Justine Hénin dans Hep Taxi ! ce dimanche 12 février à 22h45 sur la Deux

Jeudi 9 février 2012

Dans Hep Taxi! , découvrez les deux vraies Justine Hénin : la championne ultra volontaire qu’elle a été et celle qu’elle souhaite devenir dans sa nouvelle vie, en dehors des courts de tennis. Très à l’aise en compagnie de Jérôme Colin, elle lui confie ses regrets mais aussi les rêves qu’elle a pour l’avenir. Justine Hénin est une star mondiale qui a hissé le tennis belge féminin jusqu’à des hauteurs inespérées. Elle a remporté quatre fois le Roland-Garros, une médaille d’or aux jeux olympiques,  une multitude de victoires étonnantes, mais surtout, le cœur des Belges. Les plus grands champions, comme Federer ou McEnroe, ont salué la qualité exceptionnelle de son jeu. Y aura-t-il un jour une autre Justine dans le tennis belge ?

Nouvelles diffusions :

- Dimanche 12 février dans la boucle de nuit sur la Deux

- Mardi 14 février à 21h55 sur la Deux

Retrouvez l’interview intégrale, plus rien ne vous sera caché !

  1. Bruxelles, son temps, ses frites
  2. A 29 ans, je vis une deuxième naissance
  3. Pour vivre il faut souffrir, pour réussir il faut souffrir, pour être heureux…
  4. La perte de sa maman et sa carrière précoce
  5. L’amour est mon moteur pour me donner à 100%
  6. Elle oscille entre le petit cœur de beurre, la romantique, et la guerrière
  7. Ses projets à 29 ans
  8. Son côté artistique
  9. Aujourd’hui je suis comme une petite fille qui découvre en permanence !
  10. J’ai beaucoup souffert du regard des autres
  11. Ses loisirs
  12. La vie n’est pas une compétition dans tous les domaines
  13. Ça n’a pas de prix, d’avoir du temps
  14. Je suis toujours en train de récupérer les stress avant les matchs
  15. « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien »


Bruxelles, son temps, ses frites

HENIN : Bonjour.
JÉRÔME : Bonjour. Dites-moi.
HENIN : Friterie de la Chapelle. Place de la Chapelle.
JÉRÔME : Vous mangez des frites vous ?
HENIN : Je me le permets un peu plus maintenant. J’adore ça. Je me suis privée beaucoup pendant quelques années et bien voilà… Et puis alors ça me fait toujours rire à Bruxelles, je suis assez récente à Bruxelles, j’habite à Bruxelles depuis quoi ? 1 an ½ ? Alors c’est la compet entre les friteries à Bruxelles.
JÉRÔME : Et la vôtre c’est celle de la Chapelle.
HENIN : C’est celle de la Chapelle. Ce que j’aime c’est alimenter les conversations parce que quand on arrive à Bruxelles et que je dis « vous n’y connaissez rien, les meilleures frites c’est place de la Chapelle », on me prend pour une dingue, on me dit « t’es folle, tu n’es jamais allée place Jourdan, à Flagey ! ». Et pour moi elles sont très bonnes.
JÉRÔME : On va aller vérifier ça.
HENIN : On va aller voir ça.
JÉRÔME : Moi c’est place Jourdan.
HENIN : Place Jourdan ? Je ne les connais pas.
JÉRÔME : Ah, voilà !
HENIN : Oui. Donc ce n’est pas du tout… ce que j’aime, j’adore les frites de la Chapelle et je ne suis pas en train de revendiquer que ce sont les meilleures, ce que j’aime c’est juste énerver un peu les gens de Bruxelles.
JÉRÔME : Une rochefortoise vient juger nos friteries !
HENIN : Exactement. Oui.
JÉRÔME : Bon, bienvenue, je suis bien content que vous soyez là.
HENIN : C’est gentil. Merci de m’accueillir.
HENIN : Je ne supporte pas ce temps. Je déteste, le froid.
JÉRÔME : C’est terrible hein.
HENIN : C’est vraiment quelque chose qui me… j’ai froid tout le temps. A part au soleil, j’ai la chance d’en venir, mais je caille en permanence.
JÉRÔME : Déménagez ! Il faut aller habiter, je ne sais pas moi, en Floride ou à Tahiti.
HENIN : Oui. A Monaco.
JÉRÔME : Ou à Monaco. En plus comme ça on en parlerait.
HENIN : Voilà.
JÉRÔME : Vous pourriez requitter la Belgique ? Là maintenant ? Ou finalement après tout ça on réalise que les racines finalement c’est quand même les racines.
HENIN : J’ai besoin de savoir que je peux prendre l’avion demain et aller chercher un peu de chaleur et de soleil et de découvertes si j’en ai besoin. Mais après, aller vivre à l’étranger, on ne peut jamais dire jamais, mais c’est claire que j’ai tellement voyagé, et j’ai toujours beaucoup souffert des moments où je prenais l’avion pour partir, parfois il m’arrivait de partir 2 mois ½ d’affilée et donc quitter les gens que j’aime, ça c’était… ça me donnait une angoisse terrible et donc aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir profiter de ceux que j’aime, je sais que je suis ancrée ici. Maintenant c’est vrai que j’aurais beaucoup de mal à me dire que je ne peux plus voyager, je ne peux plus avoir accès à cette ouverture. Mais bon, je ne sais pas comment j’évoluerai. Maintenant mes projets sont en Belgique, il y a beaucoup de choses qui se passent ici pour moi, mais peut-être, de temps en temps, partir quelques…voilà, 3, 4 mois…
JÉRÔME : Vivre.
HENIN : Une jeune retraitée de 29 ans donc. Vivre, oui ! Mais c’est… je ne peux pas dire que je n’ai pas vécu pendant 29 ans mais ça m’a… oui ça a été, c’est clair, difficile de me priver de beaucoup de choses, ça c’est sûr. C’est des sacrifices…

(je suis un peu perturbée par ce qui se passe devant… – JÉRÔME : Oui. On va leur demander. Qu’est-ce qui se passe ? PROBLEME MICRO)

A 29 ans, je vis une deuxième naissance

HENIN : Vivre !
JÉRÔME : Oui, vivre. C’est ça.
HENIN : Oui c’est ça, je le dis toujours, j’ai fait beaucoup de sacrifices, c’est vrai que j’en ai fait énormément, je ne peux pas dire que je n’ai pas vécu pendant 29 ans, heureusement, mais c’est quand même… j’ai l’impression aujourd’hui que je vis une deuxième naissance, comme si j’entrais dans une… les gens disent souvent, après avoir vécu des vies un petit peu comme ça hors du commun, les gens disent souvent : maintenant c’est la vraie vie. Je disais ça d’ailleurs avant. Et en fait c’est une autre vie, une nouvelle vie. Mais c’est clair que ne plus être pressée tout le temps, ne plus devoir courir après des tas de choses, et puis voilà, être juste à un diner avec des amis et ne pas devoir regarder ma montre en permanence car le lendemain je suis sur un terrain… (coupure). On ne se libère pas de ces choses-là du jour au lendemain, ça va faire 1 an que j’ai arrêté et c’est super riche en fait, c’est super riche de pouvoir vivre une nouvelle naissance à 29 ans, j’ai l’impression d’être une enfant qui découvre plein de choses…
JÉRÔME : Alors justement est-ce que vous avez l’impression d’avoir une adolescence tardive ?
HENIN : Non, je ne dirais pas ça. En tout cas pas du côté des bêtises. J’ai fait mes bêtises finalement quand j’étais plus jeune, je m’en rends compte parce que j’ai toujours été quelqu’un de très sérieux mais quand j’étais ado, et bien il m’arrivait de faire la fête et de faire des conneries, donc aujourd’hui non, j’ai plutôt pas mal de sagesse en moi mais je découvre des choses, qui peuvent paraître être… les choses les plus banales aux yeux des gens quoi.
JÉRÔME : Comme ?
HENIN : Comme aller faire des courses, tout simplement quoi. Je n’ai jamais… j’étais dans une telle bulle qu’il m’arrivait… déjà je ne cuisinais pas, je vivais dans les hôtels et dans les restos, ça n’empêche, y’a des gens qui vivent comme ça et qui… moi c’était pas mon truc et donc aller faire des courses c’était … voilà, c’est une bêtise, c’est une connerie…
JÉRÔME : Quoi, vous avez découvert ce que c’était un supermarché à 29 ans ?
HENIN : Oui, presque. Oui. C’était… j’ai vécu des trucs de fou quoi mais… il y en a que je vais garder un peu pour moi quand même hein parce que c’était…
JÉRÔME : Non, donnez-moi un qui est croquant. Qu’est-ce que vous avez découvert et que vous vous êtes dit « mince alors, c’est dingue ! ». A part le supermarché.
HENIN : Qu’est-ce que j’ai découvert ? Je ne suis pas quelqu’un qui arrive à sortir des exemples comme ça, concrets, parce que je peux être très rationnelle et en même temps j’ai toujours besoin d’être dans la profondeur, donc j’ai découvert des choses très profondes, dans le sens où j’ai toujours cru que j’étais quelqu’un de généreux, je sais que c’est mon fond, mais quand on mène des vies comme celle-là, il n’y a rien à faire, quand on est sportive de haut niveau en tout cas, on est très égoïste, on a une équipe autour de soi qui fait tout, tout le monde faisait tout pour moi, les gens venaient me regarder jouer, et moi j’avais l’impression de donner beaucoup, et c’est vrai j’imagine parce que quand je vois les gens qui viennent me voir aujourd’hui et qui me disent merci pour tout ce que vous avez donné, il y avait de ça évidemment, donc ça je ne me suis pas trompée. Par contre j’ai pris énormément, j’ai pris aussi tout ce que les gens me donnaient et tout ce que mon équipe faisait en permanence pour moi et en attendant c’est quand même des vies où on est centré sur soi-même.
JÉRÔME : Et dans les gestes directs vous aviez peu de gestes vers les autres. C’est ça que vous voulez dire ?
HENIN : Oui, complètement. Et j’en souffrais beaucoup parce que je connais ma nature quoi. Je sais que j’ai… Et aujourd’hui cette découverte, c’est celle-là. C’est de me dire… en tout cas c’est la plus… celle qui me marque le plus, c’est de me dire que j’ai des réactions encore égoïstes et je n’aime pas, ça ne me plait pas d’être comme ça, j’ai pris beaucoup, j’ai envie de donner. Donc apprendre à donner c’est pas si simple finalement. Et puis apprendre à communiquer. J’ai toujours eu cette image de cette fille super froide, super distante…
JÉRÔME : C’est dingue, vous êtes consciente de tout en fait.
HENIN : Je réfléchis beaucoup hein.
JÉRÔME : Faites attention, ça fait des gens malheureux hein trop de réflexion.


