Une programmation, est-ce une forme d’engagement ?
Grande question ! Quand on prend les éditos des directeurs, on a l’impression que nous sommes tous responsables du monde. Mais on sent quand même que les grandes questions de société traitées par le théâtre, rencontrent beaucoup moins le public actuellement.
Il y a une tension. Moi, je ne sais pas s’il y a un message, mais en revanche il y a des choses qui me passionnent dans une saison, et que je trouve très pertinentes sur l’état de nos sociétés. Je pense notamment à la réécriture de Médée de Tom Lanoye ; il en refait un conte moderne, change la fin et renvoie à ce que sont les relations entre un homme et une femme qui se séparent aujourd’hui, quand ils ont des enfants. La notion de responsabilité a changé par rapport à ce qu’elle était il y a 40 ou 50 ans. Tom Lanoye met le doigt là-dessus et c’est totalement exceptionnel. En reprenant " L’éveil du printemps ", c’est aussi une volonté de requestionner l’adolescence aujourd’hui et le passage à l’âge adulte. Mais je ne suis pas dans un théâtre militant.
La création permet d’offrir un espace, un tremplin à de jeunes metteurs-en-scène ?
Oui, parce que nous sommes un centre culturel régional mais aussi un centre dramatique et que la structure est atypique. C’est un lieu de création en arts de la scène. Une de nos missions, c’est de suivre des gens comme Jean-Michel Frère qui est en résidence chez nous, Anne-Cécile Vandalem, avec laquelle nous allons à Avignon sur un spectacle important, et très original.
Nous entamons aussi le travail avec Antoine Laubin, autre jeune qui émerge, et Peggy Thomas. Donc nous cheminons sur ce travail de faire émerger une nouvelle génération, intéressante et différente de ses pères. C’est là que les spectateurs doivent être curieux de regarder le propos de jeunes d’aujourd’hui, et ce qu’ils disent de l’état du monde.
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