Sarah Carlier, un beau rêve à partager

Vendredi 14 octobre 2011

Vous avez peut-être aperçu sa jolie frimousse sur une affiche ou entendu son très beau single « Backstage » sur les ondes . Sarah Carlier, 21 ans à peine, sort « For those who believe » un premier album très réussi. Entre folk et soul, sa voix chaleureuse séduit d’emblée. On a complètement craqué. Elle sera dans l’émission D6bels on stage spéciale Maurane ce jeudi 17 novembre sur la deux à 22h45 avec entre autre Maurane et Jali!

Son parcours ressemble à un rêve éveillé et montre l’importance du net et des sites participatifs dans la découvertes de nouveaux talents. Rencontre avec une jeune femme pleine d’envie qui, il n’y a pas si longtemps, chantait du Ray Lamontagne dans sa chambre, excellent choix !

François Colinet : Comment l’aventure a commencé pour vous ?

Sarah Carlier : J’ai eu ma première guitare à 16 ans. Je jouais des reprises et j’en postais certaines sur le net. Progressivement, je me suis mise à composer mes premières chansons juste pour m’amuser. Puis un jour, en regardant la TV, je vois un reportage sur le site participatif AKA Music. J’ai trouvé le principe sympa, rigolo mais je n’ai jamais pensé que, un an plus tard, j’aurais réalisé mon premier disque grâce à l’investissement de plus de 500 personnes qui visiblement trouvent que ma musique est assez chouette pour miser de l’argent dessus ! Les réactions positives m’ont encouragée à poster une deuxième chanson, puis une troisième…

Les gens peuvent investir ce qu’ils veulent à partir de 5€. Je trouve extraordinaire d’avoir été produite par des anonymes, amateurs de musique. Cela peut être vous, votre voisin ou le mien. Ce concept est magnifique. Maintenant c’est à double tranchant. AKA Music est un exemple de la mutation dans la consommation de musique. Sortir un disque physique est un gros pari mais je pense que l’objet CD a encore un avenir.

Vu la crise du secteur, on suppose que cet argent était primordial pour réaliser l’album ?

Sarah Carlier : Oui. Moi, je n’aurais évidemment pas pu investir dans la réalisation d’un disque. Les 50.000 euros récoltés ont surtout permis de faire évoluer mon projet, qui au départ n’était que des chansons en version guitare / voix. Plus que l’argent proprement dit, le fait d’être produit par la structure AKA Music permet de recevoir tout un encadrement professionnel et d’ouvrir des portes au niveau artistique. J’ai travaillé depuis le début avec un musicien qui s’appelle Pierre Jacquemain et grâce à lui j’ai rencontre Franck Bayat qui, lui-même, m’a présenté d’autres gens. C’est comme si tout ça s’était construit un étage après l’autre. L’équipe de AKA m’a aussi permis de rencontrer Patrick Dubucq, un tourneur véritablement passionné qui va me permettre de faire plusieurs dates dans de très chouettes endroit. Comme le Botanique, par exemple.

A quel point cette aventure vient-elle chambouler vos plans ? Aviez-vous déjà de l’expérience comme chanteuse ?

Sarah Carlier : Toute cette histoire est inattendue évidemment. Je n’ai que 21 ans. J’ai terminé mes secondaires puis me suis inscrite en Anthropologie à l’ULB. Mais comme ce projet musical prenait de l’ampleur je n’ai pas été au bout de mon année. J’avais déjà joué sur quelques scènes ouvertes mais jamais entourée de musiciens. J’ai fait mes premières vraies dates aux Fêtes de Wallonie en septembre dernier. La première date, j’étais hyper stressée mais le deuxième jour ça allait déjà beaucoup mieux. En fait, quand je monte sur scène, il faut que j’attrape le micro le plus vite possible pour me sentir à l’aise.

J’aimerais évidemment en vivre même si je sais que c’est très aléatoire. L’album n’est sorti qu’il y a 10 jours, donc c’est un peu tôt pour sentir les choses. Mais je suis contente que cet album sorte enfin. Je vais maintenant m’appliquer à le partager sur scène avec mes trois complices musiciens.

Ayo, Irma, Asa… Plusieurs chanteuses rencontrent du succès dans votre registre « soul acoustique ». Avantage ou inconvénient ?

Sarah Carlier : Cela ne me fait pas peur en tout cas. C’est une émulation positive et cela montre la demande du public pour ce style de musique. J’adore Asa mais nos univers ne sont pas si proches. Même si je suis d’origine africaine, je n’ai pas le même vécu ni la même culture. Je suis né à Bruxelles et ma langue maternelle c’est le français, même si je chante en anglais parce que quand je compose les choses viennent plus naturellement en « anglais yaourt » qu’en français. Chez ma maman on écoutait de la musique de tous les coins d’Afrique. Cela influence donc sûrement ma façon de chanter et  d’arranger mes morceaux. Mais malheureusement je ne parle pas de langue africaine.

Avec Irma, on a plus de similitudes puisqu’elle aussi a été produite par les internautes via My Major Company en France. L’environnement est donc favorable mais je devrai poser ma personnalité, mon originalité, mon univers et surtout ne pas croire que ce sera facile de durer.

Le premier single « Backstage » parle de la place importante qu’il faut donner à ses rêves. Si vous pouviez faire un duo avec un artiste, vous choisisseriez qui ?

Sarah Carlier : Sans hésiter Ray Lamontagne, un très grand songwritter américain trop peu connu ici. Sa chanson Winter birds fait partie des premières covers que j’ai postées sur le Net. L’émotion de cette chanson me donne la chair de poule et je rêverais vraiment de pouvoir l’interpréter avec lui !

Entretien : François Colinet

Sarah Carlier « For those who believe » (AKA Music)

D6bels on stage spéciale Maurane ce jeudi 17 novembre sur la deux à 22h45 avec entre autre Sarah Carlier, et Jali!

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