Pour vivre il faut souffrir, pour réussir il faut souffrir, pour être heureux…

HENIN : Oui je sais. Je pense qu’il y aura toujours une part de moi qui le sera un peu, même si j’ai beaucoup de chance, je me sens vraiment bien dans mes baskets aujourd’hui, mais je crois que les grands sensibles sont des gens qui, et à certains moments je me dis que j’en fait partie, on est beaucoup dans notre monde et on réfléchit comme ça, on perçoit tout, on ressent tout, on ne dirait pas comme ça, moi je suis… enfin on ne le dirait pas, je suis une grande, grande sensible, j’absorbe tout quoi, je suis une éponge et donc c’est… alors je pense que par contre les joies sont très grandes, quand je vis des joies elles sont immenses, mais par contre voilà, quand c’est des sentiments… en plus j’ai une très bonne mémoire, donc je n’oublie rien, et donc des sentiments douloureux, des tristesse, c’est des choses que j’ai intégrées, qui restent en moi et j’ai une mémoire incroyable. C’est un truc qui me… et j’en souffre hein. Parfois je voudrais oublier des choses.
JÉRÔME : Vous avez déjà dit 4 fois le mot « souffrance ». Après c’est votre problème hein. Je vous le dis.
HENIN : C’est une grande partie de ma vie. Mais je suis très confiante parce que j’ai beaucoup travaillé là-dessus. J’ai longtemps cru que, c’était une croyance, que vivre était souffrir. Peut-être qu’il faut souffrir par moment mais moi j’ai beaucoup… j’ai pas eu une vie tendre et en même temps, voilà, y’a des tas de gens à ne pas une vie tendre et à être blessé par les injustices, mais c’était devenu une croyance chez moi. Je me disais voilà il faut que ce soit difficile pour se sentir vivre. Et aujourd’hui… parfois juste le bonheur d’un repas avec des gens que j’aime peut me donner des larmes aux yeux, juste de bien-être. Juste de bien-être et de plénitude. Et de me dire dans ces moments-là qu’est-ce que la vie est belle. Elle n’a pas besoin d’être dure forcément. Alors peut-être que j’arrive à me dire ça aujourd’hui parce qu’elle a été très dure, et qu’aujourd’hui… oui j’ai souvent eu peur du temps qui passait. C’est quelque chose qui m’angoissait clairement. Et aujourd’hui j’ai juste envie de profiter de chaque instant et je n’ai plus peur du temps qui passe. Avant je disais souvent « mais tu te rends compte, j’ai déjà 25 ans ! ». Alors les gens me regardaient en riant et je ne comprenais pas pourquoi. Parce que moi j’avais l’impression que ma vie était en train de défiler et je n’arrivais pas à arrêter le temps et aujourd’hui j’arrive à…
JÉRÔME : J’ai essayé. N’essayez pas, ça ne marche pas.
HENIN : Voilà, j’ai tout fait mais…
HENIN : Maintenant j’arrive à me poser. Avant les gens disaient souvent de moi que je ne tenais pas en place. Donc j’arrivais, dans ma famille, chez mes amis, j’avais déjà envie d’être ailleurs. J’avais déjà envie d’être plus loin. Je disais souvent « qu’est-ce que j’aimerais être plus loin, plus âgée, avoir accomplis plus de choses ». Les gens me regardaient en me disant « mais regarde déjà tout ce que tu as accompli ! ». Mais je ne le voyais pas. Aujourd’hui je commence, il y a encore du chemin mais je commence à le voir.
JÉRÔME : C’est marrant parce que vous dites : j’ai cru à ça comme à une religion finalement…
HENIN : Complètement.
JÉRÔME : La souffrance, pour vivre il faut souffrir, pour réussir il faut souffrir, pour être heureux…
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Il faut souffrir. Est-ce que si vous n’aviez pas eu cette croyance-là, pour la souffrance, vous y seriez arrivée, à être 1ère mondiale ? Ou finalement c’est une religion qui est très importante pour quelqu’un qui veut être la meilleure.
HENIN : J’ai encore cette croyance, parce que moi je l’ai vécu comme ça. Maintenant je pense qu’il y a heureusement des gens qui réussissent et qui accomplissent de très belles choses sans avoir eu des…
JÉRÔME : Et dans le sport ?
HENIN : Ah, dans le sport c’est difficile, et puis on ne connaît pas non plus réellement la vie des gens. C’est pas en lisant la presse qu’on découvre quelqu’un. C’est clair que quand je regarde un mec comme Federer, je me dis mais Bon Dieu, on dirait que… ce mec est équilibré, il est sympa, il a une famille et c’est un extra-terrestre en même temps, mais… on dirait qu’il arrive à tout gérer comme ça. Il y a des gens qui ont cette force-là. Moi j’ai eu la force de rebondir après toutes les épreuves. Et je me dis toujours… je me poserai éternellement je pense la question, de me dire est-ce qu’on est capable, est-ce que moi j’aurais pu y arriver autrement ? Et en même temps je crois que cette question-là il faut arrêter de se la poser parce que mon destin était celui-là et que j’ai dû faire avec. Mais c’est sûr que parfois je me dis : et si je n’avais pas perdu ma maman quand j’avais 12 ans, est-ce que j’aurais trouvé cette force de caractère, ce besoin de revanche sur la vie aussi beaucoup, parce que… moi j’aime bien jouer au tennis, parce qu’il paraît que quand j’étais déjà gamine et que je voyais du tennis ou du foot à la télé, je faisais aller mes petites jambes dans mon relax…
JÉRÔME : Au berceau.
HENIN : Dans mon berceau. Donc apparemment c’est venu très tôt. Et puis quand j’avais 4 ou 5 ans, j’étais déjà une dingue, on avait une table de ping-pong à la maison et je jouais avec mes frères, j’ai grandi avec des grands frères donc…
JÉRÔME : Vous matiez les garçons au foot à ce qu’il paraît.
HENIN : Oui. J’aime bien oui. Je suis une compétitrice hein.
JÉRÔME : A votre avis c’est la revanche ?
HENIN : Mais ça c’était déjà avant.
JÉRÔME : Parce que vous dites il y a la maman qui part injustement trop tôt…
HENIN : Oui. Mais j’étais déjà comme ça avant.
JÉRÔME : Oui ?
HENIN : Je ne supportais pas de perdre, je jouais avec mes frères au ping-pong, au tennis, je regardais le foot à la télé, j’avais déjà ça. A ce moment-là je n’étais pas dans la souffrance, j’étais déjà une petite fille un peu dans mon monde comme ça, un peu solitaire, mais voilà je n’étais pas…Je pense qu’il n’y a rien à faire, la perte d’un être cher à des moments aussi importants de sa vie ça, évidemment, bouleverse une existence. C’est sûr.

