"Nous perdons beaucoup en te perdant, Robert", a souligné avec émotion Edmonde Charles-Roux, lors d'une bénédiction en l'Eglise Saint-Germain-des-Prés, monument d'histoire dans ce quartier fétiche des écrivains, à Paris.
"Sois certain que nous, académiciens Goncourt, nous ferons tout pour qu'on ne t'oublie pas", a poursuivi la présidente de cette prestigieuse institution dont Robert Sabatier était membre depuis 1971 et le doyen.
Le triomphe du roman "Les Allumettes suédoises" à la fin des années 60 "avait changé ta vie. A t'écouter, il y aurait eu quelque chose de miraculeux dans ce succès", a ajouté Mme Charles-Roux, louant "la générosité unique et la modestie de ce grand lettré".
Pour Bernard Pivot, l'un de ses autres confrères de l'Académie Goncourt, "la poésie était la passion et la grande fête de Robert Sabatier. Et il souffrait d'être un romancier à succès, pour une partie de la critique, plus qu'un poète".
Le journaliste et écrivain a ensuite lu deux poèmes de Robert Sabatier, qui en connaissait lui-même des centaines par coeur, était l'auteur de plusieurs recueils de poésie et d'une monumentale "Histoire de la poésie française" en neuf volumes, l'une des oeuvres dont il était le plus fier.
L'écrivain a été inhumé au cimetière du Montparnasse où reposent beaucoup d'autres illustres auteurs, de Baudelaire à Jean-Paul Sartre, Ionesco, Charles Cros, Léon-Paul Fargue ou Serge Gainsbourg.
Belga




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