Chaque année on se dit la même chose: déjà une année de passée… et nous revoilà à Spa pour une nouvelle édition des Francofolies 17e du nom. 5 jours de fête plein de décibels, pour (re)voir un condensé des artistes ayant fait l’actualité durant les 12 derniers mois…
Comme on pouvait le craindre après près d’un mois de temps radieux, la pluie a attendu 14h, soit l’heure exacte de début des festivités pour se rappeler à notre bon souvenir et nous accompagner jusqu’en début de soirée de ce petit crachin bien belge et dont on se serait bien passé. Et en plus le prévisions ne sont pas folichonnes. Contre mauvaise météo, vous savez ce qui nous reste à faire…
Pendant ces 5 jours de musiques en tout genre, on retrouve les habitués qui comme nous ont tous un an de plus, on voit plusieurs dizaines d’artistes sur scène, on en prend plein les oreilles, mais on est aussi extrêmement frustré parce que, par définition, on ne pourra pas tout voir. Les Francofolies de Spa, c’est en effet quelques 250 concerts sur 7 scènes disséminées dans le centre ville qui est arpenté pour l’occasion par plus de 180000 personnes, depuis le touriste qui est là presque par hasard jusqu’au mélomane le plus pointu en passant par la bande de potes en vacances ou la famille avec poussette et landau. Parmi cette foule cosmopolite, il n’est pas toujours facile de se frayer un chemin mais le concert qui suit en vaut souvent la chandelle. Jusqu’au lundi prochain, rendez vous sur ces pages pour connaître nos humeurs, coups de coeur ou déceptions, ainsi que nos belles découvertes de cette édition 2010.
Bars et village, c’est ici que ça se passe!
Un organisateur du festival communique souvent d’abord sur ses têtes d’affiches. C’est logique. Cette année, celles ci ont pour noms Dutronc, Souchon, Renan Luce, Obispo ou encore Christophe Willem. On aura l’occasion d’y revenir puisque la « grande scène » ne s’ouvre au public que ce jeudi soir.
Mais Spa c’est évidemment bien plus que ces quelques stars qui souvent (mais heureusement pas toujours) ne font que reproposer la version en plein air des spectacles qu’ils ont présentés, le plus souvent à guichet fermé, à Forest National durant l’année écoulée. Le coeur de Spa vibre d’abord dans son bien nommé Village francofou (45 euros pour 80 concerts répartis sur 5 jours avec de vraies stars comme Ghinzu, Coeur de Pirate, Gaetan Roussel, BB Brunes, Thomas Fersen et plein d’autres) ainsi que dans les bars en folie qui l’entourent et offrent des dizaines de concerts entièrement gratuits (à part le prix de la tournée entre potes évidemment).
Au village, c’est le groupe hutois Isola qui eu le privilège d’être le premier à réchauffer nos oreilles sous une pluie naissante et un ciel désespérément gris. En effet, le festival met un point d’honneur à offrir des conditions scéniques impeccables à de jeunes groupes belges qui ont encore tout à prouver. C’est une des vraies valeurs ajoutées des francofolies depuis leurs débuts. Cette jeune formation a d’ailleurs bien profité de l’instant en proposant un rock énergique très plaisant et en transmettant un vrai plaisir de jouer devant une foule certes clairsemée mais déjà nombreuse à cette heure presque matinale. Le son va fort mais il est bon. Le ton est donné, on ne va pas s’ennuyer!
Ensuite, premier détour dans un bar dans lequel nous retrouvons avec grand plaisir les trois compères du groupe montois Lemon Straw. Pour eux, comme pour tous les artistes des bars en folie, le challenge consiste à se produire tous les jours dans un endroit différent. Cette première fut une belle réussite et nous ne pouvons que confirmer tout le bien que nous écrivions à leur sujet lors de notre escapade au festival LaSemo il y a quelques jours.
Au café d’en face, c’est déjà la toute grande foule pour Cédric Gervy, sans doute un des artistes les plus attachants du programme. Avec son humour dévastateur, sa guitare et ses perruques pourries, il alterne compositions originales et parodies franchement drôles, élevant la pratique du calembour au rang d’art noble et indispensable pour ne jamais se prendre sérieux même quand on évoque le divorce, les addictions ou la crise économique. Il est présent à Spa presque chaque année, il a même eu les honneurs de la grande scène l’an dernier. Du coup, il est suivi par un public nombreux et enthousiaste qui goute au bonheur simple de ses prestations déjantées et en redemande. Franchement, on adore ce type et on très heureux de le voir prendre son pied comme un gamin. C’est tellement beau l’enthousiasme des musiciens amateurs…
Izia, Yodelice, Dominique A: tiercé gagnant de l’audace
Depuis quelques années, le village s’est enrichi d’une troisième scène, posée sous un dôme et proposant au public de s’assoir pour apprécier des artistes au repertoire plus intimiste en toute quiétude. Quelle brillante idée! L’endroit fut le témoin de quelques concerts mémorables les années précédentes. Cette année, première escale avec Matt Bioul qui a troqué ses compositions en français (du temps où il s’appelait encore Mathieu) pour un univers résolument rock et blues. Les consonnances anglophones mettent bien mieux en valeur sa jolie voix et il s’amuse avec un vrai band digne des 70’s;
Pendant ce temps, dans la famille Higelin je demande la fille déjantée. Toute auréolée de ses récentes Victoires de la Musique, Izia électrise le parc de 7 heures d’un rock nerveux et culotté. Le public, décidemment déjà très nombreux en ce premier jour, se prend au jeu en faisant un triomphe à cette tornade de décibels. D’une énergie folle, la jeune brunette de 20 ans saute dans tous les sens et hurle son bonheur d’être là pour son premier concert belge. Son excitation fait penser à celle d’un Cali des grands soirs et fait plaisir à voir. Elle perpétue les habitudes un peu gueulardes de papa Jacques, ce n’est pas toujours très mélodieux mais c’est une vraie claque. A revoir!
Une heure plus tard, le beau Maxime Nucci installe son personnage de Yodelice pour un set à la fois mélodieux et audacieux. Son single Sunday with a flew lui assure la toute grande foule. Il vogue allègrement au croisement de la pop, du rock et de la folk, genre auquel sa voix convient le mieux. Il joue au troubadour mystérieux avec une guitare en tête de mort, un triangle renversé sur la joue et une plume sur son chapeau. Il est notamment accompagné d’un très bon contre bassiste et offre une belle partition musicale originale et bien enlevée.
Sur le coup de 21h, place à Dominique A, le grand moment de la journée. Il a toujours été atypique, artiste, poète dans l’âme, en marge du système. Ses textes sont parmi les plus beaux, ses chansons parmi les plus aériennes et, ce, malgré une énergie nerveuse et déroutante. Pendant une heure, il nous offre une prestation brute de toute beauté déclamant presque ses textes au dessus d’un mur de guitares. En toute décontraction, il nous émeut aux larmes sur « Immortels » issu de son dernier très bel album « La musique ».
Ce type est un artiste majeur qui se réinvente à chaque disque sans faire de concession, il habite véritablement la scène et ses textes sont splendides. Il mériterait bien plus de reconnaissance de la part du public.
Un public que l’on retrouvera en masse pour une deuxième journée tout aussi chargée. Promis, on vous raconte.
A demain…
François Colinet
crédit photo Belga






































en tout les cas ,c’est un plaisir de suivre le journal des francos ,bravo aux équipes ;) et merci ;)