La perte de sa maman et sa carrière précoce

JÉRÔME : Vous avez réussi à faire la paix avec le fait que la perte… le plus grand drame de votre vie, d’évidence ça restera le plus grand drame de votre vie…
HENIN : Oui, c’est sûr.
JÉRÔME : A pu éventuellement être un moteur, comment est-ce qu’on fait la paix avec ce paradoxe-là ?
HENIN : Il faut arriver à… je pense qu’il faut arriver effectivement à faire la paix, à faire son deuil parce que… Moi j’ai fait mon deuil après ma carrière par exemple. Le deuil de la perte de ma maman c’est quelque chose qui est venu très tard. Il y a quelques mois.
JÉRÔME : En arrêtant de jouer.
HENIN : Oui. Parce que tant que je jouais je ne voulais pas prendre le temps de passer par là et puis effectivement, comme vous le dites c’était un moteur, c’était : la vie a été injuste donc je veux prouver, je veux montrer à ma maman, je veux prouver à tous ceux – il n’y a pas beaucoup de gens qui croyaient en moi quand j’étais jeune aussi parce que j’étais très petite, fragile, frêle, et donc les gens disaient mais non elle n’y arrivera jamais – et donc j’ai quand même puisé là-dedans beaucoup de force mais ça ne dure qu’un temps je pense ça, quand on ne fait pas les choses réellement pour soi, qu’on les fait… alors ça peut être un moteur de prouver des choses aux gens, mais après ce regard des gens m’a toujours beaucoup trop accompagnée en fait. J’ai toujours fait attention à ce que les gens pouvaient penser. Je me rends compte que j’ai passé une grande partie de ma vie à vouloir faire plaisir aux autres. On disait pourtant tout à l’heure que j’ai besoin de donner et de transmettre, mais j’avais l’impression de donner tout le temps et de m’oublier, alors qu’aujourd’hui en pensant peut-être un peu plus à moi j’ai l’impression d’être plus ouverte et plus généreuse. C’est assez paradoxal.
JÉRÔME : Vous avez l’impression d’avoir été, entre guillemets bien évidemment, une petite fille kidnappée ? C’est-à-dire que finalement ce n’est pas vous qui avez choisi votre destin, parce que ça commence trop tôt pour un sportif j’imagine, le moment où on décide et bien écoutez celle-là elle est quand même franchement louche, il faudrait la mettre de côté, on est enfant, donc je veux dire qu’on n’a pas l’âge…
HENIN : On ne choisit pas. A 5 ans on n’a pas… voilà, on ne peut pas choisir son destin, c’est pour ça que ça en fait des destins un peu uniques et différents, mais alors après…
JÉRÔME : Est-ce que vous avez été kidnappée ?
HENIN : Je n’irais pas jusque-là. D’abord jamais personne ne m’a forcée, donc ça c’est quand même… j’ai quand même toujours voulu, même si j’avais une famille sportive autour de moi, voilà, je les suivais, j’avais envie de faire comme eux, mes parents… ma maman était prof de français et d’histoire, c’était une vraie intellectuelle, les études voilà, c’était super important pour elle, il fallait que je travaille bien à l’école, après j’ai fini par arrêter, mais c’était… oui il fallait continuer à trouver un équilibre à côté donc je ne me suis jamais sentie poussée par mes parents. Je n’avais pas envie de les décevoir, ça c’est sûr, et donc quelque part, quand on n’a pas envie de décevoir notre entourage, nos parents, on passe tous par là un jour ou l’autre, et bien c’est une pression, c’est un poids. C’est clair.
JÉRÔME : Oh oui.
HENIN : Mais kidnappée, non. Maintenant si un jour j’avais un enfant qui me disait qu’il veut devenir un grand champion ou une grande championne et bien je ne pourrais pas le freiner, mais je ne le pousserais sûrement pas.
JÉRÔME : C’est vrai ? Qu’est-ce qu’on y perd ? Et après qu’est-ce qu’on y gagne ? Mais qu’est-ce qu’on y perd d’abord ?
HENIN : Est-ce que c’est à cause de ça que j’ai perdu une grande partie de mon insouciance trop tôt ? Un autre caractère le vivrait peut-être différemment. Donc est-ce que c’est à cause du tennis que j’ai perdu peut-être une partie de mon enfance, de mon adolescence, non, je crois que c’est qui je suis qui m’a fait peut-être à certains moments passer à côté de certaines choses ou découvrir certaines choses très tard.
JÉRÔME : Comme les supermarchés.
HENIN : Comme une vie en tout cas, ben oui les supermarchés ça fait partie de la vie… Mais non ça fait partie de la vie normale et… je ne sais pas en fait si c’est… vous me faites réfléchir !…
JÉRÔME : Je ne sais pas, je demande : qu’est-ce qu’on y gagne ? Qu’est-ce qu’il y a par contre d’extrêmement jouissif là-dedans ?
HENIN : Alors je dirais qu’au-delà, parce qu’on parle souvent de l’adrénaline, c’est vrai que c’est extraordinaire le moment où vous montez sur un court devant 20.000 personnes, il y a un côté gladiateur et on rentre dans l’arène, donc ça nous donne comme ça une adrénaline, dont j’arrive à me passer aujourd’hui mais dont j’ai eu besoin pendant des années, en tout cas quand on a goûté à ça… d’ailleurs à une époque quand j’avais fait un virus genre mononucléose, je n’avais plus cette dose d’adrénaline en montant sur le terrain, j’allais sauter en parachute.
JÉRÔME : Ah oui ?
HENIN : Le fait de plonger dans le vide à 4.000 mètres d’altitude c’était le seul truc que j’avais trouvé pour me donner…
JÉRÔME : Pour satisfaire le besoin du corps.
HENIN : Oui, c’était comme enfin, une drogue. Je ne me suis jamais droguée mais en tout cas c’était ce besoin de cette adrénaline. Alors, on parle souvent de ça, mais moi j’ai envie de dire… on apprend à se connaître. Le sport c’est… Je pense qu’un jour ou l’autre, tous on triche dans notre vie quoi, on se ment à soi-même, il nous arrive de mentir autour de nous, de ne plus être trop en phase avec ses valeurs, mais alors sur un terrain de sport vous oubliez, s’il y a bien un endroit où on ne peut pas se cacher, on ne peut pas fuir, on ne peut pas mentir c’est bien là. Quand on a peur c’est cash quoi, parce que le stress, le fait d’être là devant 20.000 personnes et tous les téléspectateurs, on est tout nu quoi, on est tout nu ! Et donc je trouve que ça c’est un endroit, c’est un lieu où on ne peut pas se mentir. Et puis moi ça m’a appris à me connaître, à découvrir beaucoup de choses sur moi, et à aller puiser des ressources que je n’aurais jamais soupçonnées en moi. C’est fou. J’ai repoussé des limites comme ça… et ça je pense que dans une vie, arriver à exprimer des potentiels, à exprimer tout son potentiel, je trouve ça… c’est tellement important !
JÉRÔME : Quelques fois être à 100 %, c’est ça ?
HENIN : Oui, et quelle que soit la forme du jour. Parce que parfois on n’a pas la forme, on n’a pas… mais d’arriver à exprimer le meilleur potentiel de ce jour-là quoi. De se donner à fond en fait. D’aller au bout de soi-même.

L’amour est mon moteur pour me donner à 100%

JÉRÔME : Comment on fait pour faire ça mais pas dans le sport ? Dans la vie. Que ce soit dans l’amour bien évidemment, dans la famille. Comment on fait pour être à 100 % ?
HENIN : C’est difficile. Parce que moi je suis en plein dedans pour le moment.
JÉRÔME : C’est-à-dire ?
HENIN : Et bien j’ai réussi à le faire beaucoup, le 100 % j’ai réussi à le faire dans ce cadre-là, dans cette vie-là, et je pense qu’à terme ça va m’aider à l’être dans tous les domaines de la vie, mais la transition pour le moment est trop importante encore que pour avoir des réponses. Mais comment on fait, je pense que… moi je suis guidée par l’amour, tout le temps. C’est mon seul moteur. Quand je jouais, j’avais envie de… je ne sais pas, il y avait… j’avais envie de donner du bonheur aux gens que j’aime, j’avais envie de donner du rêve et c’est ce qui me guide encore aujourd’hui. Mais moi ce qui me guide pour essayer de me donner à 100 % c’est l’amour que je peux avoir pour les gens et c’est vraiment… j’ai envie de dire que c’est ce qui est le plus important. Voilà. On est tous pris là-dedans, mais c’est mon… ça paraît bateau hein quand on parle de ça.
JÉRÔME : Mais c’est bateau mais alors c’est tellement essentiel.
HENIN : Oui c’est essentiel.
JÉRÔME : Regardez, les gens qui ne s’aiment pas, ils ne vont pas trouver ça si bateau.
HENIN : Non.
JÉRÔME : Ou qui ne parviennent pas à aimer.
HENIN : C’est clair.
JÉRÔME : Ou à être aimé. Ils ne vont pas trouver ça bateau.
HENIN : Mais en même temps ça s’apprend aussi. Ça s’apprend à arriver à dire je t’aime à quelqu’un, que ce soit dans une relation amoureuse, dans l’amitié, dans la famille…
JÉRÔME : Vous avez eu du mal, vous ? A franchir le pas du je t’aime ?
HENIN : Non. Je crois que je l’ai dit assez facilement. Par contre entre dire je t’aime et à réellement livrer ses émotions… dire je t’aime c’est facile, mais en même temps arriver réellement, je trouve, à laisser vivre ses émotions, ça c’est…
JÉRÔME : Le lâcher prise.
HENIN : Oh ! Il ne faut pas m’en parler pour le moment du lâcher prise, il me pompe moi le lâcher prise. J’ai besoin d’être… je voudrais me détacher de ce besoin d’être dans le contrôle en permanence, mais ce n’est pas gagné.
JÉRÔME : Chacun sa croix hein !
HENIN : Lâcher prise, ce sentiment qu’on peut avoir quand il y a tout qui se relâche comme ça…
JÉRÔME : Mais qui est toujours si bref.
HENIN : Quand on n’a pas ce sentiment de culpabilité. On se sent toujours coupable de tout.
JÉRÔME : Famille catholique chez vous ?
HENIN : Oui. Pas pratiquante, je n’ai pas eu le sentiment d’être élevée dans …
JÉRÔME : Mais assez pour se sentir coupable.
HENIN : Mais assez pour se sentir coupable, exactement. Ah oui. On n’allait pas à l’église mais, mais assez pour se sentir coupable exactement.
JÉRÔME : Lâcher prise je crois que c’est la grande histoire de nos vies à tous.
HENIN : Oui. Il y en a qui y arrivent plus facilement que d’autres quand même. Je ne fais pas partie de ceux-là. Les gens avec qui je travaille, je crois le regrettent de temps en temps, en même temps ça a fait ma force mais dans cette nouvelle vie, c’est encore vachement plus important que dans celle que j’ai vécue avant.
JÉRÔME : Il y a besoin d’être plus cool.
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Mais sinon les gens ne vous supportent pas. Si vous êtes dans le contrôle absolu tout le temps et que… les gens ne peuvent pas vous supporter.
HENIN : Mais dans ces moments-là ils me disent que je suis insupportable.
JÉRÔME : J’espère bien pour vous.
HENIN : En même temps quand je lâche prise, voilà, ça fait tout mon charme, ils m’adorent alors.
JÉRÔME : Oui, c’est ça.
HENIN : Le « attachiant » ! C’est moi.

