un véritable travail à 5. Et en dehors de cela, nous avons la grande chance d’appartenir à une vrai famille de musiciens. Si on a besoin d’un instrument supplémentaire, on sait directement qui on peut appeler. C’est un sentiment très agréable ! »

La satisfaction de la liberté

A l’écoute de ce nouveau disque, on imagine sans peine cet état de connivence entre chaque membre du groupe. Stuart, d’ailleurs, ne cache pas sa satisfaction à l’heure de lâcher ce nouveau bébé dans les oreilles du public. « Ce n’est pas compliqué d’écrire des chansons mais c’est difficile d’écrire de bonnes chansons, des chansons qui expriment précisément ce qu’on ressent. On en est à notre 9e album et c’est peut-être la première fois que j’ai l’impression de toucher enfin cet objectif du doigt. »

Tindersticks © Christophe Agou

Tindersticks © Christophe Agou

The something rain est un disque qui se permet beaucoup de liberté et qui évite, tant que faire se peut, les carcans de l’écriture comme l’illustre la plage d’ouverture: « Avec Chocolate, on a voulu dérouter l’auditeur dès le départ. Ce morceau est une invitation . La récitation est tellement peu habituelle qu’elle peut représenter un risque de perdre certains auditeurs. Mais à la fin de l’enregistrement c’est devenu une évidence que l’on devait démarrer l’album de cette façon. Et la voix de David est vraiment envoûtante sur ce titre ! »

Un saxo qui sublime le voyage…

En 20 ans de carrière, Stuart nous confirme que Tindersticks n’a pas changé son mode de fonctionnement pour faire émerger de nouvelles chansons mais que le processus prend parfois plus de temps: « La création de l’album est partie de pas grand chose, une petite mélodie ou quelques idées et les chansons se construisent petit à petit. On a mis longtemps à construire le son que l’on voulait. Il y a ce son de guitare qui semble apparaître tout au long de l’album.

Tindersticks © Christophe Agou

Tindersticks © Christophe Agou

Et puis, l’importance inhabituelle du saxophone que l’on a mis en avant sur ce disque-ci. C’est le résultat de notre envie du moment, de la rencontre avec Terry Edwards un musicien fabuleux. On le connaissait depuis longtemps mais il a pu naturellement prendre un rôle plus important sur ce disque. Je suis ravi de pouvoir redonner des couleurs au saxophone qui a trop souvent trop mauvaise réputation hors de la scène purement jazz. Mon timbre de voix contribue sans doute à cette belle alchimie qui pousse à l’évasion. »

Au final, The something rain, est un disque totalement réussi, un disque planant, prenant, réconfortant. Les touches d’électro viennent valoriser le contraste entre la voix unique de Stuart Staple et les envolées du saxo de Terry Edwards au cœur de neuf titres aux formats éclatés qui se laissent déguster en toute décontraction. Assurément, l’un des meilleurs du groupe à ce jour. À découvrir à Bruges en attendant une date à Bruxelles plus tard dans l’année.

François Colinet

En Concert le 6 mars au Concertgebouw de Bruges


Tindersticks « The something rain » (V2)

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