Ce vendredi, le début de journée du Pukkelpop a encore fait la part belle aux groupes et artistes en devenir. Ce fut tout d'abord l’univers décalé de Willis Earl Beal. Celui-ci joue un blues écorché qui n’est pas sans rappeler un certain Tom Waits. Signé chez XL recordings (Radiohead, Adele, The White Stripes…), le parcours de cet artiste fut pareil à celui d'un combattant. Il a grandi dans la pauvreté, a été renvoyé de l’armée pour problèmes de santé et a dû "faire les poubelles" pour survivre. Heureusement, son talent l’a sorti de cet enfer. Connaître son passé permet de mieux comprendre et apprécier sa musique. La voix rauque de cet artiste de Chicago se pose sur des samples enregistrés et diffusés sur un vieux magnéto. En ce début de journée, Willis Earl Beal a donc livré un set intense d’une petite heure pendant laquelle le public a vibré au son de blues teinté de gospel traditionnel.
Ce fut ensuite au tour du groupe Breton (un nom de groupe qui n’est pas choisi par hasard car ces musiciens se sont inspirés d’André Breton). Originaire de l’est de Londres, ce groupe est aussi fascinant qu’inquiétant. En effet, les cinq membres vivent et travaillent ensemble, enfermés dans leur Lab. Il s’agit en fait d’un squat situé dans une banque désaffectée. C’est là qu’ils composent, qu’ils réalisent leurs clips ou même leur pochette d’album. Comme on peut rapidement le comprendre, ce groupe est plus que polyvalent et ne manque pas d’idées ingénieuses pour renouveler un monde parfois trop standardisé. Malgré un concert qui n'a duré que quarante minutes, Breton a prouvé qu’il a réussi à se créer une zone d’autonomie aussi bien musicale que visuelle. Une zone de rencontre entre la pop et l’électro, entre les sons mécaniques des beats et la chaleur humaine des cordes de guitares.
Vint ensuite, Kap Bambino. Kap Bambino est un groupe qui ne fonctionne que dans l’instantané. Inutile d’essayer de les comprendre, ils échappent au présent. Un exemple ? Chaque chanson de leurs albums est enregistrée en une seule prise et chaque concert est joué comme si c’était le dernier. Leur électro puissante a ravagé le Castello (la scène où ils se sont produits). Actifs musicalement depuis 2001, ces deux Français n’ont plus grand chose à prouver et c’est donc devant un public déjà conquis qu’ils ont joué et se sont déchaînés.
Le groupe suivant, Keane, ne s’était plus produit au Pukkelpop depuis 2006. Ils étaient d’ailleurs 3 à cette époque et se targuaient d’être " le groupe sans guitare " puisque la voix de Tom Chaplin n’était accompagnée que d’une batterie et d’un piano. Cette époque est désormais révolue et Keane compte désormais un bassiste parmi ses membres. Alors que leur quatrième album " Strangeland " est sorti au printemps (n°1 des ventes dès sa sortie), le groupe originaire d’Angleterre a majoritairement présenté ses plus grands hits repris en choeur par le public.
Sur une autre scène, se produisait The Tallest Man On Earth. Kristian Matsson (de son vrai nom) est Suédois et propose un folk qui se revendique clairement de Bob Dylan. La comparaison entre les deux personnages est d’ailleurs régulièrement faite et Matsson n’hésite pas à citer Dylan dans ses influences. Cet artiste a déjà sorti quatre albums et deux EP. Chacun d’entre eux a été mondialement encensé par la presse spécialisée. The Tallest Man On Earth, a joué devant un public qui reprenait avec lui chacune de ses chansons .Ce songwriter seul en scène avec sa guitare et une chaise pour seul décor, a également offert un rappel à ses fans.
Si la relation entre Manchester et l’histoire de la musique n’est plus à faire, c’est parce que cette ville est le berceau de nombreux groupes qui auront marqué l’histoire. Des Buzzcokcs en passant par Joy Division ou plus récemment Oasis, The Stone Roses provient également de la ville du textile britannique. Alors que le groupe s’était séparé en 1996, ils ont annoncé leur reformation lors d’une conférence de presse le 18 octobre 2011. Le fameux groupe de rock psychédélique emmené par le charismatique Ian Brown a joué plus d’une heure durant. Les grands tubes tels que " I Wanna Be Adored " ou " She Bangs The Drum " ont été joués pour le plus grand plaisir du public. The Stone Roses a assuré son show avec des solos de guitares, de basses ou de batteries emmenant le public loin dans leurs délires psychédéliques.
Quentin Anciaux




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)



Faire un commentaire
sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.