Elle oscille entre le petit cœur de beurre, la romantique, et la guerrière

JÉRÔME : C’est vrai qu’il y a un paradoxe énorme chez vous entre le petit cœur de beurre, la romantique, et la guerrière quoi.
HENIN : Et en même temps je peux être si dure par moment.
JÉRÔME : Et la guerrière voilà.
HENIN : Mais c’est bien des personnes un peu complexes.
JÉRÔME : Bien sûr.
HENIN : C’est pas facile à vivre.
JÉRÔME : Mais c’est étonnant un paradoxe aussi… Parce qu’est-ce qu’on peut devenir 1ère mondiale si on a du cœur ? Si une fois qu’on est sur le court on a un minimum de cœur. Voire si on ressent un minimum de pitié.
HENIN : Non.
JÉRÔME : A un moment qu’est-ce qu’on va faire quand il y a un duel, un vrai duel, pas quand on gagne 6-0, 6-0, mais quand il y a un vrai duel. J’imagine qu’on prend sa main, on va chercher le cœur de l’autre, on le met dans sa poche, on monte au filet serrer la main, c’est un peu ça.
HENIN : Je n’ai jamais eu de pitié sur un court de tennis.
JÉRÔME : Jamais ?
HENIN : Ah non. Si évidemment quand l’autre se blesse… voilà, il y a des circonstances… mais en tout cas dans le combat, dans la lutte, ah non.
JÉRÔME : Donc il ne faut pas avoir de cœur.
HENIN : Là en tout cas on ne peut pas. Après voilà on est heureusement humain et il faut laisser cette place à la douceur ailleurs, mais on ne peut pas…
JÉRÔME : Mais comment on fait pour lui donner la place quand on est tellement dans ça ? Parce que votre vie c’est 20 ans de tennis.
HENIN : C’est ça qui est dur.
JÉRÔME : Comment on fait ?
HENIN : C’est de laisser vivre les paradoxes, les différents côtés de sa personnalité mais quand on est dedans et quand on est aussi guerrier, c’est difficile. Je pense qu’il faut en sortir pour arriver à vraiment l’exprimer pleinement. En tout cas c’est ce que je vis. Tout ce que j’ai dans le cœur, tout ce que j’ai de bon en moi, je l’exprimais d’une façon sur un court de tennis mais je l’exprime beaucoup mieux aujourd’hui dans ma nouvelle vie, ça c’est sûr. Mais c’est difficile évidemment. On ne peut pas être… les mecs ils ont plus facile à être amis entre eux que les filles, parce que les filles, ça c’est pas… voilà, ce n’est pas propre au tennis féminin, c’est la guerre les gonzesses entre elles. Les hommes, ils ont plus facile à avoir des amitiés, jouer l’un contre l’autre… Mais moi je vois déjà dans mon académie, quand je vois les jeunes qui veulent devenir champions, on voit tout de suite au moins s’ils ont déjà ça, ce caractère de guerrier, de gagnant et après ça ne s’applique pas à tous les domaines de la vie.
JÉRÔME : Justement on en parlait… non, ça c’est vrai… Justement on en parlait tout à l’heure, vous disiez : si j’ai un enfant qui veut être professionnel, je ne le pousserais pas. Vous avez une académie. Vous voyez une petite fille ou un petit garçon qui effectivement est exceptionnel. Est-ce qu’à un moment ça veut dire que vous devez aller voir sa famille et dire : écoutez, là maintenant il faut décider de lui prendre sa vie si on veut que ça marche. Est-ce que ça arrive ?
HENIN : Moi je ne mens jamais aux parents. D’abord j’essaie… on ne peut pas faire croire aux gens… aujourd’hui il n’y a pas un enfant de 10, 12 ans, il n’y a aucune garantie. Ca va dépendre de tellement de choses, c’est une multitude de détails, de choses qui doivent… c’est les rencontres, c’est s’accrocher aux bonnes personnes, et puis c’est surtout l’avoir dans le cœur cette envie. Moi quand j’étais gamine, j’étais dans ma chambre et je n’avais que des posters de Steffi Graff, j’étais complètement… c’était mon idole, je l’admirais, je m’enfermais dans ma chambre et j’avais, dès mes 7, 8 ans je crois, je répétais le moment où j’allais gagner Roland Garros et donc… oui, je me jetais à genoux dans la chambre, je levais les bras au ciel et j’imaginais comment la balle de match allait se passer, donc je le rêvais tellement… je parle souvent du rêve parce que je trouve que le rêve est… c’est tout ce qui nous permet de devenir ce que nous sommes et d’atteindre nos… il faut rêver. Et donc quand je vois ça chez une gamine ou un gamin, quand il a ça il a déjà une grande chance de réussir. Après il y a le talent, les rencontres, éviter les blessures mais ça doit être son envie à lieu, son rêve à lui quelque part. On ne peut pas rêver pour eux. C’est pour ça que je ne suis jamais… maintenant malheureusement c’est déjà à cet âge-là que la rigueur s’apprend. Là encore un autre mot que j’adore.
JÉRÔME : J’ai percuté ! La rigueur. La discipline.
HENIN : La discipline oui. Mais je pense qu’il en faut un minimum dans sa vie. Moi c’était peut-être un peu poussé à l’extrême mais… et puis je ne suis pas disciplinée dans tous les domaines non plus.

Ses projets à 29 ans

JÉRÔME : A quoi vous rêvez aujourd’hui ? Parce que vous dites qu’il faut avoir des rêves. Jacques Brel il disait « je souhaite avoir une foultitude de rêves et le courage infini d’en réaliser quelques-uns ».
HENIN : Bien sûr ! Je rêve de simplicité. Alors ça aussi ça peut paraître bateau mais j’ai besoin, j’ai envie d’arriver à savourer les choses les plus simples qui existent. Et j’y arrive. Donc ça je suis contente. J’ai l’impression chaque jour que…
JÉRÔME : De devenir une personne banale.
HENIN : Oui. En restant toujours un peu différente. Pas meilleure ou moins bonne hein. Mais un peu différente. Mais d’arriver à savourer les choses les plus simples. Et puis je rêve… oui, j’espère un jour que je serai une bonne maman. Je rêve de ça. Je ne sais pas comment je serai…
JÉRÔME : Personne ne sait ça.
HENIN : J’ai 5 filleuls. Donc…
JÉRÔME : Ce n’est pas encore la même chose.
HENIN : Donc j’ai voilà, un peu d’expérience mais voilà, tout le monde me dit… ma sœur m’a souvent dit « tu vois comme tu aimes ta filleule », je suis marraine de la fille de ma sœur, je dis « oui j’en suis dingue, je l’adore ». Elle me dit « quand ce sera le tien, ce sera encore autre chose ». Ça je ne peux pas l’imaginer mais je veux bien l’entendre. Donc oui je rêve de…
JÉRÔME : Ce n’est pas un degré dans l’amour qui est plus fort, c’est différent.
HENIN : Oui c’est différent.
JÉRÔME : C’est comme la 2ème vie, elle n’est pas mieux ni moins bien, elle est différente.
HENIN : C’est différent.
JÉRÔME : Oui.
HENIN : Oui. Je rêve de ça et d’apprendre à faire d’autres choses. Je ne sais pas encore exactement… pour le moment je ne sais pas…entre ces 2 vies il y a une passerelle et je suis sur cette passerelle pour le moment. Alors je suis…
JÉRÔME : Vous cherchez ? Je suis pensionné à 29 ans, qu’est-ce que je pourrais faire du reste de ma vie ? Vous cherchez ?
HENIN : Il y a des moments où je force un peu – oh c’est toujours le bordel ici – il y a des moments où je force un peu la porte en moi là comme ça, j’essaie de forcer, me dire allé, cherche ce que tu veux faire et tout et puis à d’autres, ces moments où je lâche prise et je laisse venir. Et où je découvre des choses en moi, alors ce n’est pas encore bien clair dans la tête mais… Il y a un côté artiste par exemple, je sens qu’en moi il y a quelque chose, j’ai une sensibilité pour découvrir d’autres choses. Avant je n’allais jamais… je ne prenais pas la peine d’écouter de la musique, d’aller à des concerts, de visiter des musées, je ne prenais pas ce temps-là et pourtant il y a un côté en moi, je suis sûre que j’ai des choses à découvrir, donc il y a des moments où je laisse venir. Je ne force pas, je laisse venir. Et donc pour le moment oui.
JÉRÔME : On va en reparler du côté artiste. Est-ce que vous aimez le vin ? Est-ce que dans votre nouvelle vie vous avez découvert le plaisir du vin ? Est-ce que vous avez fait ça ?
HENIN : Je commence, je ne peux pas dire que je suis une grande fan, non ce n’est pas que je ne suis pas une grande fan, je ne connais pas.
JÉRÔME : Moi non plus mais il ne faut pas connaître.
HENIN : Je ne connais pas mais j’apprécie, j’aurais plutôt tendance à boire une bonne bière.
JÉRÔME : C’est vrai ?
HENIN : Ah j’adore. Mais… j’ai un compagnon qui est dingue de vin, qui essaie de me les faire découvrir et qui se casse la tête parce que je ne suis pas encore ouverte à ça, mais j’ai envie, oui, je ne veux pas me fermer.
JÉRÔME : Je vais prendre sa relève pendant 10 minutes.
HENIN : Ok. Ça marche.

