Dans l’histoire du rock, il y a deux Maggie Mae ! Celle des Beatles et celle de Rod Stewart. Et même si ces deux Maggie sont différentes, d’ailleurs le Mae des Beatles s’écrit M-A-E et celle de Stewart M-A-Y, comme Brian, un lien infime les relie, on va le voir plus loin. La Maggie Mae des Beatles est empruntée au folklore de Liverpool, c’est une prostituée qui volait ses clients (Maggie est un mot d’argot pour désigner une prostituée). Lennon la jouait depuis ses 15 ans et les Beatles aimaient se chauffer avec ce morceau avant d’entamer le travail créatif en studio. Entre nous, ce n’est pas la chanson la plus intéressante des Beatles.
Mais c’est sur l’autre Maggie May que nous allons nous pencher aujourd’hui, celle qui fit de Rod Stewart une star mondiale en 1971. La chanson raconte l’étrange relation entre un jeune homme, qui est encore à l’école, et une femme plus âgée, comme le souligne élégamment la phrase The morning sun when it's in your face really shows your age, le soleil du matin révèle ton vrai âge, pas le genre de trucs qu’on sort à une adolescente. Ni à persone d’ailleurs.
Dès le premier couplet, le ton est donné : Réveille-toi Maggie, je dois te parler. Je sais que je t’amuse avec moi mais j’en peux plus, tu m’utilises parce que tu as peur d’être seule. Tu m’as pris mon cœur et ça, ça fait mal.
Le deuxième couplet est plus direct. Oui, tu es plus âgée mais je t’aime quand même, tu me fais rire. Mais je n’en peux plus, tu as volé mon âme, une douleur dont je me passerais volontiers.
Troisième couplet : j’avais besoin d’une amie et on a fini au lit, j’en peux plus,tu as volé mon cœur et je ne peux vivre sans toi.
Et quatrième couplet, je suppose qu’il ne me reste plus qu’à ramasser mes bouquins et retourner à l’école, prendre la queue de billard de mon père et tenter de faire carrière, ou trouver un groupe rock qui a besoin d’une petite main… Je suis raide de toi et je t’aimerai toujours.
Au passage, on remarquera que la chanson ne possède pas de refrains, chose assez inhabituelle pour un hit !
Cette Maggie May, qui exprime les sentiments sincères mais contradictoires et confus d’un jeune homme amoureux d’une cougar, fait en réalité appel à des souvenirs de jeunesse de Rod Stewart. Au début des années 60, le jeune Roderick Stewart comprend que, s’il a le talent pour devenir footballeur pro, il n’en a pas l’enthousiasme. Il fera du rock, mais en attendant, il gagne sa vie comme employé de pompes funèbres. Et c’est vers 1961, lors de ses premiers moments de bohème, qu’il rencontre une femme plus âgée que lui, celle qui lui retirera son petit capital, elle qui avait perdu le sien depuis belle lurette. D’après Stewart, ça s’est passé lors du Beaulieu Jazz festival, près de Southampton. Une histoire suffisamment sérieuse pour la retracer de manière courageuse, sincère et vulnérable.
Mais de là à lui donner le nom d’une prostituée… Il ne nous a pas tout dit le Rod !

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