Certes, il n'y a pas lieu d'épiloguer sur son jeu de batterie, dépouillé et minimaliste jusqu'à se limiter parfois à un simple rôle de méotronome (et encore, pas toujours d'une régularité irréprochable), quand sa lenteur ne vire pas à un certain pachydermisme.
Pink Floyd - (19) - Nick Mason en solo
Tracklisting Nick Mason s Fictitious Sports
- Can't Get My Motor to Start (Carla Bley)
- I Was Wrong (Carla Bley)
- Siam (Carla Bley)
- Hot River (Carla Bley)
- Boo To You Too (Carla Bley)
- Do Ya (Carla Bley)
- Wervin' (Carla Bley)
- I'm a Mineralist (Carla Bley)
Profiles
- Malta (Fenn/Mason)
- Lie for a Lie (Fenn/Mason/Peyronel)
- Rhoda (Fenn/Mason)
- Profiles Part 1/Profiles Part 2 (Fenn/Mason)
- Israel (Fenn/Peyronel)
- And the Address (Fenn/Mason)
- Mumbo Jumbo (Fenn/Mason)
- Zip Code (Fenn/Mason)
- Black Ice (Fenn/Mason)
- At the End of the Day (Fenn/Mason)
- Profiles Part 3 (Fenn/Mason)
Logiquement, sa carrière de batteur hors du Floyd ne fut guère florissante. Seul le trompettiste et compositeur Michael Mander vit un intérêt à faire appel à ses services sur disque et sur scène; mais sans doute fallait-il y voir un geste d'amitié à l'égard de celui dont l'album 'solo', Fictitious Sports (1981), n'était qu'un prête-nom de complaisance à Carla Bley (alors compagne de Mantler), dont Mason voulait promouvoir par ce biais le travail.
Une histoire d'amitié, donc, pour ce bon vivant, passionné de courses automobiles (il a participé à plusieurs reprises aux 24 Heures du Mans), qui aura ainsi rendu service à ses amis en invitant des musiciens peu fortunés à utiliser gratuitement son studio londonien, Britannia Row (le saxophoniste Gary Windo) et en officiant comme producteur sur des disques de Robert Wyatt (le légendaire Rock Bottom), Gong, Steve Hillage et même les punks de Damned. Un rôle que Mason tint non seulement avec compétence, mais aussi avec talent, ses 'clients' louant sa capacité à traiter des masses sonores complexes tout en préservant l'indépendance et la clarté des timbres.
Vieil ami de Mason depuis l'époque où Pink Floyd et Soft Machine partageaient les scènes de l'underground londonien, Robert Wyatt est du reste celui qui a su le mieux résumer l'essence de sa contribution à la musique de Pink Floyd : «Le jeu de batterie de Nick s'apparentait au battement d'une pendule, mais c'était exactement ce dont ils avaient besoin. Pour leur style de musique, basé sur l'électronique, son approche convenait parfaitement - dépouillée...».
Effectivement, les limites de Mason, et la modestie dont il sut faire preuve à ce sujet, furent un ingrédient essentiel de la musique de Pink Floyd, son registre limité l'incitant à persévérer dans une voie certes étroite, mais personnelle et, jusqu'à un certain point en tout cas (tant que les autres membres du groupe acceptèrent leurs propres limites), probante. Tant pis pour la virtuosité, de toute façon seule la musique compte vraiment : la philosophie du meilleur Pink Floyd personnifiée par un seul homme...




















