Les trois CD du concours Reine Elisabeth sont disponibles chez votre disquaire habituel à partir du samedi 5. Nous avons pu les entendre en primeur. Bonheurs et déceptions.
La première impression, avant d’entendre ces trois CD et un 4è de « bonus » vient de la lecture de la table des matières. Le concours semble ne pas avoir été remporté par le Russe Denis Kozhukin mais par le Bulgare Evgueni Bozhanov et le Russe Yuri Favorin (par ailleurs magnifiques musiciens, que j’adore). Mais, de la superbe prestation au Conservatoire de Denis Khozukin, avec la plus belle version de la 31è sonate de Beethoven et les 12 études symphoniques de Robert Schuman, jouées par un musicien et pas par un virtuose , rien! Quelle déception!Les éditeurs du coffret ont simplement « sauvé » du récital de Kozhukhin une Tarantelle de Liszt, son petit morceau brillant, sorte de « bis » de fin de concert… et son superbe concerto imposé de finale. L ‘absence du récital de Kozhukin nous rappelle » l’oubli », il y a 4 ans de la géniale sonate pathétique de Beethoven de Plamena Mangova, qui nous avait tous bouleversés, sauf les sélectionneurs.
Ce mouvement d’humeur exprimé, rendons justice au reste de cette sélection: le 2è concerto de Rachmaninov joué en finales par Bozhanov n’est pas présent mais c’est un bonheur de retrouver l’artiste bulgare dans l’imposé (finales) de JEON Minje, dont il a incontestablement donné la meilleure version et en bonus dans la 18 è sonate de Beethoven(en finales). La suppression du Rachmaninov au profit des deux autres oeuvres des finales, ok. Si vous ajoutez le 17è concerto de Mozart, un des bonheurs des demi-finales et la troisième sonate de Chopin, le voilà un peu surreprésenté, (4 oeuvres) mais il est incontestablement séduisant.
On est heureux de retrouver , bien représenté, Youri Favorin, même si son Liszt des demi-finales (Ouverture du Tannhauser de Wagner ) est un tout grand moment dans nos oreilles, plus brillant que son concerto de finales ici présent. Mais on peut comprendre: presque tout le reste de sa sublime demi- finale est présent avec l’imposé de J.L Fafchamps et une sonate de Schubert.
Bonheur aussi de rerouver Hannes Minnar non seulement dans son conceto de finales (le surprenant 5è de Saint Saëns) mais aussi dans ses cristallins Miroirs de Debussy, un grand moment des demi-finales, »sauvés » dans les bonus des CD.
Enfin les deux artistes coréens sont présents par leur Mozart de demi-finales, la 13 è sonate pour KIM Tae Jung, le 20è concerto pour KIM Da Sol.
Mozart surreprésenté, musique contemporaine, hormis les imposés, sous-représentée, alors qu’on aurait aimé réentendre la superbe sonate BB88 de Bartok par Japonais Takashi Sato (en demi-finales): il n’aurait pas volé un petit prix symbolique de consolation, ce fougueux concurrent, qui n’est pas lauréat.
Toutes ces restrictions(qui aime bien châtie bien) ne m’empêchent pas de recommander chaudement ces quatre CD. Tout journaliste sait qu’il faut parfois faire des choix déchirants et que la logique économique oblige à 4 CD pas à 5!
Dommage: les morceaux non sélectionnés restent dans nos fragiles mémoires.
Christian Jade



































