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Maudit mardi

CHRONIQUE BD | lundi 27 août 2012 à 21h41

  • La bande dessinée est un art multiforme, de par ses techniques, mais aussi de par sa fonction narrative. Nicolas Vadot, dans « Maudit mardi », construit et nous offre un long poème surréaliste au dessin étonnant et somptueux, qui sort résolument des sentiers battus tout en y incorporant quelques thèmes habituels à la bd.

    En refermant le deuxième volume de ce diptyque, on se demande quelle est l’histoire qu’on a lue, qu’on a regardée. Celle d’un homme perdant ses racines, celle d’une femme cherchant à les retrouver, celle d’un tueur en série, celle d’un certain fantastique, celle du destin dans ce qu’il peut avoir de plus inattendu et de plus prévisible ?

    Il y a, dans " Maudit mardi ", un peu de tout ça.

    L’histoire commence avec un homme, assis sur une plage, et regardant passer les bateaux. Ses jambes s’enfouissent dans la sable, jambes qui sont faites de bois, et les racines en sont profondes. Face à ces premiers dessins, on a l’impression de se retrouver dans un univers surréaliste à la Magritte. Et il est vrai que commence alors une espèce de long poème surréaliste… Une mouette dit à cet homme qu’il mourra un mardi… Ce qui signifie que tous les autres jours de la semaine sont sans aucun danger pour lui. Et cet homme, ce solitaire, va se couper de ses racines, au sens premier de l’expression, aller dans la grande ville où l’attend peut-être celle qui fut et reste son amour…

    Maudit Mardi

    Maudit Mardi -

    En lisant cette histoire, une phrase m’est revenue en mémoire : un vers de Verlaine : " De la musique avant toute chose "

    Au-delà Du récit, au-delà du seul aspect graphique ou littéraire, ce qui frappe en effet dans " Maudit mardi ", c’est le rythme qu’on y trouve, un rythme qui nous accompagne tout au long de la lecture, et qui, étrangement, et rarement en bande dessinée, persiste l’album refermé.

     

    Nicolas Vadot nous parle du rythme de son livre

    tome1

    tome1 -

    Il y a donc, dans " Maudit mardi ", un rythme propre, une musicalité sans cesse présente, il y a des thèmes précis qui se révèlent universels, et il y a aussi un travail graphique qui aboutit à une véritable réussite.

     

    Nicolas Vadot nous parle de son graphisme

    Ce livre, décliné en deux tomes, a vu le jour grâce aux internautes, qui l’ont " produit ". Et pour Nicolas Vadot, ce travail d’édition via internet, avec un contact réel, vivant, avec ses lecteurs/producteurs, a été, incontestablement, une belle aventure.

     

    Nicolas Vadot nous parle de son éditeur

    " Maudit mardi " :  une histoire envoûtante, étonnante, poétique, fantastique, musicale, parue aux éditions Sandawe, et qui connaîtra un prolongement grâce à une exposition des dessins originaux, une exposition qui aura lieu du 13 septembre prochain au 21 octobre, au Centre belge de la Bande Dessinée, rue des Sables à Bruxelles.

     

    Jacques Schraûwen

     

    Maudit mardi : deux tomes de Nicolas Vadot, chez Sandawe.com

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