Quel plaisir de partager un verre avec Aurélie, jeune artiste épanouie qui assume pleinement son illustre filiation. Loin d'en souffrir, elle puise dans cette situation familiale une partie de son énergie. Elle en parle sans détours et présente son premier album « Oserais-je » composé en complicité avec le belge Esthen.
Comment se sent-on après la sortie de son premier disque ?
Aurélie Cabrel : Je me sens bien, en osmose avec moi-même parce que j'ai vraiment eu l'occasion de faire l'album que j'imaginais. Je me sens comme une jeune maman qui veut à la fois protéger son nouveau né et le montrer à tout le monde !
Vous semblez vraiment rayonner sur scène. Vous riez, vous jouez avec le public. Comme si cet endroit vous appartenait...
J'ai un rapport à la scène très particulier parce que, pendant toute mon enfance, j'ai vu mon papa sur les planches. Et il m'est arrivé très souvent d'aller lui faire un câlin sur scène, pendant les répétitions et même parfois à la fin des spectacles. J'ai l'impression que cette grande estrade était, en fait, un prolongement
de la maison familiale. Je m'y sens vraiment chez moi. Donc j'y suis très à l'aise. Bien dans mon corps, dans mon esprits, comme dans mon salon avec des copains. C'est sans doute un avantage par rapport à d'autres chanteurs débutants. Tant mieux !
Être la fille de Francis ne semble pas trop vous peser...
J'ai eu la chance d'être élevée dans la campagne, loin de l'agitation, par des parents qui s'aiment profondément. C'est devenu plus rare aujourd'hui. Ils m'ont inculqué une série de priorités qui vous guident. Je suis très fière des valeurs que j'ai reçues. Cet environnement était très sain je pense et m'a permis de
grandir simplement comme la fille de mon papa et pas comme la fille d'un chanteur reconnu qui remplit des grandes salles et vend beaucoup de disques. Mon père s'est toujours méfié des paillettes parisiennes et arrivait à prendre du recul par rapport à son succès.
J'ai surtout eu la chance de voir mes parents heureux, épanouis dans leurs métiers respectifs. Voir mon père heureux en sortant de scène, soir après soir, le voir revenir à la maison, le cœur plein de tout ce qu'il avait reçu du public, cela m'a beaucoup marqué !. Il parlait de tout ça avec enthousiasme et à réussi à me transmettre l'amour du métier.
Je sais que les gens qui viennent dans mes concerts viennent d'abord par curiosité. Et comme j'ai terriblement confiance en l'être humain, je ne suis pas stressée. Chacun repart avec son opinion sur ce que je fais et je ne pense pas que les gens comparent avec ce que fait mon père. De toute façon je refuse de me dire que c'est un fardeau. Je suis très fier de mes parents !
Quelles sont les circonstances qui vous ont amenées à enregistrer ce premier disque ?
Au début, j'étais manageuse de groupes pendant 6 ans. Je leur trouvais des concerts et les suivait sur la route. Mais j'ai vite été frustrée des les envoyer sur scène et de rester dans les coulisses. Et un jour j'ai rencontré Esthen, un musicien belge, aux rencontres d'Astaffort que mon père organisait. Je dois avouer que j'ai eu un vrai coup de foudre artistique avec lui. Parfois, la vie vous fait le cadeau de vous guider vers des gens avec qui ça colle tout de suite, avec qui vous partager des valeurs, des émotions, une vision du monde... Je lui donc demandé de travailler avec moi pour réaliser l'album. Il m'a aussi conseillé d'engager Diego Straz, un autre belge, à la guitare et c'est un vrai bonheur !
Vos concerts sont assez rocks finalement. Alors que l'album ne semble pas assumer complètement cette option...
Les gens ne le savent peut-être pas mais on est très rock dans la famille ! Quand mon père venait me chercher à la piscine, il me faisait écouter ZZ Top. J'ai été biberonnée à Dylan (1). Entre nous je ne sais pas ce qu'il mettait dans les biberons (rires!) Avec mes musiciens en tournée, on peut vraiment assumer cette énergie rock et j'adore ça ! L'équilibre d'un album et d'un concert sont forcément différents. Sur scène l'énergie doit primer !
Vous avez repris une chanson de votre père sur scène. Comment s'est opéré ce choix ?
Comme mon univers est plus rock que celui de mon père, les gens s’attendaient sans doute à ce que je reprenne une de ses chansons douces et que je l'électrise un peu. Du coup, j'ai voulu faire l’inverse. J’ai pris "Encore et encore" et je l'ai transformée en une version douce. C'est en discutant avec Julien Lebart, qui travaille notamment avec Cali, que cette idée m'est venue. J'aime beaucoup cette chanson et cela m'amuse beaucoup de lui tisser une nouvelle robe.. !
Entretien : François Colinet
En concert le samedi 22 septembre au théâtre communal de Binche.
(1) Francis Cabrel sortira une album d'adaptations françaises de Bob Dylan le 22 octobre prochain. On en reparlera...En attendant le premier single "Comme une femme" adaptation du célèbre "Just like a woman" est déjà disponible.




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