Bordeaux et la Toscane prennent rendez-vous avec la bande dessinée : deux albums, deux dessinateurs, un scénariste, une vraie réussite !

Amoureux du vin, amateurs de bonnes histoires dans lesquelles rebondissements, conflits familiaux, meurtres, secrets bien cachés et dessin d’un réalisme lumineux sont présents, voici deux séries qui ne pourront que vous plaire et vous mettre l’eau à la bouche ! Enfoncez-vous dans deux des régions viticoles les plus réputées pour y découvrir des passions qui, toutes, tournent autour de ce breuvage que l’on dit divin et qui éveille, de page en page, tous les appétits de l’aventure humaine !

Châteaux Bordeaux : 4. Les Millésimes (scénario : Corbeyran – dessin : Espé – éditeur : Glénat)

Corbeyran, le vin et la bd : une rencontre passionnante !

Corbeyran, le vin et la bd : une rencontre passionnante ! - Glénat

Je vous ai déjà parlé des trois premiers volets de cette série, vous en disant tout le bien que j’en pensais : une intrigue réussie, avec tout ce qu’il faut de rebondissements, un portrait de femme plein de sensibilité, et une approche didactique de l’univers du vin, le tout servi à la fois par un scénario solidement charpenté et par un dessin à la robe chatoyante. Eh bien, d’album en album, cette saga familiale se bonifie, incontestablement ! Dans les premiers opus, le vin occupait le premier rôle. Ici, même s’il reste présent, même si les éléments de son élaboration continuent à nous être montrés, décrits, expliqués, il laisse la place à l’intrigue… A Alexandra qui continue à se battre, envers et contre tout, envers et contre tous, pour sauver sa propriété. Et le dessin prend plus de corps, lui aussi, plus de consistance, jouant encore mieux avec les paysages et les visages, les expressions et les sentiments.

Il s’agit de bande dessinée de facture classique, au scénario maîtrisé, au dessin abouti. Un vrai plaisir de lecture, donc, pour qui aime les sagas familiales où vénalité et amour, assassinats et rédemptions se mêlent sans cesse dans une trame narrative qui réussit à créer sans cesse le suspense.

In Vino Veritas : Toscane première partie (scénario : Corbeyran – dessin : Luca Malisan – éditeur : Glénat)

Corbeyran, le vin et la bd : une rencontre passionnante !

Corbeyran, le vin et la bd : une rencontre passionnante ! - Glénat

Cette fois-ci, Corbeyran nous emmène en Italie, où le vin, comme en France, fait profondément partie de la culture. On aurait pu avoir peur que, pour cette série naissante, il utilise les mêmes ressorts que pour « Châteaux Bordeaux ». Même si le vin, ici aussi, est un personnage clé, l’intrigue entamée, elle, se différencie très fort des méandres vécus dans la région de Bordeaux. Il y a, bien entendu, des problèmes de famille. Mais qui sont d’abord et avant tout des problèmes d’approche de l’existence. Lionello et Tessa sont frère et sœur. Enfants, ils s’adoraient. Mais à l’âge adulte, ils se déchirent. Lionello, marié, cherche avant tout le profit. Tessa, elle, se bat au quotidien pour la qualité de son vin qui ne lui rapporte que de quoi subsister. Leur grand-mère meurt, elle qui les a élevés. Et dans son testament, elle demande à ses petits-enfants, qui héritent d’elle une petite propriété vinicole, de la gérer ensemble en faisant se taire leurs différends, leur haine…

Encore une fois, le scénario de Corbeyran ne souffre d’aucune faiblesse. Le scénariste se sent bien à l’aise, c’est évident, dans ces histoires où famille et réalités sociales se mêlent intimement. Et le dessin de Malisan mérite le détour. Classique sans être lassant, ce graphisme privilégie les ambiances, avec un talent assuré. Les paysages toscans, sous la plume de Malisan, sont somptueux, lumineux, baignés de clarté, de mouvements, restituant à la fois la beauté des visages et celle des vignobles et des villes. Et ce premier album se termine par un point d’interrogation qui ne peut que donner l’envie de vite en découvrir la suite ! Un petit bémol quand même: la colorisation n'est pas toujours à la hauteur du dessin...

 

Jacques Schraûwen

 

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