C’est dimanche soir, en direct au cours d’une émission télévisée commune à la RTBF et Canvas, qu’ont été révélés les lauréats de la Canvascollectie / La Collection RTBF.
Quatre prix ont été décernés. Le duo formé par Christine Wilmès et Patrick Mascaux s’est vu attribué le Grand Prix. Le Prix du Public est allé à Eric de Ville. Antoine Israël a été distingué par le Prix CBC pour les jeunes artistes figuratifs et Elly Van Eeghem a reçu le Prix KBC dans la même catégorie.
La tension était à son comble au Palais des Beaux-arts de Bruxelles ce dimanche soir. Les prix ont été attribués dans le cadre approprié de l’exposition-même de la sélection de la Canvascollectie / La Collection RTBF, au milieu d’une assistance bigarrée d’artistes, d’experts, de membres du jury et de figures représentatives du monde culturel.
Quatre œuvres ont été couronnées, mais c’est l’ensemble des participants à la Canvascollectie / La Collection RTBF qui sont sortis gagnants. Le projet leur a en effet donné l’occasion de montrer leurs œuvres et de recevoir un retour de la part des experts et du public, sur le site web, sur les chaînes TV et, pour un certain nombre d’entre eux, dans l’exposition à Bozar. En bref, la Canvascollectie / La Collection RTBF a offert aux artistes une opportunité unique d’exposer et de s’exposer au sens large du terme…
Le Grand Prix d’une valeur de 10.000 euros est attribué à Christine Wilmès et Patrick Mascaux

Distant Paradise - Wilmès-Mascaux
L’œuvre du duo Mascaux-Wilmes synthétise tout ce que l’on peut attendre d’une œuvre d’art contemporain : une puissance formelle, une maîtrise des techniques, un dispositif original au service d’un sujet sensible, politique et d’actualité. L’œuvre évoque l’expérience intime et douloureuse des frontières sans pour autant être illustrative. La photo et les vidéos forment une installation qui produit son propre espace-temps. Distant Paradise répond à tous les critères identifiés dans le Texte de Mission de l’opération, une vision contemporaine percutante, pertinente du monde d’aujourd’hui.
Les autres nominés étaient Wim De Schamphelaer, Dialogist-Kantor, Michel Goyon et Boy & Eric Stappaerts.
Le Prix du Public d’une valeur de 6000 euros est attribué à Eric de Ville
Pendant 30 ans, Éric de Ville exerça son métier de photographe tant comme reporter que comme photographe de studio. Son travail actuel consiste en une recomposition d’une réalité virtuelle réalisée au départ de photos prises par lui-même dans notre environnement quotidien. Poésie, réflexion et humour en sont les fils conducteurs.

La Tour de Bruxelles en automne - Eric de Ville
Les autres nominés étaient Stephan Bar, Wim De Schamphelaer, Christopher Coppers et Marie Gobert.
Le Prix KBC a été attribué à Elly Van Eeghem
Elly Van Eeghem reçoit le prix du jeune artiste plasticien flamand qui gagne un mois d’exposition dans la tour KBC d’Anvers.

Toren (vidéo) - Elly Van Eeghem
La vidéo d’Elly van Eeghem traite avec sobriété du rapport au savoir, au patrimoine et à l’histoire (de l’art) qui nourrit l’imaginaire et conditionne la vision. L’action d’empiler des livres jusqu’à la perte d’équilibre de la tour n’est peut-être pas neuve, mais cette vidéo, par son format et sa composition rythmique démontrent une grande cohérence, une intelligence du propos ainsi qu’une perspective critique et curieuse de la part d’une toute jeune artiste envers l’histoire de l’art, voire la connaissance en général.
Le Prix CBC d’une valeur de 3000 euros est attribué à Antoine Israel.
Antoine Israel reçoit le prix du jeune artiste plasticien francophone.

El tren - Antoine Israel
L’œuvre de ce jeune artiste témoigne d’une créativité, d’une maturité et d’une connaissance de l’art – littérature, cinéma, arts plastiques – hors du commun. Tout à la fois, poétique et ludique, le petit train d’Antone Israel qui utilise des dias souvenirs – palette de lumière et de couleurs pour projeter un paysage défilant, semble émerger tout droit de l’enfance. Sa puissance transcende nostalgie et romantisme. Forme et contenu entretiennent un dialogue intime presque fusionnel. Ce petit train n’est pas une trouvaille mais le résultat d’une force narrative en pleine éclosion.


