Son côté artistique :

JÉRÔME : Hop là.
HENIN : Il fait froid !
JÉRÔME : Maintenant promis, Friterie de la Chapelle. Moi j’aime l’ivresse.
HENIN : Oui ?
JÉRÔME : Ah oui. C’est comme ça, ce n’est pas maladif, loin de là, mais j’aime l’ivresse.
HENIN : C’est peut-être vous qui avez raison.
JÉRÔME : Mais c’est parce que sans le lâcher prise est impossible.
HENIN : C’est sûr. Attention, ça m’est arrivé hein. J’ai fait… parce que là j’ai eu des petits ennuis de santé, mais j’ai fait quelques belles fêtes hein. Il y a un endroit que j’adore à Bruxelles, ça s’appelle le Snap. Je ne sais pas si vous connaissez…
JÉRÔME : Karaoké.
HENIN : Oui. Ça, j’adore !
JÉRÔME : J’y ai fini quelques soirées.
HENIN : Et c’est marrant, c’est un endroit où je… j’ai une amie que j’ai rencontrée pendant mon adolescence, quand j’étais interne au Tennis Etudes à Mons, qui s’appelle Jeannette, et on s’est un peu, quand j’ai quitté Mons on s’est perdues de vue pendant des années et puis on s’est retrouvées, c’était au Snap. Et depuis on ne se fait aucune infidélité, quand l’une va au Snap et bien l’autre est obligée d’y aller.
JÉRÔME : L’autre doit y aller.
HENIN : Ah oui. On n’y va jamais l’une sans l’autre.
JÉRÔME : Et quoi vous chantez au karaoké toute la nuit ?
HENIN : A fond !
JÉRÔME : Mais non !
HENIN : Ah si !
JÉRÔME : Vous avez un public d’afficionados ou quoi ?
HENIN : Là depuis que j’ai été opérée j’ai des petits complexes avec… on m’a mis un appareil et tout, donc je n’y suis pas encore retournée, mais c’est pour bientôt. Je retrouve confiance.
JÉRÔME : Le grand retour au Snap.
HENIN : Le grand retour.
JÉRÔME : Le come back.
HENIN : Et ma pote Jeannette, elle met le feu, elle m’impressionne, donc je la suis et on s’éclate.
JÉRÔME : Et vous chantez quoi au Snap au karaoké ?
HENIN : Beaucoup de Goldman, j’aime bien Goldman. Donc « J’irai au bout de mes rêves », c’est un grand classique. Abba, « Mamma Mia », on le fait souvent. Je ne sais pas ce que ça donne, ça ne doit pas être terrible. Je me suis déjà retrouvée en vidéo sur Facebook …
JÉRÔME : Ah ben oui. La vie privée on oublie.
HENIN : Ah oui, ça ! Mais en même temps c’est un endroit, enfin je ne sais pas, il y a une ambiance, j’aime l’ambiance de cet endroit.
JÉRÔME : Et vous aimez chanter !
HENIN : J’adore !
JÉRÔME : Physiquement ?
HENIN : J’adore.
JÉRÔME : C’est quelque chose qui vous plait.
HENIN : Je ne suis pas douée mais j’adore. Je crois que j’aurais rêvé d’être actrice ou chanteuse. Oui j’aime bien tout ça.
JÉRÔME : Mais vous en parliez avant qu’on ne descende boire du vin.
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Le côté artistique. Ça vous chipote quand même.
HENIN : Oui, mais en même temps voilà je crois que je n’aurai pas de reconversion à la Yannick Noah, dans la chanson. Mais c’est merveilleux d’ailleurs, faire deux carrières comme celles-là, c’est extraordinaire. Mais en tout cas il y a des choses à découvrir. On disait ce que je cherche oui….
JÉRÔME : Par l’écriture notamment ?
HENIN : J’adore.
JÉRÔME : Vous écrivez ?
HENIN : Pas assez.
JÉRÔME : Est-ce que vous avez espèce de journal intime…
HENIN : Non.
JÉRÔME : Que vous appelez journal intime par honte de dire que j’essaie quand même d’écrire quelque chose.
HENIN : Non je n’ai pas de journal intime, je n’essaie pas d’écrire mais quand je dois dire quelque chose de, pas dire quelque chose de difficile, mais quand je dois me confier ce sera plus facilement par l’écriture. Mais j’ai un rapport à la… j’aime la justesse des mots. J’adore lire. J’avais, ben une maman prof d’histoire et de français donc j’ai un peu des grosses lacunes en histoire mais par contre… oui quand j’étais toute petite, gamine, elle montait des pièces de théâtre, et j’allais suivre les répétitions et j’étais capable de ressortir la pièce en entier et j’adorais ça. Donc j’ai un rapport aux mots, les mots pour moi sont terriblement importants et je trouve que l’écriture fait que les choses restent, il n’y a rien à faire, c’est… Quand on dit parfois, les mots ont dépassé ma pensée, je trouve que quand on écrit c’est… et donc quand je lis…
JÉRÔME : Quand on veut du contrôle il vaut mieux écrire que parler, c’est sûr, on peut gommer.
HENIN : Oui c’est vrai. C’est peut-être pour ça que j’ai plus facile, c’est plus facile pour moi d’écrire.
JÉRÔME : Mais vous disiez tout à l’heure, pendant les années tennis je n’ai pas eu le temps d’écouter de la musique, d’aller à des concerts, je n’ai pas fait ça, pas lu non plus j’imagine ou un peu plus ?
HENIN : Lire un peu plus, en voyage, mais j’écoutais aussi de la musique, mais en fait je faisais tout ça mais…
JÉRÔME : Sans y être.
HENIN : Mais sans y être. Exactement. Et aujourd’hui je me rends compte que j’observe. Avant je n’observais pas. Je n’observais pas les gens. Les gens c’est encore différent, parce que j’ai la passion des gens et de oui, je suis toujours fascinée par ces différences de personnalités et de caractère, donc ça j’ai quand même beaucoup observé, mais par contre, aujourd’hui quand je me balade voilà je regarde les gens, je regarde les boutiques, j’observe, vraiment j’observe quoi. Avant pas. Donc j’écoutais oui de la musique, je lisais, mais je n’étais pas à fond dedans.

Aujourd’hui je suis comme une petite fille qui découvre en permanence.

JÉRÔME : Vous les avez visités les 100 pays que vous avez traversés.
HENIN : Ben non, je n’ai rien vu.
JÉRÔME : Vous n’avez rien vu.
HENIN : C’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai une envie de voyage énorme.
JÉRÔME : Quoi, il y a des pays où vous êtes allée 7 ou 8 fois et vous n’avez jamais rien vu.
HENIN : Je rigolais parce que l’année passée, oui c’était l’année passée, j’étais encore blessée, j’étais blessée pour l’US Open à New York, mais j’ai dû aller là-bas pour faire une séance photos pour un sponsor, et j’ai emmené Amélie avec qui je travaille, on est parties toutes les deux, et je me suis dit tiens, ça va être l’occasion de découvrir un peu New York. J’étais allée probablement 10 fois à New York et je rigolais de moi-même tellement c’était dingue, je n’y connaissais rien. Je découvrais alors que j’y étais allée 10 fois quoi. Donc oui il y a plein de pays où je suis allée régulièrement mais où je n’ai pas… et pourtant j’ai de la curiosité mais je ne prenais pas le temps. Je suis très curieuse moi. Parfois… je pose beaucoup de questions en fait.
JÉRÔME : De quoi ?
HENIN : Je pose beaucoup de questions tout le temps parce que j’ai envie… j’ai l’impression que j’ai un retard en fait à rattraper.
JÉRÔME : C’est vrai ? Vous avez eu ça ?
HENIN : Oui. Et donc je me nourris de tout ce qu’on peut m’apprendre, quelque part. Oui j’ai toujours… je souffrais un peu d’un manque de culture générale. Sur la fin de ma carrière j’ai beaucoup souffert de ça.
JÉRÔME : C’est vrai ?
HENIN : Ah oui.
JÉRÔME : A cause ? Quoi, je suis plus idiote que les autres parce que je n’ai jamais fait que ça ?
HENIN : Ben oui, forcément. Ça je l’ai fait très bien, ça je sais que je sais le faire, mais en même temps j’avais l’impression que tout ce monde qui tourne, toute cette vie, tout ce monde qui tourne autour de moi, je n’en percevais rien quelque part. Et donc au niveau de la vie sociale ce n’est pas facile. C’est difficile. Et aujourd’hui… je pense que sur la fin de ma 1ère carrière, quand j’ai arrêté à 25 ans pour faire un break, c’était un peu de tout ça dont je souffrais, je me disais il y a trop de choses à découvrir, moi je suis là en train de faire la même chose, depuis des années, je tape sur la balle, ???, je le fais bien certes mais en même temps il y a tellement d’autres choses à découvrir, et donc aujourd’hui je suis comme une petite fille qui découvre en permanence. C’est fou, c’est riche… Il y a encore des moments où je le sens un peu comme une frustration mais en même temps tout s’ouvre à moi, voilà je ne peux apprendre que tu positif.

