Le Pilote à l’Edelweiss – Tome 1: Valentine

Mardi 14 février 2012

Au-dessus des tranchées de 14-18, un aviateur allemand terrorise un as de l’aviation française.

Ils sont deux, deux frères jumeaux. Henri est un as de l’aviation au sein de l’escadrille des cigognes. Alphonse, lui, a été muté de l’aviation, pour une raison disciplinaire qu’on ne connaît pas. Il se trouve au sol, les yeux souvent fixés sur les nuages que trouent les « Nieuport », avions de l’armée française. Il y a une femme, aussi, Valentine, épouse d’Alphonse. Et un pilote allemand, dont l’engin de mort s’orne d’un edelweiss, et face auquel Henri oublie tout courage pour n’être plus que peur. Et, enfin, il y a un passé. Le Paris de 1910, inondé, la rencontre entre Valentine et Alphonse, et un secret, un mystère à peine ébauché dans ce premier volume d’une série qui doit se décliner en trois albums.

Aux commandes scénaristiques du « Pilote à l’Edelweiss », c’est Yann qui tient le manche à balai.

Yann, incontestablement, est un surdoué de la bande dessinée. Il est à l’aise dans tous les genres, de l’humour au réalisme, de l’histoire à la fiction pure. Et il a les défauts de ses qualités, selon l’expression consacrée: parfois, dans ses différents scénarios, il s’égare quelque peu, obligeant les dessinateurs à des raccourcis pas toujours très heureux. Et c’est le cas ici: on perd pied de temps en temps dans le mélange des intrigues, des lieux, du passé, du présent.

On perd pied, mais on est séduit, malgré tout. Parce que les mystères sont là, et qu’on en attend l’explication, bien entendu. Et parce que le dessin de Hugault, presque hyperréaliste parfois, et sa couleur, somptueuse et variée, soutiennent à grandes envolées graphiques, le fil conducteur de l’intrigue. Les combats en plein ciel sont d’une beauté envoûtante, tout comme les scènes plus intimes, dans tous les sens du terme, vécues dans une garçonnière accueillante.

Au total, donc, un premier épisode intéressant, qui laisse bien des questions en attente. Espérons que Yann, avec le talent qui est le sien, réussira à répondre à ses espérances dans les deux prochains épisodes de cette série naissante. La guerre de 14-18 et ses horreurs, tellement bien montrées et analysées par ailleurs par un dessinateur comme Tardi, cette guerre, le dessin de Hugault, et notre intérêt de lecteurs le méritent vraiment.

Jacques Schraûwen

Le Pilote à l’Edelweiss, tome un-Valentine, de Yann et Hugault, est paru aux éditions Paquet

Un commentaire sur “Le Pilote à l’Edelweiss – Tome 1: Valentine”

  1. JPP dit :

    Style de l’image très dépouillé. Cela va nous changer de Tanguy et Laverdure ou de Buck Danny !