A tout seigneur tout honneur, l’artiste invité, Simon McBurney, un Anglais inconnu en Belgique dont "Le Maître et Marguerite" du Russe Boulgakov enchante la Cour d’Honneur. Avec McBurney mêler trois époques, des tas de lieux, des personnages, réels et mythiques, de Staline au Diable, de Jésus et Ponce Pilate au comité des écrivains soviétiques en 1930: "no problem, just look". Il nous ballade avec élégance d’un asile psychiatrique où se morfond le héros écrivain, à la folie amoureuse de Marguerite, de Moscou à Jérusalem en passant par le ciel et l’écroulement final du Palais des Papes, image du monde. En bref, à travers le thème faustien de l’amour- ici le Maître, un écrivain persécuté par Staline et Marguerite, manipulée par le Diable- on plonge dans une caricature du pouvoir (stalinien, dictatorial). Et dans un retour aux sources de la compassion, où Ponce Pilate l’ambigu, regrette d’avoir laissé crucifier le Christ. Et de suggérer, par quelques allusions, que cette histoire est éternelle, avec de brèves allusions à la guerre d’Irak.
Une réussite éclatante: McBurney est un raconteur d’histoires en images fabuleux, qui jamais n’abuse de la vidéo mais l’utilise chaque fois à bon escient pour passer d’un lieu à l’autre, de Moscou à Jérusalem, ou élargir à l’univers le message du "Maître" contre l’intolérance ( athée ou religieuse). Il sait aussi alléger la pâte avec ce personnage fantastique du chat, une marionnette aux yeux rouges, aux rages divertissantes. Hormis le superbe Enfer de Dante, mis en scène par Romeo Castelucci, en 2008, jamais je n’ai vu une Cour d’Honneur aussi habitée, justifiée, habillée, sublimée par un merveilleux hommage à la liberté de pensée.




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