J’ai beaucoup souffert du regard des autres

JÉRÔME : La célébrité vous avez vécu ça comment ? Parce que c’est un corolaire quand même le fait d’être une championne.
HENIN : Je suis née, en tout cas mon destin c’était de jouer au tennis. Ce n’était pas d’être… à la base ce n’était pas d’être connue ou reconnue. Après par contre, quand… c’est complètement, c’est clair que j’ai un besoin de normalité aujourd’hui, à certains moments d’anonymat, mais je pense que… j’ai beaucoup souffert du regard des autres, oui. Le fait d’être connue et… je ne comprenais pas bien ce phénomène quelque part, je ne l’acceptais pas et donc je me privais de faire beaucoup de choses, je souffrais en rentrant dans des restaurants ou en allant… Je souffrais de ça.
JÉRÔME : Parce que les gens vous regardaient ?
HENIN : Parce que les gens me regardaient, oui. Après…
JÉRÔME : Ou parce que vous imaginiez tout ce qu’ils pourraient éventuellement dire de vous ?
HENIN : Ah ben oui, comme je suis quelqu’un qui manque plutôt de confiance en moi, à la base, ben forcément quand on manque de confiance… on a besoin de plaire aux gens, on est toujours un peu dans la séduction quelque part, c’est inévitable. Et en même temps, en souhaitant plaire aux gens je faisais plus de tort que de bien, parce que si je m’étais montrée telle que je suis, et bien c’était nettement mieux. Mais j’ai voulu tellement contrôler ça, me dire attention je veux être comme les gens s’attendent à me voir en fait, et je suis à ce niveau-là je suis passée à côté. Maintenant c’est bien je l’ai compris. Donc ça…
JÉRÔME : Vous n’avez pas voulu être totalement parfaite non plus.
HENIN : Non. Si j’aurais bien aimé mais…
JÉRÔME : Ben tiens !
HENIN : Donc dans cette partie-là, dans la façon où je l’ai vécu, j’ai une part, pas de responsabilité mais ça, si c’était quand même ma responsabilité de vivre comme ça. A côté de ça, ce dont j’ai souffert c’est de ce que la presse fait de certaines choses. Ça c’est clair. A certains moments je l’ai alimenté, à d’autres je ne l’ai pas choisi et la frontière vie privée vie publique est très fragile. Ça j’en ai souffert.
JÉRÔME : Personnellement moi j’ai un souvenir vous cernant, dans la presse, qui m’avait… que j’avais trouvé dégueulasse, c’était une Une de je ne sais plus quel magazine avec Kim Clijsters…
HENIN : Paris MatcHenin :
JÉRÔME : Et on disait genre « le bonheur de Kim Clijsters ».
HENIN : A tué Justine. Oui.
JÉRÔME : Oui. C’était terrible.
HENIN : Je m’en rappelle bien parce que j’ai énormément souffert.
JÉRÔME : Franchement ça vous a fait souffrir ça ?
HENIN : Oui et j’irais même plus loin que ça, j’essaie de me mettre à la place de la personne qui a permis ça et je me demande comment elle va s’endormir avec une bonne conscience ce soir, sincèrement. Parce que je me dis… il n’y a même pas une photo de moi sur cette Une, donc la mise en page est vicieuse quoi quelque part.
JÉRÔME : Mais en quoi ça vous a touchée ça ?
HENIN : Mais en quoi ça m’a touchée ?…
JÉRÔME : Parce que vous pouvez encore vous dire : gros con ! Et passer à autre chose.
HENIN : Oui mais parce que là-dedans il y avait un fond de vérité quelque part. Ce n’est pas le bonheur de Kim qui m’a tuée, c’est que moi j’étais en recherche de mon propre bonheur à ce moment-là. Donc je ne peux pas dire qu’il n’y a pas un fond de vérité, c’est la façon dont c’est présenté et dont c’est amené. On vit quand même dans une société où on base beaucoup sur l’image, les apparences, ce qu’on montre et on ne va pas assez loin réellement, en profondeur. J’ai souffert de ça parce que probablement il y avait un petit fond de vérité mais en même temps c’était très mal présenté et donc j’ai trouvé ça, oui un peu crapuleux. Mais en même temps, ça donc c’est méchant et puis après il y a tout ce dont les gens devraient se foutre, je veux dire savoir dans quel restaurant on est allé, dans quel quartier on a acheté une maison… Je n’ai pas envie de croire, je refuse de croire que c’est ce que les gens attendent. Parce que quand on me dit : oui mais on répond à la demande. C’est un cercle vicieux et je refuse…
JÉRÔME : Vous êtes midinette ? Vous êtes fan ?
HENIN : Non je ne suis pas fan. J’admire oui. J’ai beaucoup d’admiration pour des gens, connus ou pas connus, j’ai de l’admiration pour l’artisan qui travaille de ses mains mais dont on ne parle pas, comme d’une personne qui réalise une grande carrière, quelle qu’elle soit, un artiste, c’est pour moi… ce n’est pas que cette personne… parce que là on en revient au pouvoir de l’image, il y a quand même quelque chose du côté de l’image, à partir du moment où on v voit quelqu’un à la télé le phénomène de la télé réalité en soi, à partir du moment où on passe à la télé c’est qu’on est quelqu’un de connu et forcément qu’on doit réussir, et il y en a beaucoup malheureusement qui pensent qu’ils ont atteint les choses et puis ils se rendent vite compte que c’était un leurre et je trouve ça dangereux. Après, l’admiration, moi ce que j’admire c’est les parcours. Ce n’est pas une note qu’un chanteur va être capable… si ça me donne de l’émotion, du frisson, ce que j’imagine à travers ça c’est qu’au-delà du talent, et ça on a peut-être tendance à l’oublier un peu souvent, c’est tout le travail. Moi j’aime, voilà si il y a une valeur qui m’est très chère, c’est celle de l’effort mais l’effort dans… et là qui ne doit pas être dans la douleur physique nécessairement, mais du côté d’avoir envie d’entreprendre des choses, de se remettre en question, d’effacer des échecs et donc d’aller de l’avant, c’est quelque chose qu’on met peut-être un peu moins en…J’entends rarement quand même, quand on parle de gens qui ont réussi, je ne sais pas ce que vous en pensez mais est-ce qu’on entend souvent : ah cette personne c’est un bosseur ou c’est une bosseuse ?
HENIN : Très peu, on a souvent l’impression que c’est tombé du ciel.
JÉRÔME : On ne le dit pas assez ça. De toute façon qu’en Belgique un peu trop, quand on parle de réussite c’est que ou que c’était facile parce qu’il y avait les parents derrières ou le talent, ou bien c’est parce qu’on a triché ou magouillé. C’est vrai, j’en fais pas une généralité, je ne veux pas être aussi tranchée que je peux l’être d’habitude mais…
JÉRÔME : J’essaie de m’adoucir.
HENIN : J’essaie de m’adoucir oui, mais c’est vrai ce n’est pas quelque chose, le travail et la réussite ne sont pas des choses aime forcément mettre en avant, avec tout le côté aussi que j’aime en Belgique qui est l’humilité et la simplicité, je trouve ça très chouette, mais je trouve qu’à certains moments on n’est pas assez fier de tout le potentiel, à plein de niveaux différents, qu’on peut avoir.

Ses loisirs

JÉRÔME : Vous avez vu ça ? Attendez. Vous avez vu ce film ?
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Vous avez aimé ça ou pas ?
HENIN : Récemment. J’ai adoré.
JÉRÔME : C’est vrai ?
HENIN : Adoré. J’ai adoré, je trouve que c’est…
JÉRÔME : « Eldorado ».
HENIN : « Eldorado ». Il y avait… j’ai trouvé ça très bien, très très bien joué d’abord, très bien écrit, très bien joué. Admirablement filmé et réalisé et j’ai aimé les silences assez longs, qui en disent beaucoup finalement. J’ai aimé ça. J’ai aimé la sensibilité de ce film.
JÉRÔME : C’est qui vos actrices préférées, vos acteurs préférés, vos chanteurs préférés ?
HENIN : Il y a une actrice qui me fait beaucoup marrer dans un rôle un peu de gaffeuse, c’est Sandra Bullock, j’aime bien, je trouve que… elle me fait rire, dans son jeu. J’aime le cinéma français aussi, quand même beaucoup. J’aime beaucoup Nicolas Cage, j’aime énormément comme acteur américain. Jean Dujardin. Je le trouve d’abord très beau…
JÉRÔME : C’est vrai.
HENIN : Un bel homme hein.
JÉRÔME : C’est vrai.
HENIN : Et puis un homme intelligent et qui est capable d’amener beaucoup de profondeur et de jouer beaucoup de choses. J’adore la façon dont réalise Guillaume Canet aussi, j’aime beaucoup. Ce côté nostalgique probablement que je ressens et qui me parle, ce côté enfant et les liens très forts, ça se ressent dans ce qu’il fait.
JÉRÔME : Le droit à être jeune adulte.
HENIN : Exact, oui. C’est quelque chose qui me… j’aime beaucoup dans ses films. J’aime beaucoup Cécile de France. D’ailleurs c’est une des rencontres qui m’avait marquée. J’avais fait pour une fameuse émission qui s’appelle « Les 12 travaux », et c’était un des défis, c’était d’interviewer Cécile de France et ça m’avait impressionnée. Je la trouve très bonne actrice aussi. Voilà moi je suis ouverte en fait à beaucoup de choses et je découvre un peu ce que j’aime. Et je suis très romantique, donc j’aime les films d’amour.
JÉRÔME : Votre film préféré ? D’amour, préféré ?
HENIN : Toujours je trouve la question hyper difficile. J’avais adoré, alors en comédie romantique, « Love actually » .
JÉRÔME : Ah il est là ! Fantastique.
HENIN : Ça c’était…
JÉRÔME : Hugh Grant.
HENIN : Oui. Hugh Grant qui n’était pas pourtant l’acteur… voilà, qui pouvait être l’acteur principal mais voilà qui faisait partie du fil conducteur, mais tous les acteurs avaient la même importance, déjà je trouvais ça génial, il y avait toutes ces petites histoires en parallèle, et puis l’importance de l’amour. On y revient toujours. Donc j’avais… Et puis cette scène où il est 1er ministre, il danse, j’avais…Enfin voilà, j’ai trouvé ça savoureux. Et puis après j’ai beaucoup aimé « La cité des anges » avec Nicolas Cage et Meg Ryan qui est une actrice que j’aime beaucoup. Voilà, c’est clair, les films qui me font pleurer. Je pleure beaucoup devant…
JÉRÔME : Vous pleurez au cinoche ?
HENIN : Ah oui. Mais bon je peux pleurer devant une série télé aussi. Oui je pleure facilement. Pas forcément devant les gens, parce qu’il faut quand même rester dure…
JÉRÔME : Ah, attendez, merde…
HENIN : Il ne faut quand même pas déconner hein.
JÉRÔME : Il ne faut pas montrer qu’on est un être humain non plus.
HENIN : Non. Ne pas montrer qu’on a des fragilités, il ne faut pas déconner. Mais toute seule au volant de ma voiture oui.
JÉRÔME : Vous en avez fait des progrès en 1 an hein ! Arriver à en rire, quand même !
HENIN : C’est vrai.
JÉRÔME : Vous n’auriez pas pu en rire de ça il y a 5 ans ?
HENIN : Non.
JÉRÔME : Ce n’était pas possible ?
HENIN : Mais non parce que je ne le réalisais pas, enfin je ne comprenais pas.
JÉRÔME : Il n’y avait pas eu identification.
HENIN : Je ne comprenais pas. Comme beaucoup de gens… Beaucoup de gens dans leur vie arrivent à faire un gros travail sur eux pour découvrir ce genre de chose et moi je suis en plein dedans et donc forcément j’arrive à rire de ce qui me pesait énormément. J’ai beaucoup d’autodérision par contre. J’adore quand on se fout un peu de moi.
JÉRÔME : Ça ne vous dérange pas.
HENIN : Non.
JÉRÔME : Ça va alors.
HENIN : Non, pas du tout. Sauf sur mes talents en cuisine. Et encore, je rigole, parce que…
JÉRÔME : Vous commencez aussi la cuisine. Dangereusement.
HENIN : Très peu.
JÉRÔME : En même temps ce n’est pas nécessaire de savoir cuisiner dans la vie.
HENIN : Non.
JÉRÔME : Ça ne fait pas de nous des gens meilleurs.
HENIN : C’est vrai.
HENIN : Ah Bruxelles ! J’aime bien Bruxelles. Ce Palais de Justice qu’on refait depuis je ne sais combien de temps.
JÉRÔME : C’est dingue ! C’est une jolie illustration de la justice belge en même temps.
HENIN : Ah ça !
JÉRÔME : En travaux.
HENIN : En travaux.

