Alors que la plupart des concerts de la tournée débutent – normalement – sur un « Hello Goodbye » ou un « Magical Mystery Tour », Paul McCartney a surpris le public belge en débutant en douceur sur un « Venus and Mars » pour finalement ‘exploser’ sur sa suite logique « Rockshow » qui a clairement marqué le début du concert.
Nous étions à Anvers et Paul s’est donc exprimé – très régulièrement – en néerlandais, retombant de temps à autre sur l’anglais afin d’être plus à l’aise. La première impression du concert, outre l’émotion de se retrouver à proximité d’une pareille légende vivante, est qu’indubitablement Paul McCartney et son groupe s’amusent, ils prennent véritablement leur pied. Il s’agit d’un groupe soudé qui, comme Paul l’a annoncé lors du concert, fêtera cette année ses 10 ans d’existence.
Si Paul entame le concert avec sa basse mythique, une Höfner 500/1, il ne cesse de changer d’instrument pendant le concert. Il joue régulièrement de la guitare et se lance parfois dans quelques jams bien senties, notamment sur un petit hommage à Jimi Hendrix pour un « Foxy Lady » instrumental du plus bel effet.
Hommage il en sera question aussi vers le milieu du concert avec ceux consacrés à John Lennon (« HereToday ») et à George Harrison (« Something » version ukulélé) qui, même s’ils sont toujours très émouvants, n’étaient pas d’une grande surprise pour ceux qui avaient déjà assisté au dernier concert de Paul McCartney à Anvers, en 2003.
Pour « Paperback Writer », Paul nous ressort une ancienne guitare et nous assure qu’il a enregistré ce grand standard avec celle-ci. Après quelques titres électriques, Paul nous propose un instant plus intimiste. « And I Love Here », « Blackbird » nous prouve que Paul, en plus d’être toujours ce grand musicien, a conservé une très bonne voix et ce à près de 70 ans (il les fêtera le 18 juin prochain). C’est à partir de ce passage acoustique que l’on commence à entendre une autre voix, celle du public qui, timidement, commence à se faire remarquer.
Un public, sous le charme, sous l’émotion, il suffit de regarder vos voisins, ils ont tous une lueur dans les yeux, parfois un sourire, voire même une larme. L’émotion est peut être même trop forte, ce qui explique que le public est parfois un peu trop dans la retenue.
Même si le concert propose essentiellement des titres qui ont aujourd’hui 20, 30, 40 ans, Paul McCartney ne manque pas de glisser son « My Valentine », issu de son dernier album« Kisses on the Bottom », ainsi qu’une rareté, le titre « Ram On », pour rappeler que « Ram », son second album solo, sera réédité très bientôt cette année.
Paul aime jouer avec le public et plaisanter. Quand il sourit, à certains moments, on retrouve son visage d’enfant, celui que l’on peut retrouver sur les pochettes de certains des albums des Beatles. Magique…
Enfin, « Live and Let Die », particulièrement explosif - référence à James Bond oblige - et « Hey Jude » referment le spectacle avant 2 sessions de rappels durant lesquelles Paul McCartney nous enchaine « The Word », « All You Need Is Love », « Drive My Car », puis « Yesterday », « Day Tripper » et finalement la super suite « Golden Slumbers »/ « Carry That Weight », « The End » qui refermait magistralement l’album « Abbey Road ». Un final 100% Beatles qui met tout le monde d’accord… Nous avons assisté à un grand moment avec un grand Monsieur. En près de 3 heures, aucun temps mort, on n’a certainement pas le temps de s’ennuyer, Paul McCartney nous a emmené dans son monde, celui d’un génie, ‘simplement’ l’un des plus grands musiciens et compositeurs du 20ème siècle.

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