# Juillet 1914 : dernières vacances, derniers trains

«Une pensée de Bruxelles».
Carte postale expédiée par “Louise et Anatole” depuis Bruxelles à Lombardsijde (Middelkerke) le 29 août 1914, le jour où se prennent les premières mesures de mobilisation partielle de l’armée belge (rappel des soldats des classes 1910, 1911 et 1912). On voit que même à Bruxelles, où les nouvelles circulent davantage, l’inquiétude n’a pas encore le dernier mot. Editeur inconnu.   - Collection privée, Nicolas Mignon. ©

«Une pensée de Bruxelles». Carte postale expédiée par “Louise et Anatole” depuis Bruxelles à Lombardsijde (Middelkerke) le 29 août 1914, le jour où se prennent les premières mesures de mobilisation partielle de l’armée belge (rappel des soldats des classes 1910, 1911 et 1912). On voit que même à Bruxelles, où les nouvelles circulent davantage, l’inquiétude n’a pas encore le dernier mot. Editeur inconnu. - Collection privée, Nicolas Mignon. ©

Dans les mémoires, on se souviendra rétrospectivement de l’été 1914 comme d’une saison magnifique. En réalité bien sûr le temps se gâte de temps à autre, mais globalement la météo est clémente et surtout le climat est au beau fixe dans les chancelleries européennes. Les tensions qui ont émaillé 1911 ou 1913 épargnent cette fois les décideurs européens qui prennent congé l’esprit… en paix. L’assassinat à Sarajevo de l’archiduc d’Autriche, le 28 juin, n’empêche personne de dormir ou de partir en vacances. Le général Radomir Putnik, chef d’état-major de l’armée serbe, prend par exemple les eaux à Bad Gleichenberg, en Autriche-Hongrie, sans se douter qu’il y sera bientôt arrêté. En Allemagne, le général en chef Helmut von Moltke est également en congé, de même que le ministre de la Guerre Erich von Falkenhayn. Dans la petite Belgique neutre, comme partout ailleurs, la vie continue : les paysans s’activent en pleine moisson, les ouvriers et petits bourgeois travaillent dur. Les classes plus favorisées, quant à elles, profitent des joies de la belle saison. Il faut attendre la toute fin du mois de juillet pour voir surgir quelque inquiétude. Parmi les nombreuses cartes postales échangées en cette période estivale, en voici une expédiée le 29 juillet de Bruxelles à Middelkerke :

"Le temps est-il aussi mauvais à la Mer qu’à Bruxelles ici il fait bien froid depuis une huitaine et il pleut tous les jours. Entendez-vous aussi parler de la guerre ? ici c’est toute la conversation qu’on entend. Merci pour vos cartes, vous avez dû trouver Nieuport changé, surtout le coin du chalet. Avez-vous pris des bains ? Nous remercions Loulou de sa carte et l’embrassons. Amitiés, Louise & Anatole".

Louise et Anatole pensent visiblement que les bruits de guerre ne méritent pas qu’on oublie de se renseigner sur la météo ou les bains de mer… Bien qu’ils habitent Bruxelles, ils ignorent clairement que le Premier ministre Charles de Broqueville a décrété le même jour la mobilisation partielle de l’armée. Dans moins d’une semaine, la Belgique sera en guerre.

Les vacances au bord du gouffre

La malédiction de la Grande Guerre est d’avoir trop longtemps été considérée comme inéluctable, et enseignée comme telle. Après avoir étudié l’enchaînement apparemment fatal des causes proches et lointaines du conflit, combien d’élèves ont dû se dire que les Européens de 1914 s’étaient montrés totalement stupides ?

Nos aïeux du début du XXe siècle ne sont pourtant pas plus aveugles que nous aujourd’hui. C’est à nous d’éduquer notre propre regard, pour éviter tout anachronisme. Sommes-nous capables de prédire l’avenir ? Ils ne le pouvaient pas davantage. Pour eux comme pour les Occidentaux aujourd’hui, la guerre est quelque chose qui se passe "ailleurs", dans des pays lointains et/ou considérés comme sauvages, ou du moins pas assez civilisés au goût des élites européennes, comme les Balkans. A la fin de juillet 1914, les prémices du premier conflit mondial prennent donc tout le monde par surprise, dans une ambiance délicieusement estivale.