La vie n’est pas une compétition dans tous les domaines

JÉRÔME : Vous parliez d’injustice tout à l’heure. Les injustices de la vie qu’on croise tous malheureusement pour nous, vous avez réussi à faire la paix avec ça justement ?
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Avec le fait que merde, cette vie est injuste. Ou vous êtes toujours sur vos gardes ?
HENIN : Elle est tellement belle. Je suis encore un peu sur mes gardes. Je ne suis pas quelqu’un qui s’est fermé autant que je me suis fermée, ne s’ouvre pas comme ça du jour au lendemain, ça se fait petit à petit mais je trouve que la vie est merveilleuse. Je trouve que c’est…
JÉRÔME : Vous en êtes arrivée là vous ?
HENIN : Oui.
JÉRÔME : C’est vrai ?
HENIN : Après, évidemment qu’il y a des drames qui nous frappent tous les jours, mais en même temps si on n’est pas capable d’apprécier les petites choses alors effectivement ça devient très lourd. Et je n’en suis pas… c’est un chemin permanent hein, on n’arrive jamais au bout je crois mais ah oui j’arrive à me dire que la vie on doit se la rendre belle. C’est pas toujours simple. Et puis c’est les rencontres qui nous mettent face à tout ça aussi. Tant qu’on est seul… Même si on souffre de cette solitude, qu’on n’est pas confronté à l’autre… Moi c’est vrai que c’est l’amour, la notion du couple, le face à face, je trouve que ça nous met face à beaucoup de questions donc ça nous fait découvrir beaucoup de choses et je n’en suis qu’au début…
JÉRÔME : Comme ?
HENIN : Ben oui, quelque part c’est toujours un peu, on n’aime pas trop le mot compromis, et pourtant c’est toujours essayer de se mettre à la place de l’autre, les envies de l’un qui ne sont pas celles de l’autre au même moment, et quand on y arrive ça s’appelle la complicité mais ce n’est pas tous les jours si simple et en même temps quand on goûte à ça c’est tellement merveilleux de pouvoir partager quand même. Je trouve que c’est…
JÉRÔME : Vous savez aimer avec raison vous ?
HENIN : Non. De plus en plus. J’évolue quand même. Ah non, pareil avant je croyais que l’amour ça devait être destructeur donc… Voilà je pensais que ce n’était que des histoires de toute façon qui étaient… que ne pouvaient me rendre heureuse que des histoires compliquées. Voilà. Je pensais que c’était comme ça. Et puis je commence à découvrir, même si ce n’est jamais simple, qu’il y a moyen de vivre amoureux, avec une certaine paix. J’ai beaucoup vécu dans le conflit, quand même. Aujourd’hui j’ai envie de pffffff.
JÉRÔME : Dans le conflit avec tout le monde ?
HENIN : Oui, beaucoup.
JÉRÔME : Ou avec les amoureux en particulier.
HENIN : Non avec tout le monde. Parfois c’était de ma faute, parfois pas. Dans le conflit. Le conflit a été une grande part… une grande importance dans ma vie et déjà le conflit avec moi-même, et aujourd’hui je me dis non il ne faut pas être dans le conflit pour être heureux. Heureusement. Mais en même temps il y a des modes de fonctionnement où parfois c’est comme ça. Et puis je ne dois pas… la vie n’est pas une compétition dans tous les domaines hein. Mais parfois, comme j’ai ça en moi… j’ai tendance à l’appliquer à trop de domaines. Mais je fais des efforts. J’évolue.
JÉRÔME : Je n’aspire aussi qu’à ça, à la paix.
HENIN : A la paix, oui ?
JÉRÔME : Ah oui.
HENIN : On en manque hein.
JÉRÔME : Oui, à un moment c’est bon quoi.
HENIN : On en manque oui. On a l’impression qu’il faut, oui, ben on vit dans un monde en conflit perpétuel alors quand… Je crois quand même que les gens aspirent, dans la terrible situation qu’on vit à différents niveaux aujourd’hui, on ne peut pas dire que les choses évoluent bien quand même, mais je crois que les gens aspirent à revenir à plus d’humanité. Maintenant on est tellement loin, je ne sais pas comment on va faire. Je ne suis pas de nature super optimiste. Je ne suis pas d’une nature super optimiste moi en général, même si ça va mieux, mais on se demande comment on va faire hein.

Ça n’a pas de prix, d’avoir du temps

JÉRÔME : C’est vrai que vous prenez des cours de guitare ?
HENIN : J’avais commencé…
JÉRÔME : Vous avez arrêté ?
HENIN : J’ai arrêté parce que je n’ai pas été assez assidue. Je vais recommencer. Je vais recommencer parce que j’avais beaucoup aimé commencer et puis j’ai repris ma carrière donc mais là aujourd’hui, ah c’est comme quand on dit manque de temps, ça parfois c’est une belle connerie aussi. Parce que quand on veut vraiment on le trouve. Surtout maintenant c’est vrai j’ai quand même le luxe de, même si j’ai plein de projets, mais j’ai cette énorme liberté, ça, ça n’a pas de prix, d’avoir du temps. Ou en tout cas de pouvoir me le créer donc… j’aimerais, oui, j’aimerais… j’ai un piano maintenant à la maison mais ça c’est vraiment dur je trouve, c’est dur, mais la guitare… je trouve que quand on est entre amis et qu’il y en a un ou l’autre qui sait jouer d’un instrument et que les gens se mettent à jouer ensemble, je trouve que ça amène une chaleur, une convivialité, oui, j’aimerais bien peut-être recommencer.
JÉRÔME : Le chant c’est quelque chose d’incroyable, la musique c’est quelque chose d’incroyable.
HENIN : Vous êtes musicien ?
JÉRÔME : Je joue, amateur.
HENIN : Vous jouez quoi ?
JÉRÔME : De la guitare.
HENIN : De la guitare.
JÉRÔME : Oui.
HENIN : Depuis longtemps ?
JÉRÔME : Oh depuis que j’ai 15 ans.
HENIN : Ah oui donc… donc ça va.
JÉRÔME : Je parviens à jouer encore assez mal pour quelqu’un qui joue depuis 20 ans mais ça va.
HENIN : Vous vous amusez ?
JÉRÔME : A fond.
HENIN : Ça vous détend.
JÉRÔME : C’est l’unique objectif.
HENIN : C’est le plus important.
JÉRÔME : C’est pour ça que la musique a toujours un truc particulier. C’est une vraie communion entre les gens et la musique.
HENIN : Ça transporte. Ça permet de voyager. Et puis les émotions qu’on n’ose pas nécessairement laisser vivre, à travers un beau morceau de musique, un beau morceau de piano, c’est … c’est merveilleux hein. Oui, quand je vais au Snap ce n’est pas de la grande musique hein. Je suis plutôt en train de massacrer les répertoires.
JÉRÔME : J’aimerais bien vous voir au karaoké quand même.
HENIN : Je n’ai pas peur. Moi je suis de nature timide hein.
JÉRÔME : Mais oui, c’est dingue, vous osez aller chanter devant les gens.
HENIN : Moi, quand je rentre dans un endroit, je suis plutôt du style à longer les murs. Oui je suis très timide. Il faut que je sois dans un cercle vraiment de confiance pour voilà, parler, parler, parce que je parle beaucoup, je ne sais pas si vous l’avez remarqué.
JÉRÔME : Non.
HENIN : Oui mais c’est quand je suis en confiance. C’est bien. Mais sinon je suis très timide, je longe les murs. Là au Snap, bon, c’est toujours avec l’aide d’un verre ou deux, histoire, pas pour être soule, juste histoire de se libérer.
JÉRÔME : Pour le lâcher prise.
HENIN : Pour le lâcher prise. Et là non je monte sur scène sans retenue.

