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Saga Valta, complicité du dessin et du texte dans une saga islandaise

CHRONIQUE BD | mardi 17 juillet 2012 à 11h33

  • Une bande dessinée, c'est du dessin, bien évidemment. Mais c'est aussi du texte! Et force est de reconnaître que, bien souvent, trop souvent, les mots, dans les bd, souffrent d'un certain rachitisme. Dans Saga Valta, ce n'est pas le cas, loin s'en faut. Le plaisir de la lecture en jaillit grâce à une alliance intelligente et talentueuse entre dessin et texte.

    L’histoire se passe en Islande, à une époque lointaine… Valgar, un guerrier aime une femme qu’il n’a pas le droit de désirer. De cette union interdite naît un fils. Poursuivi par la colère et la vengeance du grand-père de cet enfant, ce guerrier, est obligé de s’enfuir, et d’abandonner femme et fils.

    S’ensuit une véritable saga, qui fait se côtoyer des personnages hauts en couleurs, virils, tortueux, et qui entraîne notre héros vers d’autres chefs de guerre. Porteur d’une mission imposée par celui qui a réussi à le sortir des griffes vengeresses de Thorgerr, le père de sa bien-aimée, il se jette dans la vie avec comme seul but de se venger à son tour.

    sagavalta

    sagavalta - lombard

    On pénètre, avec cet album, avec cette histoire, dans la réalité historique d’un lieu et d’une époque du monde que, avouons-le, nous connaissons peu, et, en même temps, dans une aventure proche de l’héroïc-fantasy, ouvrant le réel à des réalités fantastiques.

    Le fantastique, oui, que Jean Dufaux, le scénariste, aime mêler à ses scénarios:

     

    Dufaux et le fantastique

    En bande dessinée comme dans toute littérature, le thème de l'aventure est propice à mettre en scène des personnages virils. Et c'est vrai que, dans Saga Valta, les personnages sont musclés, violents, ils conjuguent le sens de l’honneur viril avec celui de la trahison des sentiments. Ils sont assoiffés de gloire et de puissance mais aussi de sensations et d'amour. Ils sont amoureux tout en aiguisant leur épée. Ils sont, d’une certaine manière, les archétypes d’un héroïsme qui peuple et peuplera encore longtemps toutes les mythologies humaines.

    Aux commandes de cette saga valta, donc, un des maîtres du scénario. De Jessica Blandy à Murena, en passant par Dixie Road et des tas d’autres séries encore, Jean Dufaux est de ceux pour qui, dans une bande dessinée, le mot, l’écriture, ont autant de nécessité que le dessin. Et cette richesse d’écriture se retrouve dans Saga Valta, elle y occupe, incontestablement, une place importante. Elle imprime, elle impose un rythme à l’histoire, elle forme une symbiose avec le dessin, construisant un album épique qui fait penser à des histoires déjà vues, déjà lues, mais qui s’éloigne très vite ce ces univers convenus.

     

    Dufaux parle de Saga Valta

    Dans les livres que Jean Dufaux scénarise, le dessin et le texte vivent une véritable complicité, s’enrichissent l’un de l’autre. Et ce que réalise Aouamri pour Saga Valta est absolument remarquable. Le dessin est d’un réalisme qui fait se souvenir, certes, de dessinateurs comme Hermann, parfois, Serpieri aussi, à certains moments, mais qui possède de véritables qualités personnelles. Et ce dessin réussit, ce qui n’est pas toujours le cas, à ajouter encore un peu plus au rythme des mots, à la cadence presque poétique de cette saga qui ressemble, d’une certaine manière, à ce que pouvaient être les textes occidentaux du Moyen-Age…

     

    Jacques Schraûwen

     

    Saga Valta (dessin: Aouamri - scénario: Dufaux - éditeur: Lombard)

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