En effet, même dans les jours qui suivent la carte postale de Louise et d’Anatole, la menace grandissante ne dissuade pas certains Belges de maintenir leurs projets de vacances. Il faut dire que celles-ci relèvent souvent à l’époque d’une véritable expédition. C’est ainsi que le notaire montois Adolphe Hambye part en vacances à Westende avec toute sa famille – enfants, beaux-enfants, petits-enfants – des domestiques et 42 caisses de bagage, le 31 juillet 1914. Il est trop tard pour faire demi-tour quand, en fin d’après-midi, le gouvernement belge décrète la mobilisation générale. La famille ne revient à Mons qu’après le 4 août et le début de l’invasion. A Westende les vacanciers cèdent bientôt la place aux réfugiés, qui y affluent comme ailleurs sur la côte dans l’espoir de trouver un navire pour franchir la Manche. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais vu la mer auparavant… tout comme la majorité des soldats belges qui se replient en octobre sur le littoral. Occupée ensuite par la marine allemande (le Marinekorps Flandern), Westende est fortifiée comme le reste de la côte et lourdement bombardée. A l’Armistice, elle est un champ de ruines. Les beaux jours sont loin, très loin, hors d’atteinte.

La fin d’une «belle époque»

Nulle part le contraste entre les horreurs de la guerre et les bonheurs de la paix n’est aussi flagrant que dans les lieux de villégiature qui accueillent les classes aisées, pendant les mois d’été. Aussi n’est-il pas étonnant de voir que les œuvres qui témoignent de la nostalgie de la "belle époque" prennent souvent pour cadre ces endroits idylliques. C’est le cas du poème " Jeune fille la Paix ", écrit après la Seconde Guerre mondiale par le poète liégeois Marcel Thiry. Quand il veut évoquer le dernier moment de véritable paix connu par la Belgique, c’est la côte belge en 1914 et son tramway qu’il fait renaître :

"J’ai vécu en beau tramway blanc, du Zoute au Coq, / Par le creux des dunes douces comme des seins, / Le vent du soir de juillet mille neuf cent quatorze. / Je l’ai connu : c’était dans ce tramway des plages / Qui allait par le val des sables sans desseins, / De plage en plage, caboter ses bonheurs calmes".

M. Thiry identifie alors la longue paix qui a précédé la Grande Guerre à une figure dont il se souvient, assise dans le tram. Une jeune fille qui ne reviendra jamais, tout comme la paix qu’elle symbolise :

"Elle n’est plus là, l’heureuse passagère. / On croit qu’elle nous est retrouvée, on la nomme, / On dit : “Tel jour la paix revint parmi les hommes”, / Mais c’est une autre, une Paix morne et étrangère.

Je n’ose pas toucher, moi vieux, même en pensée, / Ton image, jeune fille la Paix, assise / Dans ce tram, et donnant ton visage à la brise / Du dernier soir au bord de la dune penchée ; […] Ils ont passé en toi le Bonheur par les armes / Et leur monde est statue de sel, du sel des larmes".

Une invasion impensable

Le souvenir des dernières vacances, c’est par définition LE souvenir de la " belle époque ", une époque de paix bien sûr mais aussi de beauté et d’intelligence : celle du monde brillant et cosmopolite des intellectuels et des artistes du Vieux Continent. Capables de parler plusieurs langues et de se sentir chez eux un peu partout en Europe, ils font de l’Europe du début du XXe siècle un creuset d’idées et de créations qui fascinent encore aujourd’hui. Les deux guerres mondiales puis la Guerre froide ont tué ce cosmopolitisme en attisant les haines et en durcissant les frontières. La fin de l’Union soviétique ne l’a pas vraiment ressuscité, et c’est pourquoi aujourd’hui nous ne pouvons que regarder avec nostalgie ces hommes qui créaient du savoir ou de la beauté en habitant l’Europe entière… même si nous savons que là aussi le mythe de la " belle époque " nous amène à idéaliser un peu trop le passé. Est-ce un hasard si l’auteur du livre le plus emblématique de cette idéalisation de l’avant-guerre, le Viennois Stefan Zweig, était justement en vacances sur la côte belge en juillet 1914 ?