Je suis toujours en train de récupérer les nuits de stress, les stress avant les matchs, la douleur physique

JÉRÔME : Et vous aviez peur avant de monter sur le Central de Roland Garros ? Est-ce qu’on a peur ou c’est devenu votre boulot ?
HENIN : On crève de trouille.
JÉRÔME : C’est vrai ?
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Peur. Mais de quoi ? De perdre ?
HENIN : De perdre, de ne pas être au maximum de ses moyens, de décevoir. De perdre, oui. Vous savez, quand on arrive sur un tournoi comme ça, on a fait ses valises pour 15 jours par exemple, mais ça peut s’arrêter à n’importe quel moment. On n’a pas une 2ème chance. Et donc vous devez toujours être prêt à affronter le meilleur comme le pire. Dans les vestiaires, avant de monter, je visualisais toujours la victoire et la défaite. Et la défaite, ben voilà, j’essayais de ressentir le sentiment que j’aurais en perdant et je n’aimais tellement pas ça que ça me poussait, ça me donnait de l’énergie positive quelque part. Mais j’ai toujours beaucoup travaillé par la visualisation, le fait de voir et de ressentir. Mais évidemment j’avais peur. Les nuits avant les finales de Roland Garros je dormais 4 heures maximum. Alors un jour comme ça, ça va parce que l’adrénaline est là mais alors dans les vestiaires en me préparant j’avais très froid, c’est le stress. Très froid. Et puis voilà une fois qu’on est monté sur le terrain, on tape les premières balles, en général heureusement le stress se transforme en quelque chose de positif mais par contre le stress a un impact négatif sur la santé, vraiment au niveau… moi je sais que j’ai fait souffrir mon corps pas que par l’aspect physique des choses, pas que le fait de courir, de faire de la muscu, mais le stress a joué un rôle terrible. Ca épuise.
JÉRÔME : Mais vous, vous l’avez fait souffrir aussi votre corps.
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Il y a des moments où vous avez demandé beaucoup de choses. Notamment quand vous partiez en Floride vous entrainer, ça avait l’air pas marrant.
HENIN : Non. C’est un peu surhumain mais en même temps, comme j’étais plus petite…
JÉRÔME : Pourquoi on le fait alors si c’est surhumain ?
HENIN : Parce qu’on a des objectifs et que ces objectifs, j’allais dire une bêtise parce que j’allais dire on ferait n’importe quoi pour les atteindre, c’est pas vrai, il y a des choses qu’on ne fait pas, en tout cas que la plupart des sportifs ne font pas, se doper, tricher, la majorité des sportifs heureusement ne le font pas mais par contre tant que c’est quelque chose qui est dans ce qu’on peut donner, dans ce qu’on peut faire, ben moi je ne me posais pas la question. Quitte à en pleurer. Je voyais où je voulais aller et c’était tout ce qui m’importait. Mais c’est dur oui. Et donc physiquement évidemment le corps a souffert. Pour le moment ça fait 1 an que j’ai arrêté et j’ai l’impression que toutes les nuits de stress, les stress avant les matchs, la douleur physique et tout, je suis encore en train de récupérer. On met du temps.
JÉRÔME : C’est vrai ?
HENIN : Ah oui. On met du temps.
JÉRÔME : Votre corps, il ne réclame pas ?
HENIN : Non. Mon défit maintenant, ça je sais que je peux le faire quoi, donc mon défit à moi c’est de passer par d’autres choses. Mais par contre vraiment sur le plan physiologique on dit que c’est mauvais de s’arrêter comme ça du jour au lendemain, ben moi je l’ai fait comme ça. Après, maintenant j’ai eu une opération il y a 3 mois mais là je vais recommencer, j’aimerais bien, mais après il faut apprendre à courir ou à faire du sport pour le plaisir et plus dans une notion… j’aimerais bien courir les 20 kms de Bruxelles, parce que la course à pied c’est pas mon truc mais en même temps j’ai envie de me prouver que je suis capable de faire d’autres choses mais sans chrono, sans performance. Mais ça, ça s’apprend… Moi je joue aux cartes, je râle quand je perds hein. Donc ça doit s’apprendre. Et ça, ça prend du temps. Mais juste que le sport il y a une connotation de plaisir, de bien-être. Ca vient, petit à petit.

« La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien »

JÉRÔME : Vous pouvez prendre ça.
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Et j’en ai plein, je vous préviens. Dites-moi ce qui est écrit.
HENIN : Vous êtes bien renseigné hein.
JÉRÔME : Il est écrit quoi ?
HENIN : « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien », Helen Keller.
JÉRÔME : « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien ».
HENIN : « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien ». C’est la citation qui m’a accompagnée, jusqu’à aujourd’hui en tout cas. C’est un truc qui m’a toujours… je la lisais souvent, je me la disais souvent parce que je pense qu’il faut oser, il faut risquer, il faut y aller quoi. En même temps il y a un temps pour tout. Aujourd’hui c’est peut-être moins, il faudrait que je trouve une autre citation. J’ai besoin de me poser, voilà, être guidée par autre chose. Mais je trouve quand même que la vie vaut tellement le coup d’être vécue à fond. Et ça me rend triste parfois les gens qui voudraient entreprendre, qui voudraient oser mais il leur manque ce petit truc, ce petit déclic, ce petit courage, voilà ce truc qui… peut-être pour se planter mais peut-être aussi pour réaliser un rêve… Enfin voilà, on ne sait jamais de toute façon quand on commence jusqu’où on va. Mais donc je trouve que l’audace est quelque chose… il faut oser.
JÉRÔME : Mais si on ne l’a pas ?
HENIN : Ah ben si on ne l’a pas on fera avec d’autres armes. Moi il y a des armes qui me manquent aujourd’hui et que je voudrais aussi avoir.
JÉRÔME : Comme ?
HENIN : Comme la patience, la tolérance, même si ça va mieux, il y a encore du chemin à faire aussi là-dessus, donc en tout cas, pour moi, avec mon caractère, « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien », c’est quelque chose qui m’a guidée, ça a été un moteur. Maintenant ça l’est nettement moins aujourd’hui que ça ne l’a été. Nettement moins.
JÉRÔME : C’est bien. Je veux bien « La vie est une aventure audacieuse… », je vais la mettre dans ma poche une semaine.
HENIN : D’accord, on fait un échange.
JÉRÔME : Merci. Je manque d’audace des fois donc…je vais me la relire.
HENIN : « Jacques Chirac a dit : lorsque j’engage un combat il ne me vient pas à l’idée que je puisse le perdre ».
JÉRÔME : On se croit invincible à un moment ?
HENIN : Non.
JÉRÔME : Jamais ?
HENIN : Moi je ne me suis jamais sentie… Si, c’est pas vrai, je mens. Il m’est arrivé en montant sur le terrain avant une finale, ça m’est arrivé une fois, de me dire « je vais gagner ». Ca m’est arrivé une fois.
JÉRÔME : Sur ?
HENIN : Sur ? C’était en finale à Roland Garros, en 2005, contre Marie Pierce. Mais le reste du temps par contre, en 2007, c’est une année où j’ai fait une série de folies, j’avais gagné je ne sais pas, plus de 25 matchs d’affilée et là à chaque fois que je montais sur le terrain je me disais « tout peut s’arrêter aujourd’hui ». Donc non heureusement on n’est pas invincible. C’est rare les moments où… Ca m’est arrivé mais c’est rare et c’était très court, heureusement. Parce que c’est bien de perdre des combats hein. C’est ce qui nous rend vachement plus fort derrière.
JÉRÔME : Vous m’attendez une seconde.
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Ne bougez pas. Tradition de la maison, nos invitées féminines ont droit à des fleurs.
HENIN : Oh c’est gentil, merci beaucoup. C’est très gentil. Ça me touche énormément. Et j’adore les fleurs blanches.
JÉRÔME : C’est vrai ?
HENIN : Oui.
JÉRÔME : Et bien nous avons bien choisi. Je vous remercie vraiment d’être venue.
HENIN : Merci beaucoup.
JÉRÔME : C’est super. On va manger des frites ou vous allez manger des frites ?
HENIN : On va manger des frites. Évidemment.
JÉRÔME : Je vais mettre ma veste d’ailleurs. C’est bien gentil d’être venue.
HENIN : Merci beaucoup. C’était un bon moment.

2 commentaires sur “Justine Hénin dans Hep Taxi ! ce dimanche 12 février à 22h45 sur la Deux”

  1. motte arlette dit :

    moi je l ai toujours aimee et admiree depuis ses debuts une grande championne comme elle il n y en aurra plus

  2. cambier jean-pierre dit :

    bonsoir,
    moi qui ai toujours admiré Justine ai,si que des millions d’autres j’ai eu plaisir à la suivre dans Hep taxi – MERCI JUJU POUR CE QUE TU NOUS A DONNE – BISOUS