Très gros succès ce mercredi pour la prestation de Sam Beam, le génial baba cool texan qui nous enchante depuis plusieurs années déjà. D’abord confidentielle, sa popularité s’étend au point de remplir la grande salle de l’Ancienne Belgique. De plus en plus de gens sont séduits par son univers planant, sa voix magique et sa musique multiforme, tout simplement géniales. Son nouveau disque « Kiss each other clean » est à découvrir sans tarder!
Un électrochoc émotionnel
C’est pour nous un grand bonheur de vous partager notre admiration absolue pour l’œuvreistique de ce farfelu dont la barbe et l’allure font parfois penser à Jeff Bridges jouant le « Dude » dans The Big Lebowski, le film culte des frères Cohen.
Sa musique et sa voix nous ont percuté dès la première écoute. Ce genre de moment unique où on stoppe la conversation pour demander « et attends, qui chante là? » C’était en 2005. Depuis, on ne peut s’en passer. Sa voix sensationnelle, oscillant entre tendresse et inquiétude, et l’atmosphère apaisante de ses mélodies nous servent de refuge comme le ferait un endroit dont on a apprivoisé tous les recoins
Ce nom de code un peu bizarre sert de pseudonyme à un musicien, auteur compositeur interprète de génie, ancien professeur de cinéma dans son Texas natal. Il nous expliquait alors que nous le rencontrions dans le cadre de sa précédente tournée, être un jour entré dans une pharmacie et avoir aperçu un flacon avec l’inscription « Beef, iron and wine » (Boeuf, fer et vin NDLR). Son nom de scène ne le quittera plus…
Une musique en perpétuel mouvement
Iron and Wine débarque au début des années 2000 avec un folk très épuré, classique mais déjà terriblement séduisant par ses ambiances douces et apaisantes, ses mélodies directement mémorisées. Guitare et banjo servent alors d’écrin à cette voix dont le grain n’est pas tout à fait clair et l’accent absolument charmant. En 2004 sort Our endless numbered days que nous considérons comme son « disque parfait ». des arrangements plus riches et des textes qui confirment son goût pour les thèmes obscurs. Chaque morceau sur ce disque semble être touché par la grâce et transpire les épices du sud de l’Amérique comme par exemple le fabuleux Sodom south Georgia.
Le succès est au rendez-vous dans son pays natal mais il faudra attendre 2007 pour que l’Europe suive grâce à la sortie de son album suivant « The shepard’s dog » qui propose des morceaux orchestrés de façon beaucoup plus ambitieuses. Le single « Boy with a coin » lui ouvre les portes et le coeur des fans européens. Début janvier est sorti Kiss each other clean son dernier bébé, encore plus multi- facettes. L’apport de cuivres permet notamment d’en faire un album de toute beauté à mettre entre toutes les oreilles curieuses.Il est comme ça Sam. Il évolue, il explore, il défriche toutes les combinaisons sonores possibles, il joue avec les sons, les textures, les harmonies et c’est pour ça qu’on l’aime tant!
Un concert en forme de communion
Quelle joie de voir la foule qui a rallié l’AB ce mercredi soir. Il s’étonne lui-même de jouer devant autant de monde et s’extasie devant la beauté de cette salle bondée. On s’attendait à un grand moment, on n’a pas été déçu. Accompagné de 7 puis 8 musiciens ou choristes, Sam va prendre son pied avec son groupe pendant plus d’1h30. Prendre un plaisir immense à réarranger absolument tout ses morceaux, à brouiller les pistes et à partir dans des digressions mélodiques impressionnantes en parfaite symbiose avec ses potes. Il y a la guitare, banjo, perçus, clarinettes, flûte… et un saxophone génial qui donne tellement de corps à l’ensemble. Tout est simple, décontracté, sans mise en scène mais le plaisir se lit sur tous les visages. L’ambiance est tantôt planante (inoubliable the sea and the rythm) tantôt endiablée quasi africaine (the shepad’s dog). L’ensemble joue en communion totale, trouvant à chaque fois de nouvelles voies pour explorer les morceaux choisis. Certaines parties font plus penser à du jazz expérimental qu’à du folk rock. Mais c’est incroyablement réussiiiii comme cette hallucinante version de Free until they cut me down.
Quand, en guise d’unique rappel, Sam revient seul pour interpréter Flightless bird (American mouth), tout est dit. Le salle se suspend aux lèvres d’un génie. Un type qui malaxe la musique par plaisir et par défi artistique mais en laissant toujours l’harmonie au cœur de sa démarche. Il a ainsi donné un concert pour les mélomanes, les musiciens, les amateurs et tout ceux qui considèrent la musique comme un art en perpétuel mouvement. On regrettera juste qu’il ait oublié de présenter sa troupe qui méritent autant que lui la lumière des projecteurs.
Un concert d’exception donc dans lequel on aurait sans doute aimé quelques moments guitare / voix supplémentaires tellement ces moments épurés nous transportent. En attendant qu’il revienne nous en proposer d’autres le 10 juillet au Cactusfestival à Bruges, vous pouvez découvrir l’ensemble son son œuvre sur www.ironandwine.com dont un dernier album pas facile d’accès mais diablement séduisant!
François Colinet
Iron and Wine en concert le 10 juillet 2011 au Cactus festival de Bruges
Iron and Wine « Kiss each other clean » (4AD/Beggars)





