L’écrivain autrichien souhaite en effet passer deux semaines au Coq avant de rejoindre son ami, l’écrivain belge Emile Verhaeren, dans sa maison de campagne de Roisin. Il est loin d’être le seul étranger sur la côte belge à cette époque : comme il l’écrit lui-même dans Le monde d’hier, " toutes les nations imaginables se trouvaient rassemblées en paix, on entendait beaucoup parler allemand – en particulier, car, ainsi que tous les ans, c’était sur la côte belge que la Rhénanie, toute proche, envoyait le plus volontiers ses vacanciers d’été ". Parmi ces Rhénans, on trouve notamment le futur chancelier allemand Konrad Adenauer. Un peu plus au sud, on trouve à Westende la Deutsche Villen-Colonie, une pension composée d’un ensemble de villas destinées spécialement aux touristes allemands.

S. Zweig se détend en compagnie d’amis artistes belges et rend notamment visite au peintre James Ensor. Dans un premier temps, les articles de presse concernant la situation internationale ne font que troubler momentanément les vacanciers : " nous connaissions depuis des années ces conflits diplomatiques ; ils s’étaient heureusement toujours apaisés à temps, avant que cela devînt sérieux. Pourquoi pas cette fois encore ? Une demi-heure après, on voyait déjà les mêmes personnes s’ébrouer de nouveau joyeusement et barboter dans l’eau, les cerfs-volants remontaient, les mouettes battaient des ailes, et le soleil riait clair et chaud sur le pays paisible ".

Stefan Zweig ne quitte la Belgique pour l’Autriche qu’à la toute fin du mois. Il croit encore alors que ses amis belges échapperont au conflit. C’est en tout cas ce qu’il prétend leur avoir assuré avant de partir : "“C’est un non-sens ! Vous pouvez me pendre à cette lanterne, si les Allemands entrent en Belgique”. Je suis encore reconnaissant à mes amis de ne pas m’avoir pris au mot". La population belge plaint à ce moment ces pauvres Allemands et Autrichiens, obligés de rejoindre leur pays en catastrophe, "partant pour la guerre probable" comme l’écrit Le Peuple le 27 juillet. Les Belges sont loin de se douter que cette guerre vient à eux, et que certains anciens touristes reviendront armés. C’est le cas de l’officier de réserve allemand Walter Bloem, qui a laissé un volume de souvenirs de sa campagne de 1914. Ce capitaine du 12e régiment de grenadiers prussien n’a que de bons souvenirs de la Belgique et de ses vacances à Blankenberghe, mais une fois en campagne cela ne l’empêche pas de croire toutes les rumeurs infondées sur la prétendue férocité des civils belges…

Arrivé en Autriche, Stefan Zweig lui-même se laisse emporter comme ses compatriotes par la fièvre patriotique. Il le regrettera amèrement par la suite : il n’aura notamment jamais l’occasion de se réconcilier avec son ami Emile Verhaeren, qui meurt accidentellement en 1916.

Nous connaissions depuis des années ces conflits diplomatiques ; ils s’étaient heureusement toujours apaisés à temps, avant que cela devînt sérieux. Pourquoi pas cette fois encore ? Une demi-heure après, on voyait déjà les mêmes personnes s’ébrouer de nouveau joyeusement et barboter dans l’eau, les cerfs-volants remontaient, les mouettes battaient des ailes et le soleil riait clair et chaud sur le pays paisible.

