Samedi fin d’après-midi. Bruxelles s’ébroue joliment sous le soleil. Au pied du Palais, le week-end commence timidement avec le concert de Sharon Corr, Comme son nom l’indique, Sharon Corr est l’une des têtes du trio irlandais The Corrs. C’est en solo et au violon que la chanteuse est venue nous offrir un peu d’air de là-bas. Festive souvent, mélancolique aussi, la musique celtique, ou du moins les sonorités celle d’inspiration celtique, a le don de susciter l’effervescence. Entre racines irlandaises et pop glamour très propre sur elle, Sharon Corr mise sur un répertoire un brin hybride, à l’image de son album solo " Dream of you ", sorti en 2010. La recette de son ‘irish stew’ accommode les restes sauce easy listening. Une recette facile à digérer à l’heure de l’apéro. Mais nous sommes bien loin des festoiements de la Saint-Patrick. Si les sourires sont au rendez-vous parmi les festivaliers, le concert de Sharon Corr nous a surtout donné l’occasion de revisiter nos classiques avec un blind test géant. Dans la playlist du jour, il y a un peu de Rolling Stones (" Wild Horses "), du Bronski Beat (" Smalltown Boy "), les Korgis (" Everybody’s got to learn sometime "), et le très joli slow " Words ". Sympathique petit city trip en Eire, pas trop dépaysant et sans les affres du décalage horaire.
Le vrai voyage commencera avec Stephan Eicher. Monsieur Eicher a posé sa valise à Bruxelles pour un live qui lui ressemble. Nomade, impudique, drôle, instinctif, généreux, rock et poétique, tout à la fois et dans le désordre, comme dans la vraie vie. " Déjeuner en paix ", " Pas d’ami (comme toi) ", " Combien de temps ", " Des hauts, des bas ", on rythmé nos existences et ce soir sous le ciel bruxellois, l’émotion était palpable, tout comme cette vraie complicité qui lie l’artiste à ses musiciens (les formidables Lost and Found Orchestra) et à son public fidèle.
Quelques guirlandes de lumière signent une scénographie bohème tout simplement brillante.
On a adoré la petite touche de nostalgie 80’s, avec " Eisbär ", une formidable reprise du groupe Grauzone qu’il avait monté avec son jeune frère Martin. Et comme Stephan Eicher n’est pas en reste quand il s’agit de mettre la joie au coeur, Bruxelles a groové sur son gimmick fétiche inspiré du " Papa was a Rolling Stone " de Isaac Hayes.
Stephan Eicher a-t-il réveille le roi? Nous ne le saurons sans doute jamais, mais il s’est fait des milliers d’amis comme nous et a insufflé une belle ferveur sur la Place des Palais.
Sans mauvais jeu de mot, notre ami Eicher avait placé la barre très haut pour Bénabar qui lui succédera sur scène. Entertainer devant l’éternel, Bruno fait le show et l’esprit festif est bien dans (ou sur) la place dès les premiers accords. Bénabar a choisi de privilégier ses tubes, repris en choeur par un public familial en goguette. Catchy évidemment, Bénabar dévore la scène, et son big band nous rappelle irrésistiblement les prestations télévisées des émissions de " Marithie et Gilbert Carpentier ".
Un bal populaire en plein air un soir de 11 août? On s’est plus à s’y croire!
Catherine Colard




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)



Faire un commentaire
sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.