Pendant de longues années, beaucoup de gens se sont demandés qui pouvait bien être le Mr. Jones dont il est question dans la chanson des Counting Crows, ce groupe californien qui a signé avec ce titre, du moins du côté de l’Europe, deux grands hits à la fois, leur premier et leur dernier. Des Mr. Jones, c’est pas ce qui manque dans l’histoire du rock. Il y a le Mr. Jones de Ballad of a Thin Man de Bob Dylan, il y a les chansons éponymes des Psychedelic Furs et des Talking Heads, parmi d’autres. Il y a aussi la Mrs. Jones de Billy Paul…
Et puis, on en a déjà parlé, ‘a jones’ en argot, c’est aussi ce besoin irrépressible, une envie à assouvir très vite et par extension, l’héroïne, la came…
Non. Le vrai Mr. Jones existe vraiment. Il s’appelle Marty Jones et c’est le vieux pote d’Adam Duritz, chanteur des Counting Crows. Avec le guitariste David Bryson, co-auteur de la chanson, ils avaient un groupe ensemble, ils s’appellaient The Himalayans. C’est Adam Duritz qui raconte l’histoire : " Un soir, Marty et moi, on est sortis voir son père jouer du flamenco. Il vivait en Espagne et était à San Francisco avec sa troupe. Après ça, on est tous allés au New Amsterdam, un bar situé sur Columbus Avenue, et on s’est bien bourré la gueule. Marty et moi, on était au bar et on matait ces deux filles, en essayant de trouver une ouverture pour leur parler, mais on crevait de trouille. Alors on se marrait à deux en se disant que si on était des rock stars au lieu d’être les losers qu’on était vraiment, ce serait du gâteau. Après, je suis rentré chez moi et j’ai écrit la chanson. "
Et c’est vrai que quand on se penche sur le texte, on est dans le concret. Ca sent le bar, l’alcool et les filles. Celle qu’ils sont en train de mater est une danseuse. Très belle. Trop belle pour lui. I wish I was beautiful, pleure-t-il, Pass me the bottle Mr. Jones. She's looking at you. Ah, no, no, she's looking at me, des trucs d’aolescents quoi… Believe in me, help me believe in anything, crois en moi, aide-moi à croire en quelque chose. La seule chose qui peut faire tomber les femmes dans sesbras, c’est être beau, être une star, passer dans le poste. On sait pas comment on va y arriver, mais une chose est sûre, si tout le monde t’aime, tu esle plus heureux des hommes. Conclusion : Me and Mr. Jones, we’re gonna big stars. Bon, c’est pas du Shakespeare, mais faut aussi imaginer le type vautré dans son fauteuil assommé par la bière qui tente de faire trois phrases verbe sujet complément. Allez, Adam, tu es excusé. Fais-nous une belle petite conclusion maintenant.
" Je me moquais de nous, de cette histoire. Mais c’est vraiment une chanson sur tous les rêves quinouspoussent à faire des choses qui nous tiennent à cœur, rock star ou toubib ou ce que tu veux. Des trucs du genre ‘toutes ces choses que j’ai toujours gardées au fond de moi’ ou ‘je me faire des filles parce que j’en ai marre de ne pas y arriver’. Bref, c’est une chanson sur mes rêves. " Rêves en partie réalisés avec le succès de Mr. Jones, même si ce succès n’est pas resté très longtemps. L’important n’est pas d’arriver en haut, mais d’y rester…

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