Derniers trains, premiers massacres

Stephan Zweig et ses compatriotes vacanciers n’ont pas pris le dernier train qui quitte la Belgique en cet été 1914. Ce sont des Allemands et Austro-Hongrois de Belgique qui auront ce triste privilège.

On compte environ 60.000 Allemands en Belgique au début de la guerre, ce qui est important numériquement à une époque où les étrangers ne dépassent pas 5% de la population du pays. La communauté allemande est concentrée dans quelques grandes villes et donc relativement soudée, d’autant qu’elle a développé de nombreuses associations et institutions qui lui sont propres (écoles privées, journaux, etc.). L’importance des ressortissants allemands ou d’origine allemande dans la vie économique belge est considérable, surtout à Anvers. Le grand-père du prix Nobel de médecine 1974, le Belge Christian de Duve, était par exemple le représentant à Anvers du puissant Kohlensyndicat, le comptoir des charbons du bassin de la Ruhr, qui fournissait avant la guerre plus de la moitié du charbon allemand. La guerre l’obligera à quitter le pays et à retourner en Allemagne.

Dès l’ultimatum allemand à la Belgique en effet, les Allemands et Austro-Hongrois de Belgique deviennent des ressortissants ennemis. La veille encore les derniers départs de mobilisés allemands, depuis la gare du Nord à Bruxelles, suscitaient le respect de la presse belge pour ces hommes qui accomplissaient leur devoir. Mais dès l’après-midi du 3 août, les Allemands du royaume sont perçus comme une menace potentielle, quand ils ne sont pas considérés en bloc comme des espions. La colère belge face à l’ultimatum se tourne parfois contre eux, et des commerces allemands sont même mis à sac, surtout entre le 3 et le 8 août, dans une ambiance carnavalesque. Les attaques contre les personnes sont heureusement plus rares que les atteintes aux biens. En dépit de la situation tendue et du désordre, la gendarmerie, la police et la garde civique protègent plutôt efficacement les ressortissants allemands. Compte-tenu du contexte, ceux-ci veulent généralement fuir le pays au plus vite. Comme leur ambassade a plié bagage, c’est la légation des Etats-Unis qui devient responsable de leur rapatriement. A Bruxelles, plusieurs milliers d’entre eux sont hébergés au Cirque royal, où ils sont nourris et passent la nuit avant de prendre le lendemain un train à la gare du Nord.

Parmi eux se trouve une jeune fille de 13 ans, Magda Behrend. Placée en pension dans un couvent près de Vilvorde par sa mère depuis 1906, elle n’a pas d’autres souvenirs que ceux de son existence en Belgique. L’invasion allemande y met un terme. Ce départ précipité a lieu sans violence : les gardes civiques qui encadrent le convoi fournissent même les expulsés en café, chocolat et cigarettes. Mais dans cette ambiance de début de guerre, ce déracinement forcé n’en est pas moins traumatisant, puis profondément humiliant quand les expulsés, déposés par les Belges à la frontière hollandaise, sont transférés par le gouvernement allemand jusqu’à Berlin… en six jours, dans des wagons à bestiaux. A ce moment en effet, les convois militaires sont évidemment prioritaires. Magda doit s’intégrer en tant que réfugiée en Allemagne, elle qui jusque-là a été élevée essentiellement en français. Lors de la Seconde Guerre mondiale, elle ne manifestera, sans surprise, pas d’intérêt particulier pour les souffrances des Belges. Il est vrai qu’elle a épousé entretemps le ministre de la Propagande Joseph Goebbels…

A l’instar de la future Magda Goebbels, beaucoup d’Allemands de Belgique sont déchirés en s’apercevant que leur présence est devenue indésirable. Ils sont nombreux à considérer le pays comme leur deuxième - voire première – patrie et à devoir pourtant abandonner des amis, leur travail, leurs biens pour un futur incertain. Plusieurs franchissent le pas et s’engagent dans l’armée belge, ce qui n’est pas sans causer de sérieuses tensions dans certaines familles. C’est le cas dans la famille Graeffe, active dans l’industrie sucrière bruxelloise (qui ne connaît pas encore aujourd’hui en Belgique la cassonade Graeffe ?). Plusieurs fils et neveux s’engagent dans l’armée belge et deux d’entre eux, Bruno et Jacques Graeffe, le paieront de leur vie en 1914 et 1915. Par la suite, la génération plus âgée restée en Belgique refusera de couper les ponts avec ses connaissances allemandes, y compris militaires. Ils échoueront à concilier l’inconciliable, la famille sera durablement divisée et la firme placée sous séquestre à la libération, avant d’être confiée aux " bons " Graeffe, ceux qui ont ouvertement choisi la Belgique…

A l’instar de la future Magda Goebbels, beaucoup d’Allemands de Belgique sont déchirés en s’apercevant que leur présence est devenue indésirable.

Mais n’anticipons pas : ce qui préoccupe la communauté allemande en ces premiers jours d’août 1914, c’est son avenir immédiat. Elle est véritablement terrorisée. Tout d’abord, un certain flou règne quant à la politique du gouvernement belge : bien que celui-ci n’exige pas l'expulsion de tous les ressortissants ennemis du pays (uniquement leur départ des places fortes, soit Liège, Namur et Anvers), la presse le prétend parfois. Les Allemands et les Autrichiens ne savent donc pas à quel saint se vouer, a fortiori s’ils n’osent plus sortir de chez eux pour se renseigner. Quand les critères sont définitivement arrêtés le 10 août, beaucoup sont déjà partis. Ensuite, les administrations locales se montrent souvent plus expéditives. A Liège par exemple, les citoyens ennemis n’ont que deux heures pour se préparer au départ : un délai terriblement court… Mais il est vrai que la ville s’attend à une attaque imminente. Enfin, en dépit de l’action de la police et de la garde civique et de l’absence d’agressions généralisées, les ressortissants des puissances centrales craignent réellement pour leur vie. Les bris de vitrines, les injures ou les quolibets de passants, le ton de certains journaux aggravent la peur qu’ils éprouvent depuis l’annonce de l’ultimatum. Quelques suicides ou tentatives de suicide sont mêmes recensés. Bien qu’il s’agisse là de cas extrêmes, dont les causes ne sont pas toujours claires, ils participent à la tension ambiante.

Les manifestations populaires antiallemandes ou la peur des espions ne sont en rien une spécificité belge : des épisodes comparables se déroulent dans les villes françaises ou anglaises pendant les premiers jours de la guerre. Mais l’arrivée en Allemagne des réfugiés venant de Belgique va rapidement susciter des histoires particulièrement terrifiantes concernant le traitement qui leur aurait été infligé. Dès la deuxième semaine d’août, la presse rhénane publie de nombreux récits attribués à des réfugiés. Les articles décrivent par le menu toutes sortes de crimes commis par les Belges sur les civils allemands : femmes abusées et enfants tabassés à mort, hommes fusillés (éventuellement après mutilation) voire éventrés. Ces " atrocités belges " fantasmées se conjuguent avec les récits des soldats allemands, qui accusent les civils belges de mener une guerre de partisans en les attaquant traîtreusement et en mutilant leurs blessés. Cet imaginaire de peur va provoquer des " atrocités allemandes ", bien réelles celles-là : 6.500 civils belges et français massacrés entre août et octobre 1914, au milieu de l’incendie de leur ville ou village. Certains réfugiés allemands tentent courageusement de démentir les terribles histoires qui circulent concernant leur exode. Le quotidien Kölnische Volkszeitung publie ainsi, le 10 septembre, le récit d’un homme qui a dû quitter la Belgique le 7 août avec sa famille, après une nuit au Cirque royal. Il décrit les soins qui leur ont été prodigués, la gentillesse des gardes civiques, la pitié de la population belge.

Mais à la mi-septembre il est trop tard pour éteindre le feu. Il brûle déjà depuis trop longtemps, trop de civils et de militaires sont morts. L’été se termine dans le sang. Il avait pourtant si bien